L’oreille tendue de… Arnaud Maïsetti

Arnaud Maïsetti, Saint-Just & des poussières, 2021, couverture

«La scène est atroce : l’Incorruptible devant la porte fermée de la prison exige qu’on lui ouvre, supplie qu’on le laisse croupir au-dedans des entrailles de la loi — refuse d’appeler aux armes contre la Convention sacrée. De force, on l’oblige à être libre, à être émeutier lui qui n’aspirait qu’au martyre, unique voie à ses yeux pour l’emporter. On hésite longtemps, on ne sait que faire, le garder, le libérer, le sauver pour le perdre : tout est renversé. La nuit est si noire. On tend l’oreille alors. Il est huit heures du soir : le tocsin sonne à l’Hôtel de Ville — la Commune appelle à l’Insurrection.»

Arnaud Maïsetti, Saint-Just & des poussières, Bordeaux, L’arbre vengeur, 2021, 327 p., p. 312-313.

L’oreille tendue de… André Belleau

Portrait d’André Belleau, 1963

«Dans la cellule adjacente, plus un bruit. Ils tendent l’oreille, tâchent de capter des bribes. La sonnerie les a fait sursauter. Enfin la caution qui s’annonce… Puis le déclic de l’appareil raccroché. Et le silence à nouveau.»

André Belleau, «Trois nouvelles», Écrits du Canada français, 16, 1963, p. 190-217, p. 211. [«Sous le pont de l’Est» (p. 191-202), «Ce jour-là à Deception Bay» (p. 203-210), «Liguori» (p. 211-217)]

Illustration : portrait d’André Belleau, le Devoir, 26 octobre 1963, p. 17.

P.-S.—André Belleau ? Par ici.