L’Oreille tendue ne prend peut-être pas assez soin d’elle

«Cosméto au naturel», la Presse+, 2 février 2018À l’occasion, l’Oreille tendue cause apocop’. Pour rappel : «Chute d’un phonème, d’une ou plusieurs syllabes à la fin d’un mot» (le Petit Robert, édition numérique de 2014).

Dans la Presse+ du jour, elle tombe sur le mot cosméto. Vu le contenu de l’article, il paraît bien s’agir de cosmétique.

L’Oreille, naïve, croyait que l’apocope avait pour utilité de raccourcir un mot (confortable => confo). Ce n’est manifestement pas le cas ici.

Sa naïveté la perdra.

 

[Complément du jour]

Naïve et bête : il s’agit de cosmétologie, science que ne pratique pas l’Oreille.

Mises à jour du lundi matin

Mises à jour, logo, 2021, Charles Malo Melançon

De l’article Chnoutte

De l’article Citoyen

De l’article Confo

De l’article Entraîneuse

De l’article Full (de)

De l’article Pogner

De l’article Psychanalyse de l’identité québécoise

Mère pressée

Découverte, dans l’émission du 16 janvier 2011 du Masque et la plume, dans la bouche d’Olivia de Lamberterie, d’une nouvelle apocope : «congé mat», pour «congé de maternité». Voilà une mère qui n’a pas de temps à perdre.

P.-S. — Profitons de l’occasion pour inaugurer une nouvelle catégorie, là, à droite, en bas, si si : «Apocop’».

De l’apocope

Tout le monde fréquente l’apocope. Le Petit Robert la définit ainsi : «Chute d’un phonème, d’une ou plusieurs syllabes à la fin d’un mot» (édition numérique de 2007). Exemples ? Télé pour télévision, cinéma pour cinématographe, taxi pour taximètre.

Dans 99 mots et expressions à foutre à la poubelle (2009), Jean-Loup Chiflet ne paraît guère apprécier ce type de troncation : l’«homme pressé» est «si pressé qu’il écourte tout, vivant à l’heure de l’apocope qui mutile les adolescents pour en faire des ados à vélo ou à moto qui vont au ciné porno même s’ils sont cathos» (p. 11).

L’Oreille tendue a déjà eu l’occasion de relever quelques formes nouvelles de l’apocope : diff pour difficile, confo pour confortable.

Dialogue à la radio, il y a peu : «Elle.— Je vous remercie. Lui. — C’est moi.» Comment désigner pareille coupure, chère aux garçons de café hexagonaux, non pas d’un phonème, d’une syllabe ou de plusieurs «à la fin d’un mot», mais de mots complets à la fin d’une phrase (C’est moi mis pour C’est moi qui vous remercie) ?

Doit-on parler d’apocope syntaxique ? Question full de diff.

 

[Complément du 15 novembre 2017]

Cette apocope, repérée par @jeanphipayette en Finlande, ne pousse guère à la consommation.

Produit alimentaire nommé «gastro» en Finlande

 

Référence

Chiflet, Jean-Loup, 99 mots et expressions à foutre à la poubelle, Paris, Seuil, coll. «Points. Le goût des mots», Hors série, inédit, P 2268, 2009, 122 p. Dessins de Pascal Le Brun.