Les zeugmes du dimanche matin et de Patrick Nicol

Patrick Nicol, les Manifestations, 2019, couverture

«Il aurait fallu que son père parle, qu’il emplisse de sa voix la chambre et la tête de l’enfant» (p. 23).

«Elle est, comme sa mère, veuve et épiscopalienne» (p. 88).

«Il imagine la salle vers laquelle il se dirige, coupée en deux dans un sens par un long comptoir et dans l’autre par une répartition chancelante des pouvoirs» (p. 355).

Patrick Nicol, les Manifestations. Roman, Montréal, Le Quartanier, «série QR», 135, 2019, 442 p.

P.-S.—L’Oreille tendue a présenté ce texte le 9 octobre 2019.

Le zeugme du dimanche matin et de François Hébert

François Hébert, Miniatures indiennes, 2019, couverture

«Pas besoin d’être un devin patenté : le type de Jaipur, un grand mince aux gestes calmes et aux Adidas usées jusqu’à la corde, a bien vu qu’elle se tortillait sur sa chaise, ta blonde […].»

François Hébert, Miniatures indiennes. Roman, Montréal, Leméac, 2019, 174 p., p. 137.

Les zeugmes du dimanche matin et de Kevin Lambert

Kevin Lambert, Querelle de Roberval, 2018, couverture

«Les couvreuses se lancent à la tête des jokes grasses et des débris à envoyer dans le container […]» (p. 93).

«Ils ont fait de l’argent et des dépressions, ont eu des promotions, dirigé de grandes entreprises, acheté des condos» (p. 116).

«un bel élan bien ample d’ancien batteur des Loups de Rosemont qui lui fait perdre connaissance et quelques dents» (p. 216).

«ils brûlent maintenant des mêmes flammes qui ont bouffé leurs demeures, des mêmes flammes qui ont engourdi leurs vies et leurs comptes bancaires» (p. 221)

«La bataille d’hier les a sonnés, ils ne savent plus s’ils ont toute leur tête, une grande soif de bière et de justice les assaille, pulse contre leur front, dans les interstices de leur crâne; certains sont soûls et il n’est pas midi» (p. 252).

Kevin Lambert, Querelle de Roberval. Fiction syndicale, Montréal, Héliotrope, 2018, 277 p.

Les zeugmes du dimanche matin et de Fanie Demeule

Fanie Demeule, Déterrer les os, 2016, couverture

«L’année de mes huit ans, le verglas s’empare de l’hiver et de la mort de mon grand-père. La première personne de mon entourage qui meurt. De ses funérailles, il ne me reste que la fraîcheur surréelle de sa joue, l’odeur accablante de l’encens et les pleurs de ma sœur à l’église, terrorisée par le son vertical de l’orgue.»

«Je vais retirer quarante dollars qui se transforment en six bouteilles. Je fulmine. Pas de pourboire ce soir. Pour faire passer la colère et les calories, je danse comme je n’ai jamais dansé, férocement.»

Fanie Demeule, Déterrer les os, Québec, Hamac, 2016. Édition numérique.