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Quatre personnalités politiques avec le chandail des Canadiens

L’Oreille tendue a déjà eu l’occasion de montrer quelques pièces de sa collection (inutile) de chanteurs / musiciens portant le chandail des Canadiens de Montréal — c’est du hockey. Ils ne sont bien sûr pas les seuls.

C’est aussi le cas de l’ancienne mairesse de Lac-Mégantic, Colette Roy-Laroche, d’un premier ministre de Chine, Li Keqiang, et, cette semaine à Montréal, des Clinton, Bill et Hillary.

Les politiques aussi voient les avantages de revêtir la sainte flanelle.

Autopromotion 390

Karine Cellard et Vincent Lambert (édit.), Espaces critiques, 2018, couvertureUn collectif vient de paraître, auquel l’Oreille tendue a prêté sa plume (au sujet de Gilles Marcotte et de la critique cinématographique). Ci-dessous : référence et table des matières.

Cellard, Karine et Vincent Lambert (édit.), Espaces critiques. Écrire sur la littérature et les autres arts au Québec (1920-1960), Québec, Presses de l’Université Laval, 2018, 394 p. ISBN : 978-2-7637-3816-1.

Cellard, Karine et Vincent Lambert, «Introduction», p. 1-11.

Gill, Louis-Serge, «Écrire sur les lettres au Québec, 1920-1929 : les leçons de Maurice Hébert, Victor Barbeau et Jean-Charles Harvey», p. 15-33.

Huston, Lorne, «L’orthodoxie à l’épreuve du temps : la critique dramatique chez Samuel Morgan-Powell (1913-1953)», p. 35-49.

Guay, Hervé et Marie-Noëlle Lavertu, «Henri Letondal et la querelle des bons et des mauvais amateurs», p. 51-67.

Bouliane, Sandria P., «“Le jazz devant ses juges” : critique du jazz dans la presse montréalaise de l’entre-deux-guerres», p. 69-95.

Bernier, Stéphanie et Pierre Hébert, «La correspondance comme lieu de reconnaissance initiale : Louis Dantin et les écrivaines des années 1930», p. 96-119.

Cellard, Karine, «De l’individu à la personne : la transformation de la subjectivité critique, de la Crise à l’après-guerre», p. 121-149.

Saint-Jacques, Denis, «La critique littéraire au tournant des années 1940. Les œuvres au-devant de la critique», p. 153-164.

Guay, Élyse, «Réception critique de la littérature canadienne-française à l’étranger : Lettres françaises et le réseau transaméricain des revues francophones», p. 165-181.

Giguère, Andrée-Anne, «Les écrivains de La Relève à la rencontre de Georges Bernanos», p. 183-203.

Facal, Cécile, «Robert Élie, critique d’art : ouvrir la voie au réel», p. 205-223.

Dubois, Sophie, «Prisme d’yeux en regard de Refus global : essai de réception comparée», p. 225-237.

Livernois, Jonathan, «Le non-silence autour de trois essais philosophiques d’Hermas Bastien et de Jacques Lavigne (1935-1953)», p. 241-257.

Jubinville, Yves, «Claude Gauvreau, critique dramatique. À la recherche de l’authenticité», p. 259-271.

Warren, Jean-Philippe, «Maurice Blain : la critique comme langage de l’âme», p. 273-290.

Raby, Claudia, «L’humanisme révolté de Jeanne Lapointe», p. 291-310.

Melançon, Benoît, «Gilles Marcotte va aux vues», p. 311-323.

Lambert, Vincent, «La réanimation de l’âme collective : autour de quelques enquêtes du Devoir», p. 325-355.

Popovic, Pierre, «Les prémices de la sociocritique au Québec : Jean-Charles Falardeau et Gilles Marcotte», p. 357-371.

Lacroix, Michel, «Postface. Dérives du sujet : exploration de la parole critique dans les revues, 1930-1960», p. 373-386.

«Bibliographie générale sur la critique», p. 387-394.

Parlons rhétorique

Maison natale d’Elvis Presley, TupeloOn le sait peut-être : l’Oreille tendue collectionne les zeugmes.

Rappel de la définition de cette figure de style du Dictionnaire des termes littéraires (2001) :

Zeugme, zeugma (gr. lien) • Figure de construction qui consiste à faire dépendre d’un même mot deux termes disparates, qui entretiennent avec lui des rapports différents (dans la majorité des cas, il s’agit d’un verbe suivi de deux compléments d’objet). Le zeugme est souvent doué d’une intention humoristique. V. aussi syllepse. Ex. : «J’ai joué au tennis avec mon oncle et ma raquette» (B. Melançon); «Damoclès tira de sa poitrine un soupir et de sa redingote une enveloppe jaune et salie» (Gide) (p. 510).

Il existe en effet des cas — ce n’est pas «la majorité» — où — au lieu «d’un verbe suivi de deux compléments d’objet» — les sujets d’un verbe sont «deux termes disparates». En voici quelques-uns.

«Ces deux dames, en allant chercher leur voiture, avaient été entraînées par la foule, et séparées de leurs gens. Nous les recueillîmes, et comme il n’y avait pas moyen de faire le tour de la maison pour les faire entrer par la porte, on les hissa par la fenêtre, qui heureusement n’était pas haute; mais leur âge, leurs grands paniers et leur effroi, rendirent cet enlèvement fort difficile» (Mémoires de madame de Genlis, p. 189).

«Je serais devenu l’ignorant, et puis les jours, les rides, les petits vins auraient fait le reste» (Philippe Claudel, Meuse l’oubli, p. 23).

«Harry raccrocha et donna un tour de clé de contact tout en appelant Magnus Skarre de l’autre main. Skarre et le moteur répondirent presque simultanément» (Jo Nesbø, le Bonhomme de neige, p. 532).

«Les vannes et la rue avaient rapidement été fermées […]» (Charles Bolduc, les Truites à mains nues, p. 121).

«Le brut et le pessimisme hantent les marchés» (la Presse+, citée par @Christiane_MTL, 4 mai 2016).

«Quarante ans après son décès, un coffret vient rappeler les débuts du “garçon de Tupelo”, alors que peu à peu sa mémoire et ses fans s’éteignent» (le Devoir, 16 août 2017, p. B7).

Si peu d’heures, tant de procédés.

 

Illustration : la maison natale d’Elvis Presley à Tupelo, photographie disponible sur Wikimedia Commons

 

Références

Bolduc, Charles, les Truites à mains nues, Montréal, Leméac, 2012, 139 p.

Claudel, Philippe, Meuse l’oubli, Paris, Stock, 2006 (1999), 152 p.

Mémoires de madame de Genlis, édition présentée et annotée par Didier Masseau, Paris, Mercure de France, coll. «Le temps retrouvé», 2004, 390 p.

Nesbø, Jo, le Bonhomme de neige. Une enquête de l’inspecteur Harry Hole, traduction d’Alex Fouillet, Paris, Gallimard, coll. «Folio policier», 575, 2008 (2007), 583 p.

Van Gorp, Hendrik, Dirk Delabastita, Lieven D’hulst, Rita Ghesquiere, Rainier Grutman et Georges Legros, Dictionnaire des termes littéraires, Paris, Honoré Champion, coll. «Dictionnaires & références», 6, 2001, 533 p.

Ôtez-vous de là !

Panneau «Interdit de klaxonner»Le klaxon — dont on se souviendra qu’il s’agit d’une antonomase — existe évidemment dans le français du Québec. L’Oreille tendue — attention : aveu devant — aime assez se servir du sien.

Notons cependant trois choses.

Ce substantif rime, au Québec, avec Boston (prononcé -ton), et non pas avec Washington (prononcé -tonne) : clacson, donc, et non clacseunne (selon le Wiktionnaire) ou clacsonne (chez la Jeanne Cherhal de «Bingo», en 2014).

(Non : Boston ne rime pas, ici, avec Washington, mais c’est une autre histoire.)

Il peut avoir pour synonyme criard : «Le char louvoyait contre une lame de fond que le camion, le criard collé, venait de soulever en se tassant juste à temps» (la Bête creuse, p. 136).

À l’usine du père de Martine Sonnet, «On disait plutôt klaxon que sirène» (Atelier 62, p. 75).

Ce sera tout pour aujourd’hui.

Illustration disponible sur Wikimedia Commons

Références

Bernard, Christophe, la Bête creuse, Montréal, Le Quartanier, coll. «Polygraphe», 14, 2017, 716 p.

Sonnet, Martine, Atelier 62, Cognac, Le temps qu’il fait, coll. «Corps neuf», 1, 2009 (2008), 193 p. Ill.

Mises à jour du vendredi

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