Les zeugmes du dimanche matin et d’Émmelie Prophète

Émmelie Prophète, les Villages de Dieu, 2020, couverture

«Celui qui assassinait le Chef le remplaçait, héritait de ses biens, de sa folie, parfois de ses maîtresses.»

«On racontait que Jules César avait déchargé son arme à travers la porte des toilettes. Il était de mèche avec le dreadlocks qui était l’un des rares à pouvoir approcher Cannibale 2.0. Quand les autres avaient compris ce qui se passait, ils étaient arrivés avec leurs gros rires, leur sueur, leur cruauté, leur ras-le-bol et avaient déchargé à tour de rôle leurs armes sur la porte des chiottes.»

«Sans abri, pauvre, elle ramassait tout ce qu’elle trouvait et vivait sous des morceaux de plastique, entourée d’objets qu’elle récupérait, qui allaient des bouteilles vides à des ossements humains. Un matin on la retrouvera dans un corridor, morte avec son passé, ses tragédies silencieuses ou non traduites.»

«Il y avait de la boue sur nos pieds, nos vêtements, nos mains. Peut-être sur nos âmes aussi.»

Émmelie Prophète, les Villages de Dieu, Montréal, Mémoire d’encrier, 2020, 224 p. Édition numérique.

Le zeugme du dimanche matin et de Catherine Éthier

Catherine Éthier, Une femme extraordinaire, 2022, couverture

«En trois femmes grises qui, de génération en génération, s’étaient transmis le sens du spectacle, nous lui répondîmes toutes en même temps, en ne tenant absolument pas compte que “Corinne-Gazaille-Micheline-Gisèle-Trottier-votre-manteau” feraient vibrer les osselets des oreilles diaphanes du vieillard en un ramassis de syllabes et d’autorité qui donne envie d’aller se cacher derrière les rideaux.»

Catherine Éthier, Une femme extraordinaire, Montréal, Stanké, 2022, 302 p., p. 17.