De l’abus du possessif

Louis Cornellier écrit des livres, tient chronique (sur l’essai) dans les pages du Devoir et milite en faveur de l’enseignement de la littérature nationale d’ici.

Il le faisait dès 2002 :

Pour enrayer le déficit de sens ressenti par les étudiants devant le contenu de leurs deux premiers cours de littérature au collégial, il faudrait donc réformer en profondeur la séquence actuelle et consacrer ces deux cours à la littérature québécoise et à son contexte historique. Ensuite, et ensuite seulement, un troisième cours consacré aux littératures francophones, qu’il ne s’agit surtout pas de discréditer, dans une perspective comparatiste, trouverait tout son sens et sa pertinence. Quant au quatrième cours, qui porte sur la communication efficace (une sorte de rhétorique moderne), laissons-le tranquille : son approche très concrète (lire des journaux, ça s’apprend et ça déniaise) est parfois la seule qui parvienne à stimuler les plus rétifs (le Devoir, 11 février 2002, p. A7).

Rebelote ce samedi, au sujet d’un livre récent sur l’Épreuve uniforme de français du ministère de l’Éducation du Québec à la fin du cégep : «Un tel examen national ne devrait-il pas porter […] exclusivement sur notre littérature nationale ?» (le Devoir, 20-21 février 2010, p. F6)

Le «notre» n’était pas indispensable. On avait compris.

Apprendre le français

David Sedaris, Engulfed in Flames, 2008, couverture

David Sedaris, même s’il habite plusieurs mois par année en France, a du mal avec la langue française. Dans When You Are Engulfed in Flames (2008), il fait remarquer que la prison est un excellent lieu pour apprendre une nouvelle langue, du moins dans sa version la plus populaire.

Though harsh in other respects, prison would be an excellent place to learn a foreign language—total immersion, and you’d have the new slang before it even hits the streets. Unlike the French school that I actually attended, this one, when it came to verbs, would likely start with the imperative : «Bend over.» «Take it.» That kind of thing. Still, though, you’d have your little conversations. In the cafeteria, in the recreation room or crafts center, if they have them in a French prison, and I imagine they do (éd. de 2009 p. 186).

L’Oreille tendue n’y avait jamais pensé.

 

Référence

Sedaris, David, When You Are Engulfed in Flames, New York, Back Bay Books. Little, Brown and Company, 2009 (2008), xii/323 p.