Archives pour la catégorie Zeugme

Le non-zeugme et le zeugme d’Éric Chevillard, et du dimanche matin

«J’ai reçu un appel téléphonique de Jérôme Lindon. J’ai reçu une gifle de mon grand-père parce que je me penchais sur une vipère pourtant coupée en deux par sa pelle» (p. 81).

«J’accablai de ma mauvaise ironie son petit personnel, ces prêtres accoutrés comme pour enterrer leur vie de célibataire qui raflaient à la fin des offices les maigres économies des veuves, qui taquinaient si brutalement la muse dans leurs homélies et l’enfant de chœur dans la sacristie» (p. 94).

Éric Chevillard, le Désordre azerty, Paris, Éditions de Minuit, 2014, 201 p.

Le zeugme du dimanche matin et d’Alexandre Vialatte

«On admet aisément d’être poursuivi par un taureau, par un remords, par une idée fixe, ou par une jeune fille à marier, on n’admet pas d’être poursuivi par la cuscute, la bistorte ou le cresson des prés.»

Alexandre Vialatte, Un abécédaire, choix des textes et illustrations par Alain Allemand, Paris, Julliard, 2014, p. 91-92.

Les zeugmes du dimanche matin et de Claire Legendre

«Lisa s’imaginait flirtant avec Axl Rose et je me voyais plutôt avec Slash, dans une décapotable rouge en plein désert d’Arizona, nous arrêtant pour baiser sur le bord de la route, détruisant passionnément nos bronches et nos chambres de motel» (p. 15).

«Mon amoureux, lui, conduisait paisiblement, mais avec lassitude car il devait parcourir presque quatre-vingt-dix kilomètres par jour pour aller au travail et en revenir, sur une autoroute bondée de cons et de camions» (p. 18).

Claire Legendre, le Nénuphar et l’araignée, Montréal, Les Allusifs, 2015, 100 p.