Les zeugmes du dimanche matin et d’Arnaud Maïsetti

Arnaud Maïsetti, Saint-Just & des poussières, 2021, couverture

«Au nom de toutes les mères qui ont perdu leur fils dans les tavernes, les bras d’une jeune fille et la colère, elle réclame une lettre de cachet qu’elle obtient» (p. 35-36).

«Il appartenait à Saint-Just d’exécuter un rapport, pas des Députés» (p. 191).

«Un ravitaillement en chaussures et en blé, en armes, en chemises, en espoir» (p. 208).

«Comment comprendre que tant de siècles soient balayées d’une seule décision, à laquelle obéir pour la seule raison que l’homme qui l’énonce avec de grands mots porte la voix insolente et une écharpe tricolore» (p. 248-249).

«Le long couloir qui pénètre dans les entrailles de la Petite Galerie distribue d’innombrables bureaux traversés par les courants d’air et les hommes pressés […]» (p. 251).

Arnaud Maïsetti, Saint-Just & des poussières, Bordeaux, L’arbre vengeur, 2021, 327 p.

P.-S.—Arnaud Maïsetti aime beaucoup les zeugmes. À vue d’Oreille, son livre en contient plus d’une vingtaine. Qui oserait le lui reprocher ?

Le zeugme du dimanche matin et de Louis-Karl Picard-Sioui

Louis-Karl Picard-Sioui, Chroniques de Kitchike, éd. de 2021, couverture

«Et, sans qu’il s’en rende vraiment compte, elle était restée un moment, une nuit, une année. Elle avait élu domicile dans son logis, son esprit et sa vie.»

Louis-Karl Picard-Sioui, Chroniques de Kitchike. La grande débarque. Nouvelles, Wendake, Éditions Hannenorak, 2021 (2017), 173 p., p. 18.

Le zeugme du dimanche matin et de Pierre Lemaitre

Pierre Lemaitre, le Grand Monde, 2022, couverture

«Coincé dans une cabine près du port, en mettant des pièces et encore des pièces, Étienne voyait fondre son salaire en même temps que ses arguments.»

Pierre Lemaitre, le Grand Monde. Roman, Paris, Calmann-Lévy, 2022. Édition numérique.

Les zeugmes du dimanche matin et de Nicolas Guay

Nicolas Guay, Extension du domaine de tous les possibles, 2021, couverture

«Je cherche trop souvent mes mots et mes lunettes de lecture : pas de doute, je deviens vieux.»

«J’ai replacé mes lunettes sur mon nez et les choses dans leur contexte. La vie est belle les yeux fermés.»

«C’est dans son habituel accoutrement de nerd fini et l’indifférence générale que Gaston révéla n’avoir aucune orientation sexuelle.»

Nicolas Guay, Extension du domaine de tous les possibles. Aphorismes et autres petites choses, Le machin à écrire, 2021. Édition numérique.

Le zeugme du dimanche matin et d’André Belleau

Portrait d’André Belleau

«Avec ma tête à chiffres et ma règle à calcul, je traduisais à l’usage de mes patrons des situations ou des problèmes en apparence confus et lacunaires dont ils n’avaient ni le goût ni le temps de se demander par quels bouts il fallait les prendre; je leur procurais des langages clairs qui n’avaient au fond pas plus de rapport que les données premières avec la réalité mais qui, parce qu’ils les rassuraient, les laissaient s’immobiliser dans une décision plutôt que dans une autre comme sous la commande d’un faible signal, d’une légère chiquenaude administrative.»

André Belleau, «Ottawa, Ottawa, que me veux-tu ? L’automne», Liberté, 104 (18, 2), mars-avril 1976, p. 23-30, p. 29-30. https://id.erudit.org/iderudit/30932ac

P.-S.—André Belleau ? Par ici.