Les zeugmes du dimanche matin et de Georges Perec

«Que (de plus) les médecins militaires n’auraient besoin que d’un seul coup d’œil négligemment lancé sur la prétendue contusion pour deviner jusque dans ses moindres détails le stupide complot qui l’avait perpétrée et que, par suite, partirait nonobstant le nommé Karapete, avec son bras dans le plâtre et soixante jours de cachot en guise de prime et que nous, ses malheureux complices, on aurait les gendarmes à nos trousses jusqu’à la onzième génération» (p. 53).

«L’apparaissait donc qu’au petit matin dudit jour, le Karazozo, qu’effrayait peut-être la perspective de s’envoyer au tapis sans savoir ce qui se passerait ensuite, avait décidé dans sa petite tête qu’au lieu de s’aller coucher stricto sensu, il irait chasser les vapeurs alcooliques et les papillons de nuit en faisant quelque footing dans le bois tout proche» (p. 101).

P.-S. — Karapete et Karazozo ne font, bien sûr, qu’un.

Georges Perec, Quel petit vélo à guidon chromé au fond de la cour ?, Paris, Gallimard, coll. «Folio», 1413, 1982 (1966), 118 p.

Le zeugme du dimanche matin et de Sébastien Bailly

«Il faut se serrer les coudes, pas la ceinture.»

Sébastien Bailly, les Miraculées, Rouen, Éditions des Falaises, 2016, 79 p., p. 58.

P.-S. — Pour qui connaît Sébastien Bailly, la présence de ce zeugme ne saurait étonner.

Les zeugmes du dimanche matin et de Mahigan Lepage

«Avant de retourner explorer le dehors, je devais me reployer au-dedans (dans ma tête et dans les cafés, j’ai passé l’essentiel de mon temps ces derniers jours, tandis que les touristes faisaient le tour de la ville).»

«Alors je vais voir les jeunes, traînant ma fatigue et mon sac.»

Mahigan Lepage, Big bang city, publie.net, coll. «La machine ronde», 2016. Livre numérique. URL : <https://www.publie.net/livre/big-bang-city/>.

Les zeugmes du dimanche matin et d’Olivia Rosenthal

«attachée et protégée dans son placard et dans sa combinaison» (p. 29).

«il faut prévenir tout le monde, réunir les enfants, les emmener en rang et en silence» (p. 91).

«Elle est entrée à la fois dans la maison et dans la famille […]» (p. 95).

«elle perd sa prestance, son chignon, son sourire, son rôle de femme libre, de célibataire, d’épouse ou de mère» (p. 98).

Walt Disney «était encore suffisamment d’aplomb pour mettre au point et dessiner cette fameuse scène finale qui renverse le film, mes hypothèses et la nature hautement révolutionnaire du Livre de la jungle» (p. 143-144).

Olivia Rosenthal, Toutes les femmes sont des Aliens suivi de Les oiseaux reviennent et de Bambi & co, Paris, Verticales, coll. «Minimales», 2016, 148 p.