Les bonnes manières se perdent

Simenon, Maigret chez le coroner, éd. originale de 1949, couverture

Dans Maigret chez le coroner (1949), Simenon envoie son personnage fétiche se balader aux États-Unis, histoire de le frotter à une société et à des procédures qu’il ne comprend pas.

Assis dans l’avion qui l’emmène de l’Arizona à la Californie, à la toute fin du roman, le commissaire écrit une lettre à sa femme, restée rue Richard-Lenoir, à Paris.

Comment s’adresse-t-il à elle ? «Ma chère Madame Maigret» (éd. de 2001, p. 189).

Ça, c’est du respect.

P.-S.—Cela étant, il la tutoie; ça fait désordre.

 

Référence

Simenon, Maigret chez le coroner, Paris, Presses de la cité, coll. «Le livre de poche», 14236, 188 p. Ill. Édition originale : 1949.

Le zeugme du dimanche matin et de Simenon

Simenon, le Passager clandestin, éd. de 1947, couverture

«Il jonglait avec les verres, avec la bouteille, avec les rayons du soleil, avec Owen, avec l’admiration des deux femmes et du petit cochon, qu’il s’amusait à repousser du pied pour le faire grogner.»

Georges Simenon, le Passager clandestin, dans Tout Simenon 2, Paris et Montréal, Presses de la Cité et Libre expression, coll. «Omnibus», 1988, p. 123-240, p. 229. Édition originale : 1947.

 

(Une définition du zeugme ? Par .)

Les zeugmes du dimanche matin et de Caroline Lamarche

Caroline Lamarche, le Jour du chien, éd. 2025, couverture

«Et je vois que l’envers est creusé d’une strie, qu’il y a là une imperfection — une blessure — qui attire la poussière et le regard, et donne envie de s’introduire au cœur même du caillou, là où la poussière ne le regard ne peuvent pénétrer» (p. 31).

«Le soir même, me grisant de liberté et d’air pluvieux, puis tous les jours» (p. 73).

Caroline Lamarche, le Jour du chien, Paris, Éditions de Minuit, coll. «Double», 146, 2025, 102 p. Édition originale : 1996. Nouvelle édition revue et corrigée par l’autrice.

 

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Les zeugmes du dimanche matin et de Simenon

Georges Simenon, Malempin, 1940, couverture

«J’étais gavé. Gavé de nourriture, de boissons, de chaleur, de bien-être et de rêves. Jamais, depuis, il ne m’a été donné de me soûler aussi complètement de vie confuse» (p. 262).

«Il y a longtemps que je n’ai pas mangé du soleil et de la vie comme je le fais le long de ce trottoir, de cette palissade où éclatent des affiches multicolores et j’ai de la peine à prendre mon frère au sérieux» (p. 318).

Georges Simenon, Malempin. Roman, dans Pedigree et autres romans, Paris, Gallimard, coll. «Bibliothèque de la Pléiade», 553, 2009, p. 223-328 et 1526-1539. Édition originale : 1940. Édition établie par Jacques Dubois et Benoît Denis.

 

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Le zeugme du dimanche matin et de Simenon

Illustration de Madrazo pour Touriste de bananes

«— …Il est complètement abruti… avait dit l’avocat.
Donadieu était persuadé que ce n’était pas vrai. Il essayait de comprendre, de se mettre à la place de Lagre, qui était là, isolé de tous les autres, du reste du monde, moins encore par une barrière que par l’incompréhension.»

Simenon, Touriste de bananes ou Les dimanches de Tahiti, dans Tout Simenon 21, Paris et Montréal, Presses de la Cité et Libre expression, coll. «Omnibus», 1992, p. 273-381, p. 356. Édition originale : 1938.

 

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