L’oreille tendue de… Laurence Dauphinais

Aalaapi, 2019, couverture

«Je vous remercie de prendre le temps à votre tour de vous pencher sur ces voix trop peu entendues dans l’étendue de leur complexité. Et je vous invite à ne jamais vous lasser de tendre l’oreille. Ce projet m’aura appris que c’est en écoutant les autres que l’on apprend à vivre autrement» (Laurence Dauphinais, p. 11).

Le collectif Aalaapi, Aalaapi. Faire silence pour entendre quelque chose de beau, Montréal, Atelier 10, coll. «Pièces», 21, 2019, 103 p. Ill. Précédé d’un «Mot de la metteuse en scène», Laurence Dauphinais. Suivi de «Contrepoint. Un désir de voix», par Marie-Laurence Rancourt. D’après une idée originale de Laurence Dauphinais et Marie-Laurence Rancourt.

Les quinze nouveaux mots du vendredi matin

Il y en a en français.

Une situation politique explosive ? De la nitro-politique.

Partager une moto ? Du comoturage.

Conseiller des vins ? S’imposer comme vinfluenceur.

Consommer activement ? Être un consommacteur.

De la musique qui stresse ? Une pulsion électroppressante.

Souvent faire la grève ? Participer à la gréviculture.

Rendre plus agile (en langue managériale) ? Agiliser.

Du fromage, mais végétal(ien) ? Du vromage.

Après l’interdisciplinarité, la transdisciplinarité et la multidisciplinarité ? La paradisciplinarité.

Des minoritaires qui s’imposent ? Des manoritaires.

Être outré par profession ? Pratiquer l’outrisme.

Il y en a en anglais.

La renaissance du gin ? La ginaissance.

Un promoteur de la culture du bain ? Un bathfluencer.

Drôle et mauvais à la fois ? Hilaribad.

Un mot qui peut être son propre antonyme ? Un contranym.

P.-S.—Certains de ces mots sont plus récents que d’autres. C’est comme ça.

Autopromotion 473

Galerie du Palais de justice, Paris, gravure de Noël Le Mire, d’après Hubert François Gravelot, 1774 (?),

La 402e livraison de XVIIIe siècle, la bibliographie de l’Oreille tendue, est servie.

La bibliographie existe depuis le 16 mai 1992. Elle compte 46 701 titres.

Illustration : Galerie du Palais de justice, Paris, gravure de Noël Le Mire, d’après Hubert François Gravelot, 1774 (?), Rijksmuseum, Amsterdam

Feu d’artifice (presque) précoïtal

Mme de Villeneuve, la Belle et la Bête, éd. de 2010, couverture

«La Bête la remercia laconiquement, après quoi, voulant prendre congé d’elle, elle lui demanda à son ordinaire, si elle voulait qu’elle couchât avec elle. La Belle fut quelque temps sans répondre, mais prenant enfin son parti, elle lui dit en tremblant : “Oui, la Bête, je le veux bien, pourvu que vous me donniez votre foi, et que vous receviez la mienne. — Je vous la donne, reprit la Bête, et vous promets de n’avoir jamais d’autre épouse… — Et moi, répliqua la Belle, je vous reçois pour mon époux, et vous jure un amour tendre et fidèle.”

À peine eut-elle prononcé ces mots, qu’une décharge d’artillerie se fit entendre; et pour qu’elle ne doutât pas que ce ne fût en signe de réjouissance, elle vit de ses fenêtres l’air tout en feu par l’illumination de plus de vingt mille fusées, qui se renouvelèrent pendant trois heures. Elles formaient des lacs d’amour : des cartouches galants représentaient les chiffres de la Belle, et on lisait en lettres bien marquées, VIVE LA BELLE ET SON ÉPOUX. Ce charmant spectacle ayant suffisamment duré, la Bête témoigna à sa nouvelle épouse qu’il était temps de se mettre au lit.»

Madame de Villeneuve, la Belle et la Bête, texte de 1740, édition établie et présentée par Martine Reid, Paris, Gallimard, coll. «Folio 2 €», série «Femmes de lettres», 5068, 2010, 141 p., p. 86-87.

Citons François Blais

Lettres québécoises, 176, hiver 2019, couverture

Si elle en croit son logiciel de blogue (WordPress) — et elle le croit —, l’Oreille tendue a parlé ici une trentaine de fois de l’écrivain François Blais.

Elle a donc été intéressée par le dossier que vient de lui consacrer la revue Lettres québécoises (176, hiver 2019).

Elle en retient deux citations :

«Le livre qui fait partie intégrante de l’écrivain que je suis ? The Life and Opinions of Tristram Shandy, Gentleman, de Laurence Sterne» (p. 18).

«Par contre, je suis fier de dire que je n’ai jamais eu de période Bukowski. Je n’ai même jamais été capable de terminer un livre de Bukowski» (p. 21).

Comment ne pas être d’accord ?