Le zeugme du dimanche matin et de Marie-Ève Milot et Marie-Claude St-Laurent

Marie-Ève Milot et Marie-Claude St-Laurent, Chienne(s), 2020, couverture

«Sortez vos crayons, vos papiers, vos jugements.»

Marie-Ève Milot et Marie-Claude St-Laurent, Chienne(s), suivi de «Contrepoint. Cachez ce cerveau que je ne saurais voir» par Catherine Lord, Montréal, Atelier 10, coll. «Pièces», 25, 2020, 155 p., p. 25.

L’oreille tendue de… Ingeborg Bachmann

Ingeborg Bachmann, Malina, 2008, couverture

«Cette musique, je l’ai souvent réentendue dans des improvisations ou des variations, mais jamais juste comme cette fois-là; un jour, par bribes dans une chambre voisine lors d’une discussion à plusieurs voix sur l’effondrement de la monarchie et l’avenir du socialisme, quelqu’un s’était mis à crier parce qu’on avait attaqué l’existentialisme ou le structuralisme, et j’ai tendu l’oreille pour capter une dernière mesure de cette musique déjà noyée dans les vociférations; j’étais privée de moi-même, moi qui ne voulais entendre qu’elle.»

Ingeborg Bachmann, Malina, traduction de Philippe Jaccottet et Claire de Oliveira, Paris, Seuil, 2008, 288 p., p. 18-19.

Parlons pseudonymes

Atlas littéraire du Québec, 2020, couverture

Selon l’Atlas littéraire du Québec, Élise B. Larivière (1847-1911) a utilisé (au moins) deux pseudonymes durant sa carrière poétique : Zouavella et Lise du Saint-Laurent (2020, p. 49).

Si jamais l’Oreille tendue laissait tomber son pseudonyme habituel (Benoît Melançon), elle choisirait volontiers Zouavella pour le remplacer.

Restez à l’écoute.

P.-S.—Oui, l’Oreille a collaboré à cet ouvrage collectif.

 

Référence

Hébert, Pierre, Bernard Andrès et Alex Gagnon (édit.), Atlas littéraire du Québec, Montréal, Fides, 2020, xvii/496 p. Ill.

L’art d’être ambidextre

«Fabien Cloutier aime frapper des deux bords», le Devoir, 16-17 janvier 2021, manchette

Définition du Petit Robert du mot ambidextre : «Qui peut faire la même chose de la main droite ou de la main gauche, avec autant de facilité. Un champion de tennis ambidextre

Si le Robert choisit le tennis comme exemple, l’art de se servir de ses deux mains s’applique également à d’autres sports, par exemple au baseball.

Au Québec, dans le registre soutenu, on parle donc de frappeur ambidextre pour désigner celui qui peut s’élancer des deux côtés du marbre. Dans le registre familier, on peut dire frapper des deux bords.

Le Devoir avait sûrement cette expression à l’esprit en publiant une entrevue de Fabien Cloutier la fin de semaine dernière.

Joli.

P.-S.—En effet, nous avons déjà croisé, chez Jean-Philippe Toussaint, «un chef d’orchestre accablé, dyslexique et ambidextre».