Les zeugmes du dimanche matin et de Twitter

Ce ne sont pas les zeugmes qui manquent sur Twitter. Démonstration.

@24car : «Primevère : Place au plaisir, pas au cholestérol.»

@20car : «L’oubli règle bien des choses, mais pas les factures.»

@iericksen : «J’exagérais un peu. Montréal a son lot de stationnement et de béton, elle aussi.»

@ledevoir : «Les Penguins perdent Crosby… et le match.»

@28car : «Les Parisiens ont perdu leurs nerfs et sans doute le championnat de France.»

@alain__farah : «J’apprends en écoutant @plusonlit que Johanne Bertrand, réalisatrice extraterrestre adorée prend le large et sa retraite !»

@ledevoir : «Vache sacrée… et à lait.»

@quitusais : «J’y suis entré sans chien et sans fardeau mais avec deux femmes mal élevées à souhait.»

@sbailly : «Avoir un café et 3 heures 30 de calme devant soi. #zeugme studieux.»

@lheureuxdaniel : «Sur Netflix, une série policière exceptionnelle : Trapped. Un village islandais pris dans la tempête et dans le drame.»

Le zeugme du dimanche matin et de Georges Privet

Denys Arcand «avait tâché — avec un positivisme forcé, qui frôle le déni volontaire — de traquer le “beau” dans ce qu’il a de plus artificiel : les intrigues sans fièvre de jeunes sans âme, filmés comme des dieux dans un Charlevoix aux airs d’Olympe, admirant le fleuve et leur nombril dans des maisons plus intéressantes qu’eux».

Georges Privet, «Réflexions d’été (part two)», l’Inconvénient, 66, automne 2016, p. 56-58, p. 57.

Le zeugme du dimanche matin et d’Éric Chevillard

«Dans cette campagne profonde, je m’étais retiré avec un livre, un sandwich et l’intention de passer une après-midi tranquille dans le silence et l’isolement, et seul un autre homme, en effet, avait eu la même idée que moi, mais lui pour s’exercer à la trompette.»

Éric Chevillard, l’Autofictif, 3269, 11 avril 2017.

Les zeugmes du dimanche matin et de Pierre Michon

Pierre Michon, Vies minuscules, 1984, couverture«La petite église de Borinage se referma sur nous tous, sur son latin, sur ses chaises remuées quand on se lève, qu’on se rassied, sur ses déambulations bizarres, son grand froid et ses petits objets d’or, sur son Dies Irae qui est chaque jour» (p. 134-135).

«Puis, ce dernier jour, mon visage était encore déformé par la blessure, je craignis d’être défiguré; je rudoyai Marianne qui tâchait tendrement de me rassurer; j’emportai, avec un vague courroux, le Gilles de Rais, la vision des grands arbres encore, et le silence du père Foucault» (p. 159).

Pierre Michon, Vies minuscules, Paris, Gallimard, coll. «Folio», 2895, 1984, 249 p.

P.-S. — Ce ne sont ni les premiers zeugmes de ce livre ni de cet auteur (voyez ici).