Le zeugme du dimanche matin et de Quentin Mouron

Quentin Mouron, Notre-Dame-de-la-Merci, 2012, couverture«Cette même tendresse, dis-je, qui m’a fait attraper l’homme par les épaules, fermement, sans violence, et le raccompagner dehors du parc, sur le trottoir, et le laisser à ses fantasmes et ses démangeaisons.»

Quentin Mouron, Notre-Dame-de-la-Merci, postface de Jean-Louis Kuffer, Dole, Olivier Morattel éditeur, 2012, 109 p., p. 55.

Les zeugmes du dimanche matin et de Mme de Genlis

Mémoires de madame de Genlis, éd. de 2004, couverture«Je m’amusai beaucoup à Alix : l’abbesse et toutes les dames me comblaient de bontés et de bonbons, ce qui me donnait une grande vocation pour l’état de chanoinesse» (p. 44).

«Madame d’Estourmelle m’embrassa, loua beaucoup ma douceur, ma complaisance et mes beaux cheveux» (p. 121).

«Dans la première année de mon entrée à Bellechasse, je fis venir de Bourgogne ma nièce, Henriette de Sercey, qui était orpheline et créole […]» (p. 262).

«Les conquêtes et les victoires de l’Empereur ne m’avaient point éblouie, parce qu’elles avaient coûté des torrents de sang; mais toutes les circonstances qui accompagnèrent son retour me séduisirent, et j’admirai, dans cette occasion, son caractère et son triomphe» (p. 357).

Mémoires de madame de Genlis, édition présentée et annotée par Didier Masseau, Paris, Mercure de France, coll. «Le temps retrouvé», 2004, 390 p.

Les zeugmes du dimanche matin et de Maxime Raymond Bock

Maxime Raymond Bock, les Noyades secondaires, 2017, couverture

«Marguerite et Louise descendaient Bourbonnière à partir de Dandurand, fumant des cigarettes, leurs sacs de journaux aux épaules, les joues rosies par l’hiver et le gros gin qu’elles buvaient dans une ?asque» (p. 36).

«Or le lendemain, les enquêteurs interrogeaient son frère, ses voisins, l’amant qui avait à l’occasion partagé son lit avant son décès, et surtout son ancien amoureux, Marc Lemieux, qui avait pas mal de rancune et toujours la clé» (p. 74).

«Peut-être avait-elle en effet porté ses chemises carreautées dès ses onze ans, et sa tristesse dès la naissance» (p. 134).

«Je suis entré au Métro nous acheter à boire, mais à ma sortie il avait disparu, peut-être absorbé par la foule heureuse de l’été et des rabais, peut-être rentré chez lui, peut-être évanoui dans un repli menteur de sa mémoire. Je suis allé rejoindre Marie-France et les enfants au trampoline» (p. 162).

«Sous l’hypocrite vernis du plaisir, du soleil, des mascottes et des refrains, la soumission à des idiots d’animateurs à peine plus vieux que mon frère annihilait l’idée même du mot vacances» (p. 193).

«Puis mes collègues étaient revenus ravis, remplis d’anecdotes et du désir de nager» (p. 360).

Maxime Raymond Bock, les Noyades secondaires. Histoires, Montréal, Le Cheval d’août, 2017, 369 p.

Le zeugme du dimanche matin et du Machin à écrire

«Je n’ai pas découvert dans le bois du Séminaire une entrée dérobée menant à un vaste système de cavernes, où j’aurais fait de la spéléologie avec des amis et les moyens du bord et où, alors que nous aurions été pourchassés par une mystérieuse créature troglodyte et sanguinaire, je me serais enfargé dans une stalagmite retorse, ce qui m’aurait fait faire une chute de plusieurs mètres.»

Nicolas Guay, «Passé simple (77) — Comment je ne me suis pas cassé la jambe», blogue le Machin à écrire, 18 juillet 2018.