Les bonnes manières se perdent

Simenon, Maigret chez le coroner, éd. originale de 1949, couverture

Dans Maigret chez le coroner (1949), Simenon envoie son personnage fétiche se balader aux États-Unis, histoire de le frotter à une société et à des procédures qu’il ne comprend pas.

Assis dans l’avion qui l’emmène de l’Arizona à la Californie, à la toute fin du roman, le commissaire écrit une lettre à sa femme, restée rue Richard-Lenoir, à Paris.

Comment s’adresse-t-il à elle ? «Ma chère Madame Maigret» (éd. de 2001, p. 189).

Ça, c’est du respect.

P.-S.—Cela étant, il la tutoie; ça fait désordre.

 

Référence

Simenon, Maigret chez le coroner, Paris, Presses de la cité, coll. «Le livre de poche», 14236, 188 p. Ill. Édition originale : 1949.

Curiosité voltairienne (et désabusée)

Dessin de Gabriela Manzoni, Twitter, 10 octobre 2020

Gabriela Manzoni, sur Twitter (malheureusement), est une source de ravissement pour ses abonnés. Ses dessins, toujours décalés, sont inspirés de l’esthétique du roman-photo.

 

Dans l’image ci-dessus, du 16 octobre 2020, elle donne à lire un extrait d’une lettre de Voltaire à madame la comtesse de Lutzelbourg : «Nous laisserons, vous et moi, madame, ce monde-ci aussi sot, aussi méchant que nous l’avons trouvé en y arrivant» (19 mars 1760). Pareille érudition l’honore.

 

Voltaire est toujours bien vivant.

Les zeugmes du dimanche matin et d’Yves Trottier

Yves Trottier, Cher monsieur le Rocket, 2025, couverture

«Il m’a tapoté le dessus du crâne, puis il est parti en traînant ses savates comme ses syllabes» (lettre 7).

«Puis arrive l’inévitable, l’aiguille de la seringue transperce la peau de mon bras, ma veine, mon orgueil, mon honneur, ma fureur» (lettre 8).

«Je m’écroule au sol en même temps que ma dignité» (lettre 16).

Yves Trottier, Cher monsieur le Rocket, Saint-Bruno-de-Montarville, Goélette, 2025, 296 p. Édition numérique.

 

(Une définition du zeugme ? Par .)