L’oreille tendue de… Yves Laroche

Nouaison. Revue littéraire, volume 3, 2001, couverture

«Qu’il ait été entendu comme une recommandation (il faut tendre l’oreille) ou une constatation (l’oreille est tendre), le thème du dossier d’essais sur la poésie de la troisième Nouaison aura permis de creuser le rapport entre la poésie et la musique, le rythme, le silence, l’écoute, la parole, le roman, dans des lieux aussi divers que l’école, les musées, les sanctuaires, le lit, les pays étrangers, le surréalisme, les œuvres des Anciens, de Montaigne, Victor Hugo, Léopold Sédar Senghor, Jacques Brault et Clarisse Tremblay. Tous les essayistes de Nouaison nous invitent à tendre l’oreille et à capter les échos du monde afin d’en avoir une meilleure compréhension.»

Yves Laroche, pour le comité de rédaction, «Tendre l’oreille», Nouaison. Revue littéraire, 3, 2001, p. 9-10, p. 9. Revue publiée par les éditions Le griffon d’argile.

L’oreille tendue de… Karin Smirnoff

Karin Smirnoff, Millénium 7. La fille dans les serres de l’aigle, 2023, couverture

«La porte du coffre émet un cliquetis. Svala reste immobile et tend l’oreille. La maison est toujours silencieuse. Tant pis si quelqu’un arrive. Après tout, elle n’est qu’une gamine de treize ans en pleine effraction. Au pire on l’enverra quelque part, ailleurs. Ce qui ne serait pas forcément une mauvaise chose.»

«Elle est sur le point de sortir de la pièce lorsqu’elle entend un bruit. Elle s’arrête et tend l’oreille. Merde. Ce sont des pas qui montent. Elle rebrousse chemin, retourne au plus vite à la ménagerie, referme la porte de la penderie, se glisse derrière les costumes et halète contre la manche d’une veste le temps que son pouls s’apaise.»

«Elle se cache derrière un tronc d’arbre et s’octroie quelques secondes pour souffler. Tend l’oreille, à l’affût de bruits de pas, mais la forêt est silencieuse.»

«Une porte claque. Puis une autre. Lukas s’agite dans son sommeil. Mikael tend l’oreille. Quand il n’y a plus un bruit dans la maison, il recouvre le petit et descend. Salo est assis seul en bout de table, tel un roi délaissé.»

«Lisbeth prend appui et force de tout son poids. Soudain, la porte cède dans un fracas qui se propage dans toute la zone. Elle se glisse rapidement à l’intérieur et referme derrière elle. Reste immobile et tend l’oreille.»

Karin Smirnoff, Millénium 7. La fille dans les serres de l’aigle, Arles, Actes Sud, coll. «Actes noirs», 2023, 432 p. Traduction de Hege Roel Rousson. Édition numérique.