La clinique des phrases (bbb)

Polyclinique de l’Oreille, publicité, Laval, Québec, juin 2019

(À l’occasion, tout à fait bénévolement, l’Oreille tendue essaie de soigner des phrases malades. C’est cela, la «Clinique des phrases».)

Soit la manchette suivante :

L’Autrichien s’offre son premier titre du Grand Chelem après avoir concrétisé une remontée historique.

Simplifions :

L’Autrichien s’offre son premier titre du Grand Chelem après une remontée historique.

Voire :

Après une remontée historique, l’Autrichien s’offre son premier titre du Grand Chelem.

À votre service (c’est le cas de le dire).

Autopromotion 520

Photo de Benoît Melançon, Université du troisième âge, Belœil, mars 2020, photo de Marie-France Abastado, Radio-Canada

Depuis 2007, l’Oreille tendue donne des conférences à l’Université du troisième âge. Sur quels sujets ? Le théâtre de Marivaux, Maurice Richard — c’est du hockey —, la langue (au Québec), Voltaire, l’Encyclopédie et Wikipédia, l’histoire des bibliothèques, Ella Fitzgerald.

Ce matin, on a pu l’entendre, à l’émission Désautels le dimanche de la radio de Radio-Canada, répondre aux questions de Marie-France Abastado au sujet de l’UTA.

Ça s’écoute ici.

 

Photo : Radio-Canada / Marie-France Abastado

L’oreille tendue de… Marie-Ève Thuot

Marie-Ève Thuot, la Trajectoire des confettis, 2019, couverture

«Bastien n’appréciait pas particulièrement le ping-pong en solo, mais cela lui permettait de tendre l’oreille vers la chambre de Clara.»

Marie-Ève Thuot, la Trajectoire des confettis, Montréal, Les Herbes rouges, 2019, 615 p.

Accouplements 157

Nicholson Baker, Checkpoint, 2004, couverture
(Accouplements : une rubrique où l’Oreille tendue s’amuse à mettre en vis-à-vis deux œuvres, ou plus, d’horizons éloignés.)

L’Oreille tendue est une fan de baladodiffusion et de Malcolm Gladwell — et donc de Revisionist History, le podcast de Gladwell. Au cours de sa cinquième saison, qui se termine ces jours-ci, une série de quatre épisodes a été consacrée à la carrière du militaire états-unien Curtis LeMay, notamment à son rôle dans les bombardements du Japon à la fin de la Deuxième Guerre mondiale (épisodes 4, 5, 6 et 7). Il y a aussi été question de la guerre de Corée et de l’invention du napalm.

L’Oreille tendue est une fan de l’écrivain Nicholson Baker, dont elle relit ces jours-ci plusieurs romans. Dans Checkpoint (2004), le personnage de Ben s’intéresse à l’histoire de la Guerre froide — «So you’re, ah, sunk pretty darn deep into the fifties and sixties now» (p. 37) —, aux bombardements du Japon (p. 61) et au napalm (p. 11-12).

L’un et l’autre rappellent que le napalm a été testé sur le terrain de sport de… Harvard.

L’Oreille est doublement ravie.

P.-S.—Le plus récent essai de Baker, Baseless. My Search for Secrets in the Ruins of the Freedom of Information Act (2020), porte, entre autres choses, sur la guerre de Corée. Tout est dans tout, et réciproquement.

 

Références

Baker, Nicholson, Checkpoint, New York, Alfred A. Knopf, 2004, 115 p.

Baker, Nicholson, Baseless. My Search for Secrets in the Ruins of the Freedom of Information Act, New York, Penguin, Random House, 2020, 464 p.

Accouplements 154

(Accouplements : une rubriquel’Oreille tendue s’amuse à mettre en vis-à-vis deux œuvres, ou plus, d’horizons éloignés.)

L’Oreille tendue, se remettant (enfin !) au sport télévisé, découvre une publicité d’abord diffusée en anglais en 2019. Une femme y déguste une bière après avoir réussi à retirer son soutien-gorge (sa brassière en français populaire du Québec) sans retirer son chemisier.

Au même moment, l’Oreille relisait le premier roman de Nicholson Baker, The Mezzanine. On y trouve le même geste :

Here was where I made a discovery. An image came to me — Ingres’s portrait of Napoleon. Displacing my tie, I undid a single middle button. Yes, it was possible to get at your underarm by entering the shirt through the gap made by one undone button and then working the stick of antiperspirant up the pleural cavity between T-shirt and shirt until you were able to snag the sleevelet of the T-shirt with a finger and pull it past the seam where your shirtsleeve began, thereby exposing the area you needed to cover. I felt like Balboa or Copernicus. In college I had been amazed to see women take off bras without removing their sweatshirts, by unfastening the rear bra-catch through the material, pushing one sleeve up far enough to slip off one strap, and, after a few arousing shrugs of their shoulders, pulling the whole wriggling thing nonchalantly out of the opposite sleeve. My own antiperspirant discovery had some of the topologically flavor of those bra removals (p. 51-52).

On peut préférer le roman à la publicité.

 

Référence

Baker, Nicholson, The Mezzanine, New York, Vintage Books, coll. «Vintage Contemporaries», 1990, 135 p. Paru en français sous le titre la Mezzanine, Paris, Julliard, 1991, traduction d’Arlette Stroumza.