Dans le tuyau de l’oreille

Hier, chez l’Oreille tendue, un plombier : «Ma problématique, c’est ce tuyau-là.» Pendant quelques instants, elle a eu un peu peur, puis elle a été rassurée. Ce n’était donc pas un problème.

 

[Complément du 12 mars 2013]

Heureusement pour son plombier, l’Oreille tendue n’est pas Batman.

Batman, Robin et la problématique

Source : @petitsmorceaux

Du plurilinguisme en acte

Un collègue et néanmoins ami est absent. Sa boîte aux lettres électronique le dit clairement, en quatre langues.

Il y en a une qui étonne plus que les autres.

P.-S. — L’Oreille tendue n’est pas la première à noter ce plurilinguisme en acte. On en a parlé ici et .

Mystère impénétrable au Centre Bell

Bob Gainey n’est plus le directeur gérant des Canadiens de Montréal; c’est entendu.

Mais que lui est-il arrivé ? Le jour même, on s’interrogeait. Le lendemain, pas moins.

Le jour même, le 8 février, avant la conférence de presse officielle

Le site du Réseau des sports a d’abord écrit qu’il semblait que Gainey «se retirait», qu’il «démissionnait», qu’il «quittait ses fonctions».

Cyberpresse.ca, pour sa part, a cédé à la tentation du verbe quitter employé absolument, encore qu’au conditionnel : «Gainey quitterait à la faveur de Gauthier.» Non sans se poser la question toutefois : «A-t-on décidé de “démissionner” Gainey ? Il appert pour le moment que celui-ci aurait décidé de quitter de son propre chef, à trois semaines de la date-limite des transactions.»

Le lendemain

«Bob Gainey remplacé», titrait Radio-Canada. Ailleurs sur le site : «Gainey passe le flambeau

Le Devoir n’était pas moins neutre : «Gainey part, Gauthier arrive» (p. 1).

La une du Journal de Montréal pouvait, elle, porter à confusion : «Gainey lâche.» Verbe ou adjectif ?

Le site officiel des Canadiens se faisait positif : «Tandis que la formation est au plus fort de la course pour une place en séries, Gainey lègue donc les rênes de l’équipe à son bras droit Pierre Gauthier, qu’il continuera d’épauler en tant que conseiller spécial.»

Réjean Tremblay, dans la Presse, l’était beaucoup moins, quand il associait le départ de Gainey à celui de son prédécesseur : «Depuis, nous avons appris la vérité. André Savard avait été tassé de force de son job. Sans doute apprendrons-nous un jour que ce fut la même histoire dans le cas de Gainey» (cahier Sports, p. 5).

L’Histoire révélera la Vérité. (Mais Elle ne dira pas que Gainey a quitté.)

 

[Complément du 29 mars 2012]

Le successeur de Bob Gainey connaît le même sort que lui aujourd’hui. En début de journée, Pierre Gauthier était «relevé de ses fonctions». Par la suite, les choses ont été présentées autrement : «Geoff Molson congédie Pierre Gauthier.»  Le choix de verbe est meilleur.

Malheureusement pour lui, et pour le verbe quitter, Bob Gainey, qui était toujours associé aux Canadiens de Montréal, perd aussi son travail : «Gauthier congédié, Gainey quitte aussi.» Le choix de verbe laisse à désirer.

Ponctuation (payante)

Il y eut l’interrobang, le deflation point, le facetio, le delta-sarc et le snark. Voici le SarcMark, un signe de ponctuation disponible ici au prix de 1,99 $ US. (La vidéo publicitaire mérite le détour. Façon de parler.)

Son utilité ? Vous assurer que votre lecteur percevra bien que ce que vous venez d’écrire dans votre courriel ou votre texto est sarcastique.

Erin McKean, de Wordnik, dans sa chronique du 7 février du Boston Globe, évoque ces formes d’«alternative ponctuation». Elle en profite pour montrer pourquoi nous ne devrions pas en avoir besoin.