Les zeugmes du dimanche matin et de Michel Tremblay

Michel Tremblay, la Diaspora des Desrosiers, 2017, couverture

«Et lorsqu’elle avait quitté son village, la rage au cœur et la valise mal faite, elle ne s’était pas retournée une seule fois sur la route de campagne, toute droite dans son petit manteau de laine rouge et son bonnet de velours noir» (p. 502).

«Les faits. Tels quels. Ça prend une bonne partie de la nuit et le reste de ses forces» (p. 505).

Michel Tremblay, le Passage obligé (2010), dans la Diaspora des Desrosiers, préface de Pierre Filion, Montréal et Arles, Leméac et Actes sud, coll. «Thesaurus», 2017, 1393 p.

Le zeugme du dimanche matin et d’Anne Dufourmantelle

Anne Dufourmantelle, En cas d’amour, 2012, couverture«J’avais dix-sept ans, il était mon professeur de violon. On le disait surdoué, il arrivait toujours en retard, préparait des concours, qu’il finit par réussir d’ailleurs. Très vite on est tombé amoureux. Il avait dix ans de plus que moi, une petite amie et un chat.»

Anne Dufourmantelle, En cas d’amour. Psychopathologie de la vie amoureuse, Paris, Éditions Payot & Rivages, coll. «Rivages poche / Petite bibliothèque», 2012, 201 p., p. 17.

Réjean Ducharme (1941-2017)

Réjean Ducharme, l’Hiver de force, éd. de 1984, couverture

L’Oreille tendue se répète : Réjean Ducharme, qui vient de mourir à 76 ans, était l’un des deux plus grands romanciers du Québec. (L’autre ? Mordecai Richler.)

Elle l’a souvent cité ici.

Pour son titre le plus galvaudé, l’Hiver de force.

Pour son amour du hockey : Bobby OrrDollard Saint-Laurent.

Pour son art du zeugme : 13 novembre 201126 décembre 201112 février 201229 décembre 2013.

Pour son sens des mots : agace-pissetteallô coudoncriminalisédiscours du trônedjeauxfififlauxmaghanémets-enmoyensnorozigonner.

Réjean Ducharme avait l’oreille.

P.-S.—Par où (re)commencer ? Par l’Hiver de force (1973).

Référence

Ducharme, Réjean, l’Hiver de force, Paris, Gallimard, 1973, 282 p. Rééd. : Paris, Gallimard, coll. «Folio», 1622, 1984, 273 p.