Langue de garderie

L’Oreille tendue a déjà eu l’occasion de le dire : il y a une langue de garderie propre au Québec.

On y pratique allègrement le qui qui : Les amis de la garderie, qui qui veut des beignes à matin ?

On y a un usage fort particulier du tutoiement : Les amis de la garderie, es-tu prêt ?

On aime aussi s’adresser au groupe. Exemple :

 

[Complément du 8 janvier 2025]

Cela marche aussi à l’école primaire. Exemple tiré du premier roman de Kevin Lambert, Tu aimeras ce que tu as tué, au sujet de l’enseignante d’arts plastiques de deuxième année :

Elle distribue les paquets de crayons-feutres, des feuilles assez grandes pour nous occuper pendant trois périodes au moins, chacun son matériel, s’il te manque quelque chose, tu lèves la main, madame Marcelle va venir te voir (p. 13).

 

Référence

Lambert, Kevin, Tu aimeras ce que tu as tué. Roman, Montréal, Héliotrope, «série P», 2021, 209 p. Édition originale : 2017.

Le caractère et la saveur

Le Québec raffole de l’expression à saveur (voir, entre autres entrées de ce blogue, ici). Elle est tellement populaire qu’on en vient à s’étonner quand elle n’est pas utilisée : «Le Festival international du film sur l’art propose cette année une importante sélection d’œuvres à caractère social ou politique» (le Devoir, 14-15 mars 2015, p. E3).

C’est la rançon de la gloire.

 

[Complément du 14 juin 2015]

Autre cas semblable : «Point chaud – Des coupes aux relents de censure à la santé publique. Texte de @jessicanadeau http://bit.ly/1zs4Sti» (@LeDevoir).

Autopromotion 168

11 brefs essais contre l’austérité, 2015, couverture

Il y a quelques semaines, l’Oreille tendue parlait, à la radio de Radio-Canada, de la langue de l’austérité au Québec (on peut (ré)entendre l’entretien ici). Grâce à Ianik Marcil, qui scènait en studio, ses propos sont devenus un texte, publié dans un ouvrage collectif, 11 brefs essais contre l’austérité. Pour stopper le saccage planifié de l’État (Montréal, Somme toute, 2015, 202 p., 978-2-924283-86-8). L’ouvrage sera en librairie le 31 mars.

Table des matières

La privatisation tranquille
Ianik Marcil

Dire, ou pas, l’austérité
Benoît Melançon

Pour en finir avec la dette publique
Eve-Lyne Couturier

L’éducation, ce malentendu
Joëlle Tremblay

Tuer le désir de beauté
Ianik Marcil

Mortelle austérité
Alain Vadeboncœur

77 500 ans d’austérité
Widia Larivière et Melissa Mollen Dupuis

Une fragilisation des écosystèmes, des liens sociaux et de la solidarité régionale
Laure Waridel

Le sexisme latent de l’austérité
Alexa Conradi

Des mères nécessiteuses aux garderies commerciales : requiem d’un modèle progressiste
Annie Desrochers

Paroles, paroles…
Hans Marotte

À quoi mal l’austérité ?
Christian Nadeau

Biographies

 

[Complément du 22 avril 2015]

Sur le blogue Littéraires après tout, Alex Gagnon, sous le titre «Perlocutions politiques. La politique comme acte de langage», reprend et prolonge le texte de l’Oreille.

 

[Complément du 8 mars 2016]

Le texte de l’Oreille tendue est désormais disponible ici. Merci à Ianik Marcil d’avoir autorisé cette mise en ligne.

Autopromotion 167

Demain soir, le 11 mars, à 19 h 30, l’Oreille tendue présentera une conférence intitulée «Quelques idées reçues sur la langue (au Québec)» à la bibliothèque d’Ahuntsic. Renseignements ici.

Urbain en ville

Il y a quelques années, @PimpetteDunoyer a lancé le site Vivez la vie urbaine. L’Oreille tendue s’amuse à y collaborer à l’occasion.

Cela n’atténue pourtant pas sa surprise quand elle lit la phrase suivante dans le quotidien le Devoir : «Montréal va de l’avant avec son projet de Promenade urbaine au centre-ville» (21-22 février 2015, p. A10). Une promenade «urbaine» au «centre-ville» de la ville de Montréal ?

Pareille promenade pourrait-elle être autre chose ? L’Oreille s’interroge.

P.-S. — Pour d’autres usages étonnants du mot urbain, on clique ici.