L’oreille tendue de… François Hébert

François Hébert, Dans le noir du poème, 2007, couverture

«La question demeure : y a-t-il un lieu commun, un moyen de communication, un lien possible entre nous et les dieux (évidemment entendus au sens où ils existent), et qui ne se réduise pas soit à l’altérité radicale, soit à une familiarité poisseuse ? C’est assurément mettre bien haut la barre pour un modeste travail de critique littéraire et d’amicale lecture. Mais si le critique ou le lecteur ne tend pas l’oreille aussi bien que le poète, aussi loin que ce dernier dans les choses et les émotions, à quoi bon la poésie ? Et à plus forte raison, à quoi bon la critique…»

François Hébert, Dans le noir du poème. Les aléas de la transcendance, Montréal, Fides, coll. «Nouvelles études québécoises», hors série, 2007, 214 p., p. 140-141.

L’oreille tendue de… Paul Auster

Paul Auster, Baumgartner, 2024, couverture

«Une fois atteint le sommet des marches, Baumgartner continue à s’appuyer sur Ed tandis qu’il entre à cloche-pied dans le salon, où son protecteur l’aide à s’installer sur le canapé puis lui cale la tête avec deux coussins brodés. Il faudrait mettre de la glace sur ce genou, dit le jeune homme, et avant que Baumgartner ait pu lui dire que le compartiment à glaçons du réfrigérateur est cassé, Ed disparaît de la pièce. Baumgartner tend l’oreille, entend que le bac congélation s’ouvre et se ferme.»

Paul Auster, Baumgartner, Arles, Actes Sud, 2024, 208 p. Traduction d’Anne-Laure Tissut. Édition numérique.

L’oreille tendue de… François Hébert

François Hébert, Pour orienter les flèches, 2002, couverture

«Je tends l’oreille, comme un élastique. Au bout, des paysages m’apparaissent.
Chaque matin, je débarque sur la lune.»

François Hébert, Pour orienter les flèches. Notes sur la guerre, la langue et la forêt, Montréal, Trait d’union, coll. «Échappées», 2002, 221 p., p. 72.

L’oreille tendue de… Jean-François Nadeau

Lettres québécoises, 193, été 2024, couverture

«Dans l’éternité du temps contenu dans un instant de vie passé en forêt à tendre l’oreille, les êtres humains se nourrissent d’abord de mythe pour s’éviter de mourir du froid qui ronge leurs vies en toutes saisons.»

Jean-François Nadeau, «Le prisme de la chasse», Lettres québécoises, 193, été 2024, p. 100-101, p. 101.

L’oreille tendue de… Pierre Nepveu

Pierre Nepveu, Intérieurs du Nouveau Monde, 1998, couverture

«Les Amérindiens nourrissent de ce point de vue, même dans leur absence, le chant profond du continent : basse continue de l’anéantissement, présence fantomatique qui anime le moindre paysage et lui donne sa déchirante mélancolie. Parler des Amériques, c’est forcément, tôt ou tard, en venir à parler d’eux, mais aussi à eux, comme s’ils tendaient éternellement l’oreille à nos discours et nos chants, comme s’ils étaient le foyer auditif du Nouveau Monde.»

Pierre Nepveu, Intérieurs du Nouveau Monde. Essais sur les littératures du Québec et des Amériques, Montréal, Boréal, coll. «Papiers collés», 1998, 378 p., p. 210-211.