Condiment hockeyistique du jour

Anonyme, Pot à moutarde et bock, Japon, circa 1690-circa 1730, Rijksmuseum, AmsterdamSoit les deux phrases suivantes, l’une et l’autre trouvées sous la plume d’un journaliste sportif du quotidien montréalais la Presse+ :

«St-Louis (accroché) et Desharnais (moutarde) sont punis en même temps. Onze pieds de hockey se retrouvent au cachot» (@MAGodin).

«Price est si économe dans ses gestes que lorsqu’il fait un arrêt spectaculaire, tu sais que ce n’est pas de la moutarde. C’est nécessaire» (@MAGodin).

Quand un sportif en fait trop, quand il exagère, quand il veut en mettre plein la vue, il cède à l’attrait de la moutarde, il en met une couche inutilement. C’est parfois amusant, mais les puristes n’apprécient généralement pas. La modestie a bien meilleur goût.

Illustration : Anonyme, Pot à moutarde et bock, Japon, circa 1690-circa 1730, Rijksmuseum, Amsterdam

Langue de puck — Deuxièmes compléments

Durant les séries éliminatoires de 2013 de la Ligue nationale de hockey, l’Oreille tendue a proposé à ses bénéficiaires un «Dictionnaire des séries». L’année suivante, elle en a tiré un petit livre, Langue de puck. Elle savait déjà qu’elle n’avait pas tout couvert, d’où une première salve de compléments. Ci-dessous, une deuxième salve, pas une seconde.

La campagne régulière est terminée; le tournoi printanier commence. Les équipes qui restent se sont taillé une place en séries, mais ce n’est pas assez, car, dans le détail, il faut toujours faire un vainqueur : il n’y aura pas de verdict nul. Il faut une équipe gagnante et personne ne souhaite s’incliner, voire se faire déculotter. Voilà pourquoi une défense hermétique est recommandée. Le tenant du titre n’a qu’à bien se tenir.

Il faudra jouer avec intensité, couper les lignes / couloirs de passe et les lignes/ couloirs de tir, se soucier de son positionnement, servir des passes correctes, appuyer l’attaque quand c’est nécessaire, histoire d’alimenter ses coéquipiers, ne pas jouer mollement. Ouvrir la marque simplifie toujours la vie d’une équipe. Par la suite, dans la mesure du possible, il faut creuser l’écart. Quoi qu’il en soit, il faut dicter l’allure du match. C’est ainsi qu’on se place sur le chemin / le sentier de la victoire.

Chaque formation devra compter sur des porteurs du disque qui soient mobiles (immobiles, on ne voit pas bien à quoi ils serviraient). Les unités spéciales auront un rôle crucial à jouer : une équipe qui ne survit pas au jeu de puissance de ses adversaires a peu de chance de l’emporter. Il faudra savoir quand se porter à l’attaque et, inversement, quand rentrer au banc, qu’on y soit rappelé ou pas (les présences qui s’étirent, ce n’est jamais bon).

On n’oubliera pas qu’il y a plusieurs sauts au hockey. Sauter sur un retour de lancer, c’est bien. Faire sauter les patins, non. Sauter des présences : voilà qui est ennuyeux.

Pour terminer, une vérité restera incontournable : un défenseur peut-être le quatrième attaquant; un joueur d’avant ou le gardien peut être un troisième défenseur; il n’est de deuxième gardien qu’en cas d’extrême urgence. Vaut mieux pas.

Référence

Melançon, Benoît, Langue de puck. Abécédaire du hockey, Montréal, Del Busso éditeur, 2014, 128 p. Préface de Jean Dion. Illustrations de Julien Del Busso.

Langue de puck. Abécédaire du hockey (Del Busso éditeur, 2014), couverture

Autopromotion 292

Kippa aux couleurs des Canadiens de Montréal

Entre 14 h et 15 h, l’Oreille tendue sera à la radio de Radio-Canada, à l’émission Plus on est de fous, plus on lit !, au micro de Marie-Louise Arsenault, pour parler hockey et culture.

Il est vrai que l’Oreille a beaucoup écrit là-dessus.

 

[Complément]

On peut (ré)entendre l’entretien ici.

Invitation au (non-)voyage

Casquette des Expos de Montréal

Soit la déclaration suivante, de Denis Coderre, l’omnimaire de Montréal, s’agissant du retour à Montréal d’une équipe professionnelle de baseball :

Est-ce que j’ai un site en tête ? Oui. Est-ce que j’ai un plan en tête ? Oui. Mais on n’est pas rendus là. Il ne faut pas partir en peur, il faut y aller étape par étape (la Presse+, 1er avril 2017).

Et ce passage de Document 1 de François Blais (2012) :

Et quand je disais qu’il nous en coûterait deux cent cinquante dollars par jour (hébergement inclus) pour subsister, je calculais trois repas par jour au restaurant, mais je me rends compte que je partais en peur (p. 146).

Partir en peur ? Non pas voyager, mais «S’effrayer, s’affoler, s’emballer», dixit Usito, le dictionnaire numérique.

Restons chez nous. C’est plus prudent.

Référence

Blais, François, Document 1, Québec, L’instant même, 2012, 179 p.

Poème du jour

Nature morte, dite à la balle de baseball

La saison de baseball commence. Célébrons ce moment avec de la poésie lutétiosportive.

The crack of a bat

Dick Roraback

Away on this side of the ocean
When the chestnuts are hinting of green
And the first of the café commandos
Are moving outside for a fine
And the sound of spring beats a bolero
As Paree sheds her coat and her hat
The sound that is missed more than any
Is the sound of the crack of a bat.
There’s an animal kind of feeling
There’s a stirring down at Vincennes Zoo
And the kid down the hall’s getting restless
Taking stairs like a young kangaroo
Now the dandy is walking his poodle
And the concierge sunning her cat
But the heart’s with the Cubs and the Tigers
And the sound of the crack of a bat.
In the park on the corner run schoolboys
With a couple of cartons for props
Kicking goals à la Fontaine or Kopa
While a little guy chikies for cops
“Goal for us,” “No it’s not,” “You’re a liar,”
Then the classical shrieks of a spat
But it’s not like a rhubarb at home plate
Or the sound of the crack of a bat.
Here the stadia thrill to the scrumdowns
And the soccer fans flock to the games
And the chic punt the nags out a Longchamp
Where the women are dames and not dames
But it’s different at Forbes and at Griffith
The homes of the Buc and the Nat
Where the hotdog and peanut share laurels
With the sound of the crack of a bat.
No, a Yank can’t describe to a Frenchman
The rasp of an umpire’s call
The continuing charms of statistics
Changing hist’ry with each strike and ball
Nor the self-conscious jog of the slugger
Rounding third with the tip of his hat
Nor the half-smothered grace of a hook slide
Nor the sound of the crack of a bat.
Now, the golfer is buffing his niblick
And the tennis buff’s tightening his strings
And the fisherman’s flexing his flyrod
Like a thousand and one other springs
Oh, the sports on both sides of the ocean
Have a great deal in common, at that
But the thing that’s not HERE
At this time of the year
Is the sound of the crack of a bat.