Chroniques du bilinguisme non hexagonal 003

La Société de transport de Montréal est sur Twitter (@stminfo), histoire de prévenir ses voyageurs des pannes, puis des reprises, de service dans le métro. L’idée est excellente : les pannes ne manquent pas.

En revanche, l’Oreille tendue ne comprend pas bien pourquoi il n’existe qu’un seul compte STM pour envoyer le même avis d’abord en français, puis en anglais.

Démonstration. Avant de quitter la maison, l’Oreille tendue jette un coup d’œil sur Twitter pour savoir s’il y a une panne de métro. Oui : deux messages. Quelques minutes plus tard — du moins, on l’espère —, le service est rétabli : deux messages.

Un compte en français et un autre en anglais, ce ne serait pas plus simple ?

Pendant que nous y sommes : au Québec, une société publique comme la STM a le droit de s’adresser à tous ses clients en anglais, sans leur demander leur avis ? L’Oreille tendue est sceptique.

Une tête bien faite

L’université de l’Oreille tendue souhaite la former. Soit. Celle-ci a donc assisté récemment à une «formation pour cadre académique». (Elle laisse ses lecteurs rêver au PowerPoint qu’on nous a asséné.)

Elle y a découvert des choses; elle n’en disconvient pas. Cela dit, on lui a appris que nous avions l’obligation d’«instrumenter nos processus» et «nos décisions». Si elle a bien compris, elle devrait être elle-même «instrumentée». Elle n’a pas osé demander ce que cela voulait dire; froussarde qu’elle est, elle avait peur de la réponse.

De P en P

On connaissait les PPP, ces partenariats public-privé qui plaisent tant aux entrepreneurs néolibéraux. On leur a même créé une agence gouvernementale, aujourd’hui — provisoirement ? — en dormance, l’APPPQ.

Comme il en était question à tout moment pendant quelques années, on s’est mis à utiliser l’expression à plusieurs sauces.

Il y eut un «parti pris pour les pauvres», le PPPP (le Devoir, 7 octobre 2004).

Puis un PPPS, le partenariat public-privé-syndicat (la Presse, 27 mars 2006).

Le Devoir des 30 et 31 janvier va une lettre plus loin, sur le plan alimentaire : pâtes, pizzas, patates, poulet et poutine sont des aliments qui ont actuellement mauvaise presse chez certains. Voici donc les PPPPP.

On n’arrête pas le progrès.