Les zeugmes du dimanche matin et de Plume Latraverse

Plume Latraverse, Pas d’admission sans histoire, 1993, couverture

«Jaja fit un bond de trois pieds, qui la fit presque sortir de son rôle… et de son peignoir, à la fois» (p. 118).

«L’homme à la gabardine le retint un instant par la manche… et par civisme» (p. 184)

Plume Latraverse, Pas d’admission sans histoire, Montréal, VLB Éditeur, 1993, 383 p.

Le zeugme du dimanche matin et de Jean-Philippe Baril Guérard

Jean-Philippe Baril Guérard, Royal, 2018, couverture

«C’est la première fois que tu la voyais ne serait-ce qu’un peu indisposée, elle qui est toujours pétillante, souriante, impeccable, dégoulinante de kale et de bons sentiments.»

Jean-Philippe Baril Guérard, Royal, Montréal, Éditions de Ta Mère, 2018, 287 p., p. 64.

Les zeugmes du dimanche matin et de David Goudreault

David Goudreault, Abattre la bête, 2017, couverture«Après un dernier joint enrichi de poudrasse en leur compagnie, j’ai payé l’artiste, remercié le complice devenu désuet et entamé ma street life. Je n’avais plus un dollar en poche, mais j’avais du style, de la drogue et la liberté. C’est plus que le bonheur en demande» (p. 59).

«Elle devait avoir quarante-neuf ans, mais en paraissait soixante-trois. On vieillit vite dans le milieu de la prostitution, c’est un métier physique, exigeant et documenté» (p. 86).

«Bébette avait quatre amphétamines et un corps sculptural» (p. 111).

«Elle avait ramassé ses dreads, ses espoirs d’un monde meilleur et s’était installée dans la métropole» (p. 113).

«Ma lèvre et mon amertume enflaient à vue d’œil» (p. 150).

«Un héros du dimanche approchait au pas de course, sa clique derrière lui. Plus de temps à perdre, je me suis enfermé dans la voiture avec mon chihuahua, une sacoche, un sac-banane et une forte dose d’adrénaline» (p. 159).

«Tout le monde hurlait et courait dans tous les sens, sauf le valet coincé sous ma voiture. Il hurlait, mais ne courait nulle part. Sans m’éterniser davantage, j’ai ramassé mon chien, mon gun et mon courage» (p. 180).

«Aussi surpris que moi, un laborantin est apparu au bas de l’escalier. Je me suis rué sur lui et lui ai placé le canon de mon arme dans le front. Quoi de neuf docteur ? Il a échappé son flegme et ses dossiers sur le sol» (p. 197).

David Goudreault, Abattre la bête, Montréal, Stanké, 2017, 234 p.

Les zeugmes du dimanche matin et d’Éric Vuillard

Éric Vuillard, l’Ordre du jour, 2017, couverture

«Il a l’air triste et inquiet; il tourne machinalement entre ses doigts un bel anneau d’or, à travers le brouillard de ses espoirs et de ses calculs — et il se peut que, pour lui, ces mots aient une seule signification, comme s’ils avaient été lentement aimantés l’un vers l’autre.»

«Ce sont des admirateurs de Bruckner, et, ensemble, ils évoquent parfois son langage musical, dans les bureaux de la chancellerie, là où s’est déroulé le congrès de Vienne, le long des couloirs où Talleyrand traîna ses brodequins pointus et sa langue de vipère.»

«C’est là-bas, dans cette Californie industrieuse, entre quelques boulevards au carré, à l’angle d’un donut et d’une pompe à essence, que la densité de nos existences adopte le ton des certitudes collectives.»

Éric Vuillard, l’Ordre du jour, Arles, Actes sud, 2017, 160 p. Édition numérique.