Les zeugmes du dimanche matin et de Julio Cortázar

Julio Cortázar, Cronopes et Fameux, éd. de 1992, couverture

«Enfin l’homme comprit que l’heure avait sonné et il demanda audience au tyranneau du pays qui ressemblait à tous ses collègues et qui le reçut entouré de généraux, secrétaires et tasses de café.»

«Les Fameux fermèrent la fabrique et donnèrent un banquet plein de discours funèbres et de maîtres d’hôtel servant le poisson au milieu des soupirs.»

«Lorsque les Cronopes chantent leurs chansons préférées, ils le font avec tant d’enthousiasme qu’ils se laissent fréquemment renverser par des camions et cyclistes, tombent par la fenêtre, perdent ce qu’ils ont en poche et jusqu’au compte des jours.»

«Le roumain devint à la mode malgré la colère du gouvernement, et de nombreuses délégations allaient en cachette sur la tombe du Cronope pour y pleurer et déposer leur carte où proliféraient des noms connus à Bucarest, ville de philatélistes et d’attentats.»

«Ils allumèrent des cigarettes et s’en furent les uns en pyjama, les autres plus lentement.»

Julio Cortázar, Cronopes et Fameux, Paris, Gallimard, 2001. Traduction de Laure Guille-Bataillon. Édition numérique.

Les zeugmes du dimanche matin et de Raymond Queneau

Raymond Queneau, En passant, éd. de 2000, couverture

Première scène

Irène
Je voudrais que tu m’écoutes. J’ai quelque chose de grave à te dire.

Joachim
Ici ?

Irène
Ici.

Joachim
Ici ? Entre la valise, la mendigote et le courant d’air ?

Irène
Oui.

(p. 13-14)

Deuxième scène

Étienne
Je voudrais que tu m’écoutes. J’ai quelque chose de grave à te dire.

Sabine
Ici ?

Étienne
Ici.

Sabine
Ici ? Entre la valise, la mendigote et le courant d’air ?

Étienne
Oui.

(p. 43-44)

Raymond Queneau, En passant. Un plus un acte pour précéder un drame, Paris, Gallimard jeunesse, coll. «Folio Junior théâtre», 1045, 2000 (1980), 105 p. Petit carnet de mise en scène de Françoise Valon. Postface de Michel Lécureur.

Le zeugme du dimanche matin et de Corinne Larochelle

Corinne Larochelle, Pour cœurs appauvris, 2019, couverture

«C’est un voyage de merde et je plonge comme il faut dans le caca. J’ai au mieux une heure de sommeil dans le corps pour affronter l’Upper East Side, sans parler de l’adversaire qui occupe le lit de l’hôtel et mon espace mental.»

Corinne Larochelle, Pour cœurs appauvris. Fictions, Montréal, Le Cheval d’août, 2019, 126 p., p. 101.

Le zeugme du dimanche matin et de Fanny Britt

Fanny Britt, les Retranchées, 2009, couverture

«C’est ici que je vivais quand je suis arrivée d’Amos avec une mère récemment séparée et des dizaines de questions embrouillées que je ne pouvais pas formuler en mots.»

Fanny Britt, les Retranchées. Échecs et ravissement de la famille, en milieu de course, Montréal, Atelier 10, coll. «Documents», 15, 2019, 97 p., p. 75.