Les paris sont ouverts

Le premier ministre Jean Charest présentait hier, à l’Assemblée nationale, le discours inaugural de la 2e session de la 39e législature du Québec. On peut en retenir au moins deux choses.

Le gouvernement a un ambitieux «Plan nord» : «Ce Plan, qui sera réalisé en partenariat avec les Premières Nations et les Inuits, entraînera des investissements de milliards de dollars et la création de dizaines de milliers d’emplois.»

Le même gouvernement souhaite par ailleurs réintroduire le vouvoiement dans les écoles.

Si elle avait à parier, l’Oreille tendue, à regret et malgré son cynisme envers les annonces gouvernementales en matière d’économie, miserait tout sur le «Plan nord».

P.-S.—Merci à @Ant_Robitaille pour son compte rendu, sur Twitter et en temps réel, du discours du premier ministre.

Mgr A. Camirand, le Tutoiement des parents par les enfants, 1944, couverture

Tutoiement d’outre-tombe

Voltaire, buste

Quand on leur parle de tables tournantes, les sceptiques soulèvent nombre de questions.

Ils s’interrogent sur le matériel utilisé. Telle table est-elle inhabituellement inclinée ? Peut-on découvrir quelque chose qui n’est pas à sa place autour de telle autre, ce qui expliquerait qu’elle bouge ?

Ces sceptiques ne manquent pas non plus de signaler que l’attitude psychologique des participants aux séances de spiritisme joue un rôle dans ce qu’ils croient voir ou entendre.

S’agissant d’une nouvelle série à la télévision québécoise, le quotidien le Devoir, dans son édition du 4 décembre (p. E4), indique une autre question à se poser : comment s’adresse-t-on aux fantômes qui parlent par l’intermédiaire des tables ? Il semble en effet que, dans la série Rencontres paranormales de Chantal Lacroix, on s’adresse aux esprits à la deuxième personne du singulier.

Voilà une typtologie bien de chez nous.

P.-S.—Titre de l’article ? «Esotérisme expérimental. TVA glorifie l’infâme avec Rencontres paranormales. Au secours, Voltaire !»

Merci

Les occasions de se réjouir linguistiquement ne sont pas aussi fréquentes qu’on le souhaiterait. En voici une; saisissons-la.

Montréal, juillet 2010, mise en garde

Pas Sois prudent, ce qui n’aurait étonné personne au Québec. Pas Soyez prudents, ce qui aurait eu valeur collective. Pas Soyez prudent(e)s, ce qui aurait été politiquement correct. Soyez prudent : c’est bien à une personne qu’on s’adresse, à vous — «Ô Passant, soyez prudent.»

Ce vouvoiement singulier ravit l’Oreille tendue.

Voyage dans le temps

L’Oreille tendue est entrée, il y a un certain temps déjà, dans son second demi-siècle. L’autre jour, un garçon à peine dans son premier quart de siècle retient la porte de l’ascenseur et lui crie «T’embarques-tu ?». Ça aurait pu la rajeunir. Ça ne l’a pas fait.

Hésitation pronominale

Il entre dans un bar pour la première fois, regarde la serveuse, en tombe amoureux. Il ne sait comment l’interpeller. Il lui dit : «Je vous aime.» Elle lui répond : «Tu peux me dire tu», puis se détourne de lui et va servir un autre client.