Le zeugme du dimanche matin et d’Éric Chevillard

Éric Chevillard, Défense de Prosper Brouillon, 2017, couverture«Les mots qu’il utilise nous sont si familiers qu’ils n’ont pas leur place dans le dictionnaire où sont imprimés ceux que l’on ne connaît pas et qui ne servent à rien, sinon à enténébrer les livres de ces auteurs hypocrites qui se font de leur insuccès une gloire (et un ulcère).»

Éric Chevillard, Défense de Prosper Brouillon, illustrations de Jean-François Martin, Paris, Éditions Noir sur blanc, coll. «Notabilia», 2017, 101 p., p. 17.

L’oreille tendue de… Yves Berger

Yves Berger, la Pierre et le saguaro, 1990, couverture«Désormais devenue l’Amérique de tout le monde, New York, banalisée, est la ville-terminus où s’accomplissent, puis se racornissent, les rêves courts de l’Européen (pareille misère affecte, avec San Francisco, l’Asiate, presque toujours japonais). Alors, aujourd’hui plus que jamais, go West, go South, chasseur de grandes merveilles (cette phrase est née en moi du souvenir de l’expression “chasseur de grands fauves” — et il faut bien admettre que la merveille, en Amérique, s’offre avec plus d’éclat, plus de force, voire d’imprévu, dans une surprise qui pour avoir été de longtemps attendue et observée n’en est pas moins absolue, à celui qui l’approche cœur battant et, circonspect, s’essaie à la sentir, le corps immobilisé et l’oreille tendue, s’en éloigne, s’en rapproche, la contourne, l’évente peut-être et, tout à coup, du canon double de son regard, tire) ! Chasseur de grandes merveilles — la merveille est qu’elles sont toujours en l’air ou, à terre, debout. Vivantes de l’éternité qui les parcourt, comme d’un sang.»

Yves Berger, la Pierre et le saguaro, Paris, Grasset, 1990, 149 p., p. 11-12.

Néologismes en -ing du vendredi

La création, en français, de néologismes se terminant en -ing n’est pas nouvelle, mais on peut se demander si elle n’est pas en train d’atteindre de nouveaux sommets de (insérez ici l’insulte qui vous convient).

L’Oreille tendue, qui a déjà écrit sur cette mode, parlait récemment du running. Elle a recueilli quelques autres exemples.

En contexte familial : le parenting.

En contexte culinaire : le souping.

En contexte de discussion genrée : le manterrupting.

En contexte sportif : le fowling et le cupping.

En contexte maritime : le whaling.

En contexte de propagande : l’astroturfing.

À votre service.

Autopromotion 350

«Maurice Richard rend la parole à un malade», la Presse, 13 avril 1957, p. 27

Olympiade hivernale oblige, les amis de C’est fou…, à la radio de Radio-Canada, causent sport ce soir. L’Oreille tendue se joindra à eux, pour essayer de distinguer héros, légende et mythe. C’est à partir de 19 h.

Il devrait notamment être question d’un miracle dû à… Maurice Richard («La thérapeutique sportive. Maurice Richard rend la parole à un malade», la Presse, 13 avril 1957, p. 27). Merci au lecteur qui a fait découvrir à l’Oreille les dons de thaumaturge du Rocket.

Cette intervention radiophonique reprendra sans aucun doute des analyses publiées dans les Yeux de Maurice Richard (2006).

 

[Complément]

On peut (ré)entendre l’entretien ici.

 

Référence

Melançon, Benoît, les Yeux de Maurice Richard. Une histoire culturelle, Montréal, Fides, 2006, 279 p. 18 illustrations en couleurs; 24 illustrations en noir et blanc. Nouvelle édition, revue et augmentée : Montréal, Fides, 2008, 312 p. 18 illustrations en couleurs; 24 illustrations en noir et blanc. Préface d’Antoine Del Busso. Traduction : The Rocket. A Cultural History of Maurice Richard, Vancouver, Toronto et Berkeley, Greystone Books, D&M Publishers Inc., 2009, 304 p. 26 illustrations en couleurs; 27 illustrations en noir et blanc. Traduction de Fred A. Reed. Préface de Roy MacGregor. Postface de Jean Béliveau. Édition de poche : Montréal, Fides, coll. «Biblio-Fides», 2012, 312 p. 42 illustrations en noir et blanc. Préface de Guylaine Girard.

Les Yeux de Maurice Richard, édition de 2012, couverture