Fil de presse 060

Charles Malo Melançon, logo, mars 2021

Glanes pré-estivales.

Adamiou, Evangelia, Endangered Languages, Cambridge, MIT Press, coll. «The MIT Press Essential Knowledge Series», 2024.

Bosredon, Bernard, Georges Kleiber et Irène Tamba (édit.), Dénomination, sens et référence à l’épreuve du nom propre, Londres, ISTE, coll. «Les concepts fondateurs de la philosophie du langage», 11, 2026, 346 p.

Canut, Emmanuelle, Céline Beaugrand, Juliette Delahaie et Magali Husianycia, (Ré)apprendre à lire et à écrire à des publics vulnérables. De la dictée au formateur à la maitrise de l’écrit, Bruxelles, Berlin, Chennai, Lausanne, New York et Oxford, Peter Lang, coll. «Champs didactiques plurilingues : données pour des politiques stratégiques», 25, 2026, 258 p. Ill.

Epallle, Jeanluc et Olivier Glain, À Saint-Étienne ça se dit comme ça !, Paris, Le Robert, coll. «Ça se dit comme ça !», 2026, 144 p. Ill.

Études de linguistique appliquée, 221, janvier-mars 2026, 128 p. Dossier «Le locuteur natif : linguistique, didactique, social ou politique ?», sous la direction de Sylvain Detey.

Études diachroniques, 4, 2026, 260 p. Dossier «La (re)latinisation du français dans son histoire».

Fumaroli, Marc, Quand l’Europe parlait français, Paris, Tallandier, coll. «Texto», 2026, 640 p. Édition originale : 2001.

Kazakov, Gleb et Vladislav Rjéoutski (édit.), Languages of Diplomacy in the Early Modern World. Europe and the USA, Londres, Routledge, 2026, 328 p.

Langages, 240, décembre 2025, 168 p.

Langue française, 229, mars 2026, 150 p. Dossier «La lexicographie française : des Lumières à l’intelligence artificielle».

Langue française, 230, juin 2026, 144 p. Dossier «50 ans de sociolinguistique du français».

Lebaron, Frédéric, le Capital linguistique. Une sociologie du langage, Paris, CNRS éditions, 2026, 272 p.

Les linguistes atterré(e)s, le Cahier d’activités, Paris, Éditions de l’Atelier, 2025, 79 p. Coordonné par Médéric Gasquet-Cyrus.

Les linguistes atterré(e)s, le Cahier d’activités. 2. Orthografe, Paris, Éditions de l’Atelier, 2026, 79 p.

Martin, Jean-Baptiste, À Lyon ça se dit comme ça !, Paris, Le Robert, coll. «Ça se dit comme ça !», 2026, 144 p. Ill.

Medane, Hadjira et Marie-Anne Paveau (édit.), Gaza. Les mots pour (ne pas) le dire, Québec, Éditions Science et bien commun, coll. «Langues, linguistique et analyse de discours», 2026.

Minorités linguistiques et société / Linguistic Minorities and Society, 25, 2025. Dossier «Aspects méconnus de la variation linguistique dans le français parlé en milieu minoritaire», sous la direction de Catherine Léger et Anne-Sophie Bally.

Orwell, George, la Politique et la langue, Paris. Fayard, coll. «1001 Nuits», 2026, 40 p. Édition originale : 1946. Traduction et préface de Mehdi Ouraoui.

Polèse, Mario et Marc Termotte, Bonjour-Hi. Vivre ensemble en français sans perdre l’avantage anglais, Québec, Presses de l’Université du Québec, 2026, 252 p.

Poujat, Sandra, le Roman national de la langue (1790-1920). Pour une histoire des imaginaires linguistiques des grammaires du français, Fribourg, Lambert-Lucas, 2026, 216 p.

Accouplements 275

Couvertures de Réjean Ducharme, d’André Belleau et de Jean Larose, collage

(Accouplements : une rubriquel’Oreille tendue s’amuse à mettre en vis-à-vis deux œuvres, ou plus, d’horizons éloignés.)

Ducharme, Réjean, les Enfantômes. Récit, dans Romans, Paris, Quarto Gallimard, 2022, 1951 p., p. 1213-1366. Édition originale : 1976. Édition établie et présentée par Élisabeth Nardout-Lafarge. Vie & œuvre par Monique Bertrand et Monique Jean.

Les deux principaux protagonistes du roman sont «contre tout sentimentalisme nationaliste en même temps que pour le gros bon sens de l’indépendance des Québécois» (p. 1302).

Belleau, André, «L’esthétique du “oui”», Liberté, 128 (22, 2), mars-avril 1980, p. 9-11; repris dans Y a-t-il un intellectuel dans la salle ? Essais, Montréal, Primeur, coll. «L’échiquier», 1984, p. 78-79; repris, sous le titre «Avant le référendum de 1980 : l’esthétique du “oui”», dans Surprendre les voix. Essais, Montréal, Boréal, coll. «Papiers collés», 1986, p. 99-102; repris, sous le titre «Avant le référendum de 1980 : l’esthétique du “OUI”», dans Surprendre les voix. Essais, Montréal, Boréal, coll. «Boréal compact», 286, 2016, p. 97-100. https://id.erudit.org/iderudit/29851ac

«je suis antinationaliste et fédéraliste. J’estime en effet que l’indépendance demeure la meilleure façon de nous sortir de l’ornière nationaliste et que le gouvernement d’un Québec souverain devrait partager diverses compétences avec les collectivités régionales. On ne dira pas que ma position n’est pas dialectique» (éd. de 1980, p. 10).

Larose, Jean, «La littérature à distance», dans l’Amour du pauvre, Montréal, Boréal, coll. «Papiers collés», 1991, 254 p., p. 27-48.

«Notre culture pédagogique doit enfin être analysée comme un effet du nationalisme. Nous ne sommes pas encore un pays, et je suis de ceux qui croient que l’idéologie nationaliste québécois fait partie des obstacles, et non des ressources de l’indépendantisme québécois» (p. 43).

Ils ne sont pas nombreux à penser ainsi les liens entre nationalisme et indépendantisme au Québec (encore aujourd’hui) — mais ils ne sont pas seuls.

Curiosité voltairienne (et européenne)

Drapeau européen

Rester ou pas, pour la France, dans la communauté européenne ? Suivre l’exemple britannique ? Appuyer Marine Le Pen ou Emmanuel Macron ?

«The majority of the French agree with her (Le Pen). In an interview with the BBC in 2018, Macron admitted that if given the choice his people would probably follow Britain out of the EU. This is one reason why he has been so determined to make life difficult for post-Brexit Britain : pour encourager les autres» (Gavin Mortimer, «France is turning against the EU», The Spectator, 29 juillet 2025).

 

Dans le vingt-troisième chapitre de Candide (1759), le conte de Voltaire, on trouve ceci : «mais dans ce pays-ci [la Grande-Bretagne] il est bon de tuer de temps en temps un amiral pour encourager les autres.»

 

Voltaire est toujours bien vivant.

 

P.-S.—Traduction, à la DeepL : «La majorité des Français sont d’accord avec elle (Le Pen). Dans une interview accordée à la BBC en 2018, Macron a admis que, s’ils avaient le choix, ses concitoyens suivraient probablement la Grande-Bretagne hors de l’UE. C’est l’une des raisons pour lesquelles il est si déterminé à rendre la vie difficile à la Grande-Bretagne post-Brexit : pour encourager les autres

Du brun comme unité de mesure

Billet de cents dollars, Canada

Depuis plusieurs mois, le Parti libéral du Québec est secoué par un scandale de financement.

L’Oreille tendue a déjà eu l’occasion de dire un mot de ce supposé fling flang.

Le même scandale a fait apparaître dans l’espace public le mot brownie. Couleur oblige, il désigne un billet de banque canadien de 100 $. (On entend aussi un brun.)

Dans le cahier des sports de la Presse+ du jour, on découvre un emploi neuf de cette façon de compter une centaine : «Et pourtant, pour ces cinq clubs qui récolteront un brownie de points, ou qui vont drôlement s’en approcher, seulement quatre places en séries sont disponibles.»

Joli.

Plante linguistique du jour

Claudia Turmel et Karina Dupuis, Gère ta fougère !, 2023, couverture

Il y a quelques années, la ministre caquiste Geneviève Guilbault avait étonné le public en affirmant ceci : «Chacun gère sa fougère.» Cette formule renvoyait au titre d’un ouvrage destiné aux enfants pour qu’ils apprennent à gérer leurs «habiletés sociales». On pouvait y entendre un appel à ce que chacun prenne ses responsabilités (politiques).

Qui ne se souviendrait pas de cette origine pourrait avoir du mal avec un titre du quotidien le Devoir : «Gérer sa fougère migratoire» (11 mars 2026). Le texte dénonce les incohérences du gouvernement du Québec en matière d’immigration — et rend à Geneviève Guilbault ce qui lui revient.

À votre service.

 

Référence

Turmel, Claudia et Karina Dupuis, Gère ta fougère ! Quand l’Histoire se mêle de ses affaires, Québec, Minimo éditions, coll. «Chacun son jardin», 2023, 36 p.