Les zeugmes du dimanche matin et de Daniel Grenier

Daniel Grenier, Françoise en dernier, 2018, couverture«Elle le méprisait et elle l’adorait en même temps, il faisait pipi dans des couches et dans son lit, il souriait et disait des choses absurdes en mélangeant les couleurs et les sons» (p. 13).

«Sam avait une Volkswagen à transmission manuelle et ce qu’on appelle du vécu» (p. 129).

«Elle s’est débarbouillé la face et l’esprit simultanément» (p. 163).

Daniel Grenier, Françoise en dernier, Montréal, Le Quartanier, coll. «Polygraphe», 16, 2018, 217 p.

Le zeugme du dimanche matin et de Leonardo Padura

Leonardo Patura, Passé parfait, 2014, couverture

«Mais dans le cas présent, il avait en main un Davidoff esquinté et un compte à régler avec un subordonné : il prit l’une de ses pires combinaisons de voix et de ton.»

Leonardo Padura, Passé parfait, traduction de Caroline Lepage, Paris, Métailié, coll. «Suite hispanique», 2014, 215 p., p. 15.

Les zeugmes du dimanche matin et de Vickie Gendreau

Vickie Gendreau, Shit fuck cunt, 2018, couverture«tu ne lui dirais rien de la soirée tu lui demanderais son nom à simples fins de documentation au last call et tu le rangerais dans ta tête dans ton lit dans ta vie et peut-être dans ton livre […]» (p. 10).

«Et il m’a prise pour une conne il est parti tout de suite tout d’un foutu coup de massue dans la face et dans la gueule et dans l’âme et foutrement dans la libido…» (p. 25)

Vickie Gendreau, Shit fuck cunt, Montréal, Le Quartanier, «Série QR», 124, 2018, 31 p.

Le zeugme du dimanche matin et de Lula Carballo

Lula Carballo, Créatures du hasard, 2018, couverture, 2018, couverture

«La grand-mère de Chichi sort toutes les fins de semaine. Elle a soixante-seize ans. Elle ramène ses copains dans sa maison remplie d’objets désuets. Peu après, les copains s’éteignent d’amour et d’arrêt cardiaque. Les petits vieux sortent en civière. Dans le passage, on la surnomme la veuve-meurtrière. La grand-mère-veuve-meurtrière ne se formalise pas de ces pertes. Elle étrenne une robe et repart faire la fête. Il s’amène toujours de nouveaux prétendants disposés à danser un tango.»

Lula Carballo, Créatures du hasard. Récit, Montréal, Cheval d’août, 2018, 144 p., p. 114.

Le zeugme du dimanche matin et d’Émile Henriot

Plaque commémorative pour Émile Henriot, Nesles-la-Vallée«Je suis ravi, cher ami, de vous avoir distrait, si j’y ai réussi, avec ces notes du Temps ! Et si je n’y ai pas joint, depuis trop longtemps à mon gré, des nouvelles manuscrites à votre adresse, c’est que la vie que je mène est fort sotte, d’une part, si de l’autre elle est glorieuse. (Encore est-ce là une façon de parler, et peut-être un préjugé : car la gloire de ramasser du crottin dans des cours de ferme, et faire l’exercice dans un champ, ou se tapir dans des trous de rat, sous la sauvegarde de fils de fer, et d’y recevoir des bouts de ferraille chaude, c’est un sujet discutable, quand depuis six mois on mène ce métier.) Néanmoins, je suis, cher ami, enchanté de l’exercer, et de passer à travers la neige, le froid, la pluie, la boue, les puces, quelquefois les balles, la mauvaise humeur des uns et des autres, en conservant une humeur, pour ma part, charmante, beaucoup d’appétit, et une santé telle que je ne m’en suis jamais connu» (Émile Henriot, lettre du 2 janvier 1916, dans Paul-Jean Toulet, Lettres de P.-J. Toulet et d’Émile Henriot, dans Paul-Jean Toulet, Œuvres complètes, citée dans la livraison du 6 janvier 2019 des Notules dominicales de culture domestique de Philippe Didion).

Illustration : Plaque commémorative pour Émile Henriot, dans l’avenue qui porte son nom, Nesles-la-Vallée, disponible sur Wikimedia Commons