Archives pour la catégorie Zeugme

Les zeugmes du dimanche matin et de Laurent Mauvignier

«le hasard aura placé une hauteur, une corniche, un toit, un hasard à portée de main» (p. 36-37).

«en délaissant leurs cours et tout sens de la mesure» (p. 46).

«en désir de détourner le regard et ses pas des leurs» (p. 46).

«en y mettant le prix et un peu de lui-même» (p. 51).

«Parfois, on lui donnait un pourboire, parfois un sourire, parfois rien du tout […]» (p. 172).

Laurent Mauvignier, Autour du monde, Paris, Éditions de Minuit, 2014, 371 p. Ill.

Les zeugmes du dimanche matin et de Jacques Godbout

«Glacés, émerveillés de froid, nous nous glissâmes dans un petit cinéma à la façade hétéroclite, pendant que dehors Noël s’épuisait en une poudrerie neigeuse que le vent transformait en rafales, au coin des rues; nous choisîmes une salle sombre pendant qu’ailleurs des familles réunies, chez l’aïeul paternel le plus souvent, entamaient une discussion embrouillée et puis une dinde engraissée aux hormones artificielles, puisque les paysans sont aussi malins aujourd’hui qu’hier, pendant que dans les cuisines les cousines les tantes échangeaient des baisers des ragots des recettes de gigot; nous étions assis six dans la salle, six seulement; c’est que dans les salons coulait la bière et le fiel, qu’on parlerait de hockey avec monsieur l’abbé qu’a de si bons cigares» (p. 100).

«Ce déménagement est définitif : au Eastview Castle nous habiterons avec les serviteurs de la famille, les vieux, les traditions, les vases de Sèvres, les quenouilles huilées et la monnaie du pape» (p. 102).

«Dès le portique, cela sentait bon la sécurité, la lavande, l’encens et la rassurance» (p. 137).

Jacques Godbout, le Couteau sur la table, Paris, Éditions du Seuil, 1965, 157 p.

Les zeugmes du dimanche matin et de Franz Bartelt

«Il m’est arrivé d’envier les autres hommes, avec leur tête qui fait rire ou qui fait peur, avec leur bouche qui mâche la grossièreté et la rillette dans une même mouvement, avec leurs yeux qui ne leur servent qu’à voir» (p. 238).

«Trois jours plus tard, le chat miaula à la porte. Il traînait ses boyaux derrière lui. Il avait eu le ventre transpercé par une fourche. En province, l’incident n’est pas aussi rare qu’on le croit, mais, dans le quartier, il ne s’était jamais produit. Pedro porta ses soupçons sur le voisin et son chat chez le vétérinaire» (p. 246-247).

Franz Bartelt, le Bar des habitudes, Paris, Gallimard, coll. «Folio», 4626, 2007 (2005), 292 p.