Le zeugme du dimanche matin et de Julia Deck

Julia Deck, le Triangle d’hiver, 2014, couverture

«La jeune femme a du style, se tient très droite sur son tabouret, et ses cheveux coupés court augmentent encore l’élégance de son maintien. Elle rend la monnaie avec exactitude, leur sourire aux messieurs charmeurs, et se montre exceptionnellement habile dans la gestion des acariâtres.»

Julia Deck, le Triangle d’hiver. Roman, Paris, Éditions de Minuit, 2014, 174 p., p. 170.

 

(Une définition du zeugme ? Par .)

L’oreille tendue de… France Daigle

France Daigle, Petit crayon pour faire mine, 2024, couverture

«Le Réseau des sports diffuse les matchs du Roland-Garros à la télé. En principe, tout se passe en français. Je tends l’oreille en allant et venant dans mon logement, rassemblant le nécessaire puis m’installant/mince talent pour écrire. J’éteins le son. Je veux mettre au propre mes écrits récents. Parallèlement, dans mon esprit, il se dégage un autre petit dialogue, portant cette fois sur le tennis. Encore une fois, les mots et les pensées s’alignent en anglais. Encore ? Déjà !»

France Daigle, Petit crayon pour faire mine, Montréal, Boréal, 2024, 112 p., p. 40.

Autopromotion 810

Carte-drapeau du Canada et des États-Unis

Ces jours-ci, les relations politiques et commerciales entre le Canada et les États-Unis ne sont pas au beau fixe. Cela se manifeste, entre autres lieux, dans les arénas : l’hymne national étatsunien est parfois hué. Qu’est-ce que cela signifie ?

L’Oreille tendue en causera vers 17 h 15, au micro d’Annie Desrochers, dans le cadre de l’émission le 15-18 de la radio de Radio-Canada.

 

[Complément du jour]

On peut (ré)entendre l’entretien ici.

 

[Complément du 17 février 2025]

L’Oreille a tiré de cette intervention un texte que publie aujourd’hui le Devoir sous le titre «La guerre des huées». Ça se lit de ce côté.

Autopromotion 809

«Architecture et parties qui en dépendent. Septième partie», premier volume des planches de l’Encyclopédie, Paris, 1762, planche XXXV

La 647e livraison de XVIIIe siècle, la bibliographie de l’Oreille tendue, est servie.

La bibliographie existe depuis le 16 mai 1992. Elle compte 75 800 titres.

À partir de cette page, on peut interroger l’ensemble des livraisons grâce à un rudimentaire moteur de recherche et soumettre soi-même des titres pour qu’ils soient inclus dans la bibliographie.

Illustration : «Architecture et parties qui en dépendent. Septième partie», premier volume des planches de l’Encyclopédie, Paris, 1762, planche XXXV

Ami ami, bis

Portrait de Michel de Montaigne

«Un ami est un ami.»
Laurent Ruquier

Au Québec, l’amitié est une chose subtile.

On peut être l’ami de quelqu’un. On peut être son chumau-delà du raisonnable —, peu importe le sexe : un chum de gars, une chum de fille. On peut aussi se mettre chummy avec quelqu’un.

Il existe au moins deux graphies de la chose.

«Trump se fait chummé avec la Russie», écrit Olivier Niquet dans son excellente lettre d’information, Tourniquet Express.

Même graphie chez Christophe Bernard dans la Bête creuse : «C’était la fête, du monde en masse, et de tous les âges, chummés, l’âge comptait pas» (p. 597).

«Enweille chummy suis-moi, emboîte-moi le pas», chante Mad’MoiZèle GIRAF.

Le é final de Niquet et Bernard doit évoquer une prononciation distincte de celle du duo québécois de raggamuffin.

Vous faites bien comme vous voulez.

P.-S.—Bis ? Parce que.

 

Réféfence

Bernard, Christophe, la Bête creuse. Roman, Montréal, Le Quartanier, coll. «Polygraphe», 14, 2017, 716 p.