Feuille de route

Exercice pour écrivain québécois, débutant ou avancé.

1. Vous écrirez une œuvre qui contiendra moins de cinq noms de créateurs célèbres (écrivain, musicien, peintre, etc.).

2. On n’y trouvera aucun chat.

3. Le narrateur ne sera pas un enfant.

4. Presque toutes les phrases auront un verbe conjugué.

5. On n’y parlera ni d’inceste ni de suicide.

À vos plumes. Et bonne chance.

Accouplements 120

Collectif Devenir chercheur. Écrire une thèse en sciences sociales, 2013, couverture

(Accouplements : une rubriquel’Oreille tendue s’amuse à mettre en vis-à-vis deux œuvres, ou plus, d’horizons éloignés.)

Hunt, Lynn, «The Art of History. How Writing Leads to Thinking», Perspectives on History. The Newsmagazine of the American Historical Association, 1er février 2010.

«Most problems in writing come from the anxiety caused by the unconscious realization that what you write is you and has to be held out for others to see. You are naked and shivering out on that limb that seems likely to break off and bring you tumbling down into the ignominy of being accused of inadequate research, muddy unoriginal analysis, and clumsy writing. So you hide yourself behind jargon, opacity, circuitousness, the passive voice, and a seeming reluctance to get to the point. It is so much safer there in the foliage that blocks the reader’s comprehension, but in the end so unsatisfying. No one cares because they cannot figure out what you mean to say.»

Van Campenhoudt, Luc, «La communication orale. Partie intégrante du processus scientifique», dans Moritz Hunsmann et Sébastien Kapp (édit.), Devenir chercheur. Écrire une thèse en sciences sociales, Paris, Éditions de l’École des hautes études en sciences sociales, coll. «Cas de figure», 29, 2013, p. 217-228.

«La clarté et la cohérence rendent évidemment vulnérable à la critique car elles permettent aux interlocuteurs de saisir la signification des propos» (p. 225).

Supports d’écriture

Fer à repasser et tablette

L’Oreille tendue, pour dire du mal du style de quelqu’un, aime reprendre une expression d’un vieux professeur de son université : «écrit à bicyclette». Elle a déjà entendu, dans le même registre, «écrit à la truelle».

Jusqu’à la lecture d’une entrée de Contagions, le blogue de François-Ronan Dubois, elle ignorait l’existence d’«écrit au fer à repasser». Elle prend bonne note.

Écrivons avec Churchill

Portrait de Winston Churchill en 1941

 

Croisé ceci sur Twitter l’autre jour :

Lettre de Churchill, 9 août 1940

 

Transcription, gracieuseté de github :

9th August, 1940.

War cabinet.

Brevity.

Memorandum by the Prime Minister.

To do our work, we all have to read a mass of papers. Nearly all of them are far too long. This wastes time, while energy has to be spent in looking for the essential points.

I ask my colleagues and their staffs to see to it that their Reports are shorter.

(i) The aim should be Reports which set out the main points in a series of short, crisp paragraphs.

(ii) If a Report relies on detailed analysis of some complicated factors, or on statistics, these should be set out in an Appendix.

(iii) Often the occasion is best met by submitting not a full-dress Report, but an Aide-memoire consisting of headings only, which can be expanded orally if needed.

(iv) Let us have an end of such phrases as these : «It is also of importance to bear in mind the following considerations……», or «Consideration should be given to the possibility of carrying into effect…..». Most of there woolly phrases are mere padding, which can be left out altogether, or replaced by a single word. Let us not shrink from using the short expressive phrase, even if it is conversational.

Reports drawn up on the lines I propose may at first seem rough as compared with the flat surface of officialese jargon. But the saving in time will be great, while the discipline of setting out the real points concisely will prove an aid to clearer thinking.

W.S.C.

Tous ces conseils sont bons, particulièrement le quatrième.

Illustration : photo de Winston Churchill en 1941 par J. Russell & Sons, United States Library of Congress (cph.3b12010), déposée sur Wikimedia Commons

Dissonance cognitive du jour

Article «Féminisation des noms de métiers en français», Wikipédia, titreL’Oreille tendue lit un livre sur la littérature numérique.

L’ouvrage est savant. Dans les notes de bas de page, il y a des ressources imprimées et des ressources numériques. Parmi celles-ci, l’auteur n’hésite pas à inclure des articles de Wikipédia. Voilà quelqu’un qui reconnaît l’évolution des pratiques.

Ailleurs, cet auteur est à la traîne. C’est le cas quand il désigne une créatrice par l’expression «le même auteur». Pourquoi pas «la même auteure» ?

Comment concilier ces deux attitudes ?