Accouplements 140

Kevin Lambert, Querelle de Roberval, 2018, couverture

(Accouplements : une rubriquel’Oreille tendue s’amuse à mettre en vis-à-vis deux œuvres, ou plus, d’horizons éloignés.)

Petite, l’Oreille tendue a séjourné en Wallonie. Entre autres choses, elle en a rapporté une phrase fort utile pour elle (à l’époque) : «Wice qui l’brèsseû passe, li boldjî n’passe nin» (Où le brasseur passe, le boulanger ne passe pas).

Le narrateur de Querelle de Roberval (2018), de Kevin Lambert, ne pense pas autrement : «Judith, Bernard et une couple d’autres se sont aussi pris des bières; une 50, c’est aussi nourrissant qu’une tranche de pain» (p. 49).

Référence

Lambert, Kevin, Querelle de Roberval. Fiction syndicale, Montréal, Héliotrope, 2018, 277 p.

Accouplements 139

(Accouplements : une rubriquel’Oreille tendue s’amuse à mettre en vis-à-vis deux œuvres, ou plus, d’horizons éloignés.)

Candea, Maria et Laélia Véron, Le français est à nous ! Petit manuel d’émancipation linguistique, Paris, La Découverte, coll. «Cahiers libres», 2019, 238 p.

«Il est illusoire de vouloir protéger la langue à tout prix : ce n’est pas une espèce menacée qu’on peut mettre dans un zoo, à l’écart, pour la regarder de loin ! La langue ne peut pas être déposée quelque part pour y être protégée; ce n’est pas un objet du monde, ce n’est pas un organisme vivant et ce n’est pas un simple outil» (p. 16).

Belleau, André, «Langue et nationalisme», Liberté, 146 (25, 2), avril 1983, p. 2-9; repris sous le titre «Pour un unilinguisme antinationaliste» dans Y a-t-il un intellectuel dans la salle ?, Montréal, Primeur, coll. «L’échiquier», 1984, p. 88-92; repris sous le titre «Pour un unilinguisme antinationaliste» dans Surprendre les voix, Montréal, Boréal, coll. «Papiers collés», 1986, p. 115-123; repris sous le titre «Langue et nationalisme» dans Francis Gingras (édit.), Miroir du français. Éléments pour une histoire culturelle de la langue française, Montréal, Presses de l’Université de Montréal, coll. «Espace littéraire», 2014 (3e édition), p. 425-429; repris sous le titre «Pour un unilinguisme antinationaliste» dans Surprendre les voix, Montréal, Boréal, coll. «Boréal compact», 286, 2016, p. 113-121. URL : <http://www.erudit.org/culture/liberte1026896/liberte1032296/30467ac.pdf>.

«J’estime […] qu’il faut renoncer au plus vite a? l’idéologie nationaliste de la conservation linguistique, qui consiste a? pleurnicher : vous savez, il faut comprendre, dans la situation ou? nous sommes, en Amérique du nord, le français doit être protégé, aide?, entoure? de barrières, etc. […] Je me demande qui sont les débiles profonds qui ont convaincu les hommes politiques québécois depuis quinze ans de tenir pareil langage. Pensez-vous que nos enfants vont accepter bien longtemps cette approche muséologique ?… Notre langue vit-elle dans une réserve comme certaines plantes ou certaines espèces animales menacées d’extinction ? Mieux vaut disparaître que vivre ainsi. Mieux vaut changer de langue et vivre en liberté? que survivre dans une sorte de “Parc national linguistique”» (éd. de 1983, p. 8).

Accouplements 138

Portrait de Robert B. Parker et de Michael Connelly

(Accouplements : une rubriquel’Oreille tendue s’amuse à mettre en vis-à-vis deux œuvres, ou plus, d’horizons éloignés.)

L’Oreille tendue a passé des centaines d’heures à lire les romans policiers de Robert B. Parker et de Michael Connelly. Pourquoi ? C’est qu’elle aime savoir.

Parker, Robert B., Chasing the Bear. A Young Spenser Novel, New York, Philomel Books. Penguin Young Readers Group, 2009. Édition numérique (Kindle).

«“Better to know than not know,” Susan said» (chapitre 5).

Connelly, Michael, Dark Sacred Night, New York et Boston, New York et Boston, 2019 (2018), 473 p. Ill.

«And it’s better knowing than not knowing, Mike» (p. 357).

Accouplements 136

(Accouplements : une rubriquel’Oreille tendue s’amuse à mettre en vis-à-vis deux œuvres, ou plus, d’horizons éloignés.)

Dans le plus récent numéro du magazine Lettres québécoises (174, été 2019, p. 67), Samuel Mercier rend compte, sous le titre «Un vieux con sympathique», d’un recueil d’entretiens de l’historien Denis Vaugeois avec le professeur Stéphane Savard. À certains moments, le critique marque son exaspération : «tous ces éléments nous donneraient parfois envie de mettre un coup de mailloche au vieux siffleux, ou du moins de lui dire de dégager enfin qu’on respire dans cette triste province dont le récit historique ressemble trop souvent à une tablée de la Société Saint-Jean-Baptiste».

Le jour où l’Oreille tendue lisait ce compte rendu, elle voyait tomber ceci dans son fil Twitter :

 

 

La mailloche des uns est le maillet des autres.

Accouplements 135, dits Accouplements de la Fête nationale

Char allégorique, Fête de la Saint-Jean-Baptiste

(Accouplements : une rubriquel’Oreille tendue s’amuse à mettre en vis-à-vis deux œuvres, ou plus, d’horizons éloignés.)

D’abord ce tweet, le 19 juin :

 

Puis cette déclaration de l’écrivain Patrice Lessard dans le Devoir des 22-23 juin 2019 :

«Je suis, oui, très critique vis-à-vis du Québec. Autant je suis convaincu que le Québec devrait être un pays, autant je ne trouve rien de vraiment éblouissant ici. La fierté d’être né quelque part, je ne comprends pas ça, mais je suis absolument convaincu que si je vivais n’importe où dans le monde, je te dirais la même affaire», confie-t-il en entrevue.

Cela rejoint assez bien le sentiment de l’Oreille tendue sur cette question.