Chantons la langue avec Gilles Vigneault

Gilles Vigneault, «I went to the market», 1976, pochette

(Il n’y a pas que «La langue de chez nous» dans la vie. Les chansons sur la langue ne manquent pas. Petite anthologie en cours. Liste d’écoute disponible sur Spotify. Suggestions bienvenues.)

 

Gilles Vigneault, «I went to the market», 1976

 

I went to the market
Mon p’tit panier sous mon bras
I went to the market
Mon p’tit panier sous mon bras
The first girl I met
C’est la fille d’un avocat
I love you vous n’m’entendez guère
I love you vous ne m’entendez pas
(I love you vous n’m’entendez guère
I love you vous ne m’entendez pas)
She said what have you got
Dans ce beau p’tit panier-là
She said what have you got
Dans ce beau p’tit panier-là
I have got some eggs
N’en achèteriez-vous pas
I love you vous n’m’entendez guère
I love you vous ne m’entendez pas
(I love you vous n’m’entendez guère
I love you vous ne m’entendez pas)
I’ll taken two dozen
Pis l’bonhomme te paiera ça
I’ll taken two dozen
Pis l’bonhomme te paiera ça
I gave her two dozen
Mais l’bonhomme y payait pas
I love you vous n’m’entendez guère
I love you vous ne m’entendez pas
(I love you vous n’m’entendez guère
I love you vous ne m’entendez pas)
Such is the business
Avec la fille d’un avocat
Such is the business
Avec la fille d’un avocat
But she hatched my eggs
Elle a fait tout couver ça
I love you vous n’m’entendez guère
I love you vous ne m’entendez pas
(I love you vous n’m’entendez guère
I love you vous ne m’entendez pas)
Should have seen the chicken
Qui sont sortis de l’là
Should have seen the chicken
Qui sont sortis de l’là
To collect my money
Ils ont fondé un syndicat
I love you vous n’m’entendez guère
I love you vous ne m’entendez pas
(I love you vous n’m’entendez guère
I love you vous ne m’entendez pas)
And they fly like ducks
Pis parlent comme des avocats
And they fly like ducks
Pis parlent comme des avocats
When they fly over the barn
Me reconnaissez-vous pas
I love you
(I love you vous n’m’entendez guère
I love you vous ne m’entendez pas)
I took you to the market
Mon p’tit panier sous mon bras
I took you to the market
Mon p’tit panier sous mon bras
Comment vous me r’connaissez pas
Oh ben sacrement
Oh pis vous comprenez pas ce que je dis en plus
Oh ben
I go and get my gun
J’en vise un pis je l’abats
I love you vous n’m’entendez guère
I love you vous ne m’entendez pas
(I love you vous n’m’entendez guère
I love you vous ne m’entendez pas)
And just before he died
Il a l’temps de m’dire tout bas
And just before he died
Il a l’temps de m’dire tout bas
I must speak English
À partir de c’te hauteur-là
I love you vous n’m’entendez guère
I love you vous ne m’entendez pas
(I love you vous n’m’entendez guère
I love you vous ne m’entendez pas)
Un canard même à l’orange
Ça fait pas tout un gros r’pas
Un canard même à l’orange
Ça fait pas tout un gros r’pas
Never seen the girl again
J’pense que j’la marierai pas
I love you c’est d’valeur qu’a m’comprenne guère
I love you c’est d’valeur qu’a m’comprenne pas
I love you c’est d’valeur qu’a m’comprenne guère
I love you c’est d’valeur qu’a m’comprenne pas

 

Chantons la langue avec Les Hôtesses d’Hilaire

Les Hôtesses d’Hilaire, Touche-moi pas là, 2015

(Il n’y a pas que «La langue de chez nous» dans la vie. Les chansons sur la langue ne manquent pas. Petite anthologie en cours. Liste d’écoute disponible sur Spotify. Suggestions bienvenues.)

 

Les Hôtesses d’Hilaire, «Super Chiac Baby», Touche-moi pas là, 2015

 

Fifty-fifty, cinquante-cinquante, fifty-fifty
Trois pour cinq piasses
Quatre pour dix, three for five, four for ten
Aille ma belle ’tite madame avec le beau sourire là-bas
Un p’tit cinquante-cinquante hein ?
Ça changerait votre vie, big prizes, big money
Gros prix, grosse argent à soir
Monsieur là-bas, big buddy how are ya ?
Looking there you’re looking good
Why don’t you want some tickets ? Three for five dollars
Come over here my friend
C’est porter une bonne cause, cinquante-cinquante
Le Nouveau-Brunswick
La seule province officiellement bilingue du Canada anglais
It’s a good cause
Ladies and gentlemen, venez icitte, cinquante-cinquante
Buy your big tickets, buy your big winner
Cinquante-cinquante, fifty-fifty
Look at you beautiful darling, come over here
Cinquante-cinquante
C’est ça qu’on me dit, moé je couche sul couch pis elle dans l’lit
Alright
Hey who wants to get some money, who wants to change their life ?
We are the dream
(The great Canadian Dream)
On marche main dans la main
(You’ll learn French demain)
Worry pas ta brain
(We’re now a big family)
Depuis qu’c’est officiel
(We French kiss au septième ciel)
Marié devant la loi
(Un lobster roll pour toi, une guédille pour moi)
Les Anglos, les Acadiens
(We are like all cousins)
What a beautiful story
(We are swimming in a magical love gravy)
Allons faire des babies
(Dans toute le reste du pays)
Viens voir le Newbie
(Nouveau-Brunswick)
Come and see the Bay of Fundy
(Nouveau-Brunswick)
Montrons tous par exemple
(Nouveau-Brunswick)
In a school bus dans les deux langues
(Nouveau-Brunswick)
Viens toucher à l’eau la plus chaude au sud de l’Arctique
(Nouveau-Brunswick)
Come and see la Côte magnétique
(Nouveau-Brunswick)
Let’s all dance together
(Nouveau-Brunswick)
Être ici on le peut
(Oooooh…)

We are the dream
The Pierre Elliott, la crème of the cream
Long live le bilinguisme
(Yeah…)
And thank you and come again my friend
Be in this place oh yes we can
(Uh huh)
I’ll French you right on the English
Come on ! We have the same lips
Let’s make love, faisons l’amour
(Baby)
All over our bodies
(That’s right)
Come on the rest of the country is watching
Take off your Bible belt
(Baby)
Let’s make love in the streets
It’s gonna get slippery
Let’s open the gene pool
And make
A Super
Chiac
Baby !
Super Chiac !
(Uh Huh)
Super Chiac Baby !
(Baby)
Super Chiac !
(That’s right)
Super Chiac Baby !

Super Chiac !
Super Chiac !
Super Chiac !
Super Chiac Baby !

Voulez-vous être servi en anglais ou en français ?

 

Le gant de Siegfried von Turpitz

David Lodge, Un tout petit monde, éd. française de 1991, couverture

L’Oreille tendue a des défauts. Parmi ceux-ci, il y a le fait d’attendre à la dernière minute pour organiser ses déplacements à l’étranger.

Ainsi, en 1991, son incompétence viatique a fait s’allonger indûment un voyage à Wolfenbüttel. C’était il y a longtemps, mais l’Oreille a le souvenir de deux longs voyages en avion, suivis d’un trajet en train, couronnés par une excursion en autobus. Au total, une vingtaine d’heures de déplacement.

L’Oreille en avait profité pour lire A Small World (1984), le campus novel célèbre de David Lodge. Après tout, elle s’en allait participer à un colloque universitaire.

Parmi la galerie des personnages de ce roman, il y a Siegfried von Turpitz, un professeur allemand mystérieux. Pourquoi porte-t-il en permanence un seul gant (noir) à la main (droite) ?

Enfin arrivée à destination, évidemment après tout le monde, fourbue, l’Oreille tendue se rend au restaurant où se tiennent les agapes du soir. Elle s’installe à la seule place libre, puis se présente à ses voisins — dont un professeur qui ne portait qu’un gant, bien sûr noir, bien sûr à la main droite. Elle a eu un choc, qu’elle n’a jamais oublié. C’est, en effet, Un tout petit monde.

David Lodge est mort le 1er janvier.