L’oreille tendue de… Jacques Roubaud

Jacques Roubaud, Je suis un crabe ponctuel, 2016, couverture

«Toutes les choses sont infirmes
comment pourrait l’ombre l’écrire
comment l’œil sans se voiler de noir
l’oreille sans se tendre ?»

Jacques Roubaud, «Ombres», dans Octogone. Livre de poésie, quelquefois prose, Paris, Gallimard, 2014, repris dans Je suis un crabe ponctuel. Anthologie personnelle. 1967-2014, Paris, Gallimard, coll. «Poésie/Gallimard», 516, 2016, 192 p., p. 162.

La clinique des phrases (vvv)

La clinique des phrases, logo, 2020, Charles Malo Melançon

(À l’occasion, tout à fait bénévolement, l’Oreille tendue essaie de soigner des phrases malades. C’est cela, la «Clinique des phrases».)

Soit la phrase suivante :

Si son enseignement était déjà un peu orienté vers le roman, à cause de son intérêt pour Gabrielle Roy, sa rencontre avec l’œuvre de Kundera, au début des années 1970, a donné un nouvel élan à son intérêt pour le roman, entraînant chez lui une autre façon de le voir — à ses yeux beaucoup plus riche.

Voilà un «roman» (sur deux) de trop :

Si son enseignement était déjà un peu orienté vers le roman, à cause de son intérêt pour Gabrielle Roy, sa rencontre avec l’œuvre de Kundera, au début des années 1970, a donné un nouvel élan à son intérêt pour le genre, entraînant chez lui une autre façon de le voir — à ses yeux beaucoup plus riche.

À votre service.

Accouplements 162

Jules Verne, le Pays des fourrures, éd. de 2020, couverture

(Accouplements : une rubriquel’Oreille tendue s’amuse à mettre en vis-à-vis deux œuvres, ou plus, d’horizons éloignés.)

C’était dans la Presse+ de dimanche : «Une opération de sauvetage s’est déroulée samedi après-midi, sur la rivière des Prairies, pour venir en aide à trois pêcheurs et un chien demeurés coincés sur une plaque de glace à la dérive.»

Tard, la veille, l’Oreille tendue terminait sa lecture (émerveillée) du roman le Pays des fourrures (1872-1873), de Jules Verne. Passage des dernières pages, quand vingt adultes et un enfant dérivent sur un bloc de glace : «À l’extrémité du glaçon, l’ours formait comme une grosse boule de neige blanche qui ne remuait pas» (éd. de 2020, p. 531).

Chien, ours polaire : à chacun son animal de compagnie.

 

Référence

Verne, Jules, le Pays des fourrures. Le Canada de Jules Verne — I, Paris, Classiques Garnier, coll. «Bibliothèque du XIXe siècle», 77, 2020, 549 p. Ill. Édition critique par Guillaume Pinson et Maxime Prévost.

Le zeugme du dimanche matin et de Tonino Benacquista

Tonino Benacquista, Quelqu’un d’autre, éd. de 2003, couverture

«Obtempérer aux sermons de l’Autre, rentrer sagement au bureau, se noyer dans le travail plutôt que dans la vodka, retrouver Loraine ce soir et passer la nuit à ses côtés ?»

Tonino Benacquista, Quelqu’un d’autre. Roman, Paris, Gallimard, 2002. Édition numérique.