L’oreille tendue de… Simenon

Georges Simenon, Maigret et le tueur, 1969, couverture

«Lucas et Lapointe tendirent l’oreille, bien entendu, dès que commença l’enregistrement pris au Café des Amis

Georges Simenon, Maigret et le tueur (1969), dans Tout Maigret. 9, préfaces de Jean-Luc Bannalec, notes de Michel Carly, Paris, Omnibus, 2019, p. 319-476, p. 361.

Pauvre lui

Éric Chevillard, Démolir Nisard, 2006, couverture

Ce matin, l’Oreille tendue donnera la deuxième séance de son cours Questions d’histoire de la littérature à l’Université de Montréal.

Elle citera Désiré Nisard.

Et elle citera Éric Chevillard :

Mais comment sais-tu tout cela ? me demande Métilde. Il suffit pourtant de lire quelques lignes de ce sinistre cagot pour ne plus rien ignorer de lui et deviner d’où il vient, de quel œuf pourri, de quelle enfance contrariée il est issu. Mais, certainement, Métilde a mieux à faire que d’envoyer un bibliothécaire extraire dans les arrière-fonds poussiéreux de la réserve les quatre tomes, scellés par l’humidité et l’indifférence séculaire du lectorat, de l’Histoire de la littérature française de Nisard et laisser se faner dans ces pages quelques heures de sa jeunesse, de sa beauté fascinante. Comme je souffrirais de savoir Métilde enlisée jusqu’à mi-corps dans ce marécage ! Métilde prisonnière de la boue grise de ces volumes et Nisard tout au fond rampant comme un visqueux reptile, s’enroulant autour de ses chevilles, Nisard tapi au creux de son œuvre idéalement vide, triste construction de pâte à papier, et guettant la proie juvénile, après des décennies de solitude amère à peine troublées par la visite oblique de quelque universitaire pressé en quête d’une référence pour une note en bas de page, Nisard vautré dans sa fange avisant soudain le pied rose de Métilde, y ventousant ses lèvres flasques, Nisard dont j’ai toujours soupçonné la secrète abjection, incapable cette fois de cacher son jeu et de se dominer après une si longue abstinence, et se jetant sur elle en crachotant, l’œil fou, l’air hagard (p. 11).

 

Référence

Chevillard, Éric, Démolir Nisard, Paris, Éditions de Minuit, 2006, 172 p.

Autopromotion 479 (en quelque sorte)

Alphabet dactylologique de l’abbé de L’Épée

L’Oreille tendue professe et encadre à l’Université de Montréal.

Ce vendredi, le 17, à 16 h 30 et à Paris, une de ses étudiantes soutiendra sa thèse de doctorat.

Amann, Flora, «Sourds et muets entre savoir et fiction au tournant des Lumières», Montréal et Paris, Université de Montréal et Sorbonne-Université, thèse de doctorat en cotutelle, décembre 2019, 395 p. Directeurs : Michel Delon (Sorbonne-Université) et Benoît Melançon (Université de Montréal).

Jury :

Joël Castonguay-Bélanger (University of British Columbia), président du jury

Michel Delon (Sorbonne-Université), codirecteur

Stéphanie Genand (Université de Dijon), membre du jury

Benoît Melançon (Université de Montréal), codirecteur

Lieu :

Sorbonne-Université
Maison de la recherche
28, rue Serpente, salle D323
Paris 75006

Illustration : Alphabet dactylologique de l’abbé de L’Épée

Le zeugme du dimanche matin et de Courtilz de Sandras

Courtilz de Sandras, Mémoires de M. le marquis de Montbrun, éd. de 2004, couverture

«faites-lui votre cour, jouez avec lui, gagnez sa confiance, et son argent si vous pouvez, et enfin portez-le à s’en revenir ici»

Courtilz de Sandras, Mémoires de M. le marquis de Montbrun, texte de 1701, texte établi, annoté et indexé par Érik Leborgne, préface de René Démoris, Paris, Desjonquères, coll. «XVIIIe siècle», 2004, 250 p., p. 206.