Le zeugme du dimanche matin et de Sylvie Drapeau

Sylvie Drapeau, l’Enfer, 2018, couverture«Je n’ajoute pas que j’avais rêvé d’une vie, moi aussi, une vie à moi. Je m’excuse en fait. Ils ne m’avaient pourtant jamais demandé pourquoi mon frère s’était enlevé la vie, pourquoi j’avais laissé faire une chose pareille. Ils ne m’ont rien demandé. Au contraire, ils étaient la compassion incarnée. C’est moi qui étais folle, tu vois. Ils étaient là, debout, immenses dans leurs uniformes et leur compassion.»

Sylvie Drapeau, l’Enfer, Montréal, Leméac, 2018, 95 p., p. 78.

Les zeugmes du dimanche matin et de Charles-Philippe Laperrière

Charles-Philippe Laperrière, Gens du milieu, 2018, couverture«Il y a jusqu’à ses patrons qui, à l’occasion, de manière indirecte ou détournée, le consultent à mi-voix lorsqu’ils rencontrent des problèmes épineux dans leur gestion des chiffres ou des subalternes» (p. 10).

«Ainsi, peu après, alors que des milliers de gens s’enthousiasmaient devant l’ardeur de son maraîchage et surtout de son propos, Jean, dans les faits, ne s’occupait déjà plus de cette affaire» (p. 34).

«Mon analyste, bien entendu, me sera devenu paternel, un premier père, second papa — dépositaire de ma propre loi papale avec sa barbe et sa retenue, son éloignement, sa sensibilité muette et toutes ses années pieuses à Paris.»

Charles-Philippe Laperrière, Gens du milieu. Légendes vivantes, Montréal, Le Quartanier, «série QR», 121, 2018, 178 p., p. 175.

Les zeugmes du dimanche matin et de Simon Brousseau

Simon Brousseau, les Fins heureuses, 2018, couverture

«La chanson Losing My Religion y jouait sans arrêt et me racontait ma peine, les quelques habitués marquaient les heures, vidant tour à tout leur bouteille et leur vessie, pendant que je jouais avec cet ami que j’aimais tellement, qui me battait à tout coup et que je n’ai plus revu depuis» (p. 117).

«Je suis allé me coucher et j’ai dormi par saccades, d’un sommeil plein de rêves et de sueur, avant de me réveiller seul au milieu de la nuit» (p. 154-155).

Simon Brousseau, les Fins heureuses. Nouvelles, Montréal, Le Cheval d’août, 2018, 196 p.