Double source de souffrance

Les Canadiens de Montréal — c’est du hockey — viennent d’échanger Lars Eller. L’Oreille tendue appréciait beaucoup ce joueur. Elle est triste.

Le réseau RDS annonçait la nouvelle en ces termes :

Lars Eller est échangé. Il ne quitte pas.Le verbe «quitter» sans complément d’objet direct ? L’Oreille est deux fois plus triste.

Autopromotion 246

«Devrait-on retirer le numéro 9 dans toutes les équipes de la Ligue nationale de hockey ? Si oui, devrait-on le faire pour honorer seulement la mémoire de Gordie Howe ? Faudrait-il aussi tenir compte de Maurice Richard ?»

C’est le genre de questions auxquelles l’Oreille tendue a essayé de répondre hier, à l’émission «Jean-Charles le midi» de la station de radion 91.9 sport de Montréal, au micro de Jean-Charles Lajoie.

On peut réentendre l’entretien ici (à partir de 17e minute).

L’Oreille s’est bien sûr inspirée de son livre sur «Le Rocket».

Référence

Melançon, Benoît, les Yeux de Maurice Richard. Une histoire culturelle, Montréal, Fides, 2006, 279 p. 18 illustrations en couleurs; 24 illustrations en noir et blanc. Nouvelle édition, revue et augmentée : Montréal, Fides, 2008, 312 p. 18 illustrations en couleurs; 24 illustrations en noir et blanc. Préface d’Antoine Del Busso. Traduction : The Rocket. A Cultural History of Maurice Richard, Vancouver, Toronto et Berkeley, Greystone Books, D&M Publishers Inc., 2009, 304 p. 26 illustrations en couleurs; 27 illustrations en noir et blanc. Traduction de Fred A. Reed. Préface de Roy MacGregor. Postface de Jean Béliveau. Édition de poche : Montréal, Fides, coll. «Biblio-Fides», 2012, 312 p. 42 illustrations en noir et blanc. Préface de Guylaine Girard.

Les Yeux de Maurice Richard, édition de 2012, couverture

Du théâtre à la fiscalité

L’Oreille tendue connaissait déjà la théâtrale : au XVIIIe siècle, Palissot disait du Fils naturel, le drame bourgeois de Diderot, que c’était une «sodomie théâtrale» (le Neveu de Rameau, éd. Fabre 1977, p. LXXI).

Sous la plume d’Yves Boisvert, dans la Presse+, elle (re)découvre, s’agissant de course automobile, la fiscale : «Et allez hop ! on est partis pour une autre ronde de sodomie fiscale dans la joie et l’allégresse» (10 juin 2016).

De 2003 à aujourd’hui, le journaliste en distingue deux types.

Celle qui est imposée : «Alors on se prépare pour une autre séance de sodomie fiscale non consentante, mesdames et messieurs» (17 juin 2016); «Je suis contre la sodomie fiscale forcée que nous propose en souriant un vieillard qui s’en met plein les poches» (13 octobre 2003).

Celle qui est acceptée : «C’est néanmoins, j’en conviens tout à fait, une forme de sodomie fiscale consentante assez répugnante que pratique Bernie Ecclestone» (15 septembre 2010).

De quelle catégorie relève celle de Diderot / Palissot ? On ne le sait pas.

P.-S. — Ce n’est pas la première fois que l’Oreille parle de F1.

Référence

Diderot, Denis, le Neveu de Rameau, Genève, Droz, coll. «Textes littéraires français», 37, 1977 (1re édition : 1950), xcv/329 p. Édition critique avec notes et lexique par Jean Fabre.

Mamelles sans (presque de) puck

L’Oreille tendue — ce ne devrait être une surprise pour personne — s’intéresse à la culture du sport, plus particulièrement à la culture du hockey.

Elle a notamment travaillé sur la bande dessinée et ce sport. Elle vient même de publier un article sur le sujet.

Quand son collègue, et néanmoins ami, Michel Porret lui a indiqué l’existence de Lady Death, elle n’a fait ni une ni deux : elle a commandé cette bande dessinée états-unienne, sous-titrée «Sexy Sport Hockey», en Grande-Bretagne.

De fait, la couverture représente une personne du sexe, en patins, bâton de hockey à la main, rondelle à ses pieds, portant le numéro 00, son uniforme (façon de parler) évoquant abondamment la mort (le mot «death», deux fois; plusieurs crânes, accompagnés des os de circonstance).

Lady Death, janvier 2013. Issue 25 : «Sexy Sport Hockey».À l’intérieur, qu’en est-il du hockey ? Rien. On y voit des dames fort peu vêtues, mais adultes («All characters as depicted in this story are over the age of 18»), exhiber leurs seins et leurs fesses, toujours à la limite de la crevaison, dans des torrents d’hémoglobine. Si l’Oreille a compris l’histoire («To be continued»), la joueuse de hockey (façon de parler) de la couverture s’appellerait Hope et aurait un rôle capital dans cette histoire d’heroic fantasy, si tant est que Lady Death relève bel et bien de ce genre.

On pourrait être déçu à moins.

Références

Melançon, Benoît, «BDHQ : bande dessinée et hockey au Québec», dans Benoît Melançon et Michel Porret (édit.), Pucks en stock. Bande dessinée et sport, Chêne-Bourg (Suisse), Georg, coll. «L’Équinoxe. Collection de sciences humaines», 2016, p. 101-117.

Wolfer, Mike et Marc Borstel, Lady Death, Rantoul (IL), Boundless Comics, janvier 2013, s.p. Issue 25 : «Sexy Sport Hockey».

Recette de F1

Paul Lannuier (Sussex, NJ, USA), Premier tour du Grand prix de formule un du Canada 2001Se tient ces jours-ci à Montréal le Grand prix de formule un du Canada (certains disent que c’est du sport). Jeudi dernier, l’Auberge Saint-Gabriel, dans ce cadre, tenait une Soirée du Grand prix.

Le lendemain, un des copropriétaires de l’Auberge, Marc Bolay, discutait de cet événement au micro de Francis Reddy, de l’émission Bien dans son assiette de la radio de Radio-Canada.

L’animateur se demandait si une soirée comme celle-là devait répondre à des «critères», à des «normes», à des «exigences» spécifiques. Réponse : il faut «du champagne qui coule à flots», en l’occurrence de la Veuve Cliquot; il faut «de jolies filles», «du beau monde».

Voilà qui a le mérite d’être clair.

Illustration : Paul Lannuier (Sussex, NJ, USA), Premier tour du Grand prix de formule un du Canada 2001, Wikimedia Commons, 2007