Dans tous les sens

Au XVIIIe siècle, quelqu’un dont on ignore l’identité a composé un ensemble manuscrit de six volumes sous le titre Annecdotes littéraires. Ce curieux objet se trouve aujourd’hui à la Bibliothèque des livres rares et collections spéciales de l’Université de Montréal. (L’Oreille tendue a étudié ce recueil dans un article paru en 2003.)

Dans le quatrième volume (p. 707), on peut voir une «Épigramme à double sens» : si on lit cette épigramme en deux colonnes de haut en bas, elle prend le parti des catholiques; de gauche à droite, des protestants.

«Épigramme à double sens», 1760

C’est évidemment à elle que L’Oreille a pensé en voyant la photo suivante sur Twitter.

Message à double sens, Twitter, 24 août 2017Vous choisissez : «You don’t matter. Give up» (Tu ne comptes pas. Laisse tomber.); «You matter. Don’t give up» (Tu comptes. N’abandonne pas.).

 

Références

Anonyme, Annecdotes littéraires, manuscrit, 1760, 6 vol.

Melançon, Benoît, «Les Annecdotes littéraires : lecteurs anonymes, de 1760 à aujourd’hui», dans Jean M. Goulemot (édit.), Lecture, livres et lecteurs du XVIIIe siècle, Tours, Université de Tours, U.F.R. de Lettres, coll. «Cahiers d’histoire culturelle», 12, 2003, p. 19-40. Ill. URL : <http://www.mapageweb.umontreal.ca/melancon/docs/melancon_annecdotes_2003.pdf>; <http://hdl.handle.net/1866/14091>.

Accouplements 96

(Accouplements : une rubriquel’Oreille tendue s’amuse à mettre en vis-à-vis deux œuvres, ou plus, d’horizons éloignés.)

Sur Twitter, chez l’excellent @machinaecrire, le 14 juillet 2014 :

Dans la Presse+ du jour, chez Stéphane Laporte :

Stéphane Laporte, la Presse+, 18 août 2017

Les grands esprits se rencontrent.

Accouplements 94

Kory Stamper, Word by Word, 2017, couverture

(Accouplements : une rubriquel’Oreille tendue s’amuse à mettre en vis-à-vis deux œuvres, ou plus, d’horizons éloignés.)

Stamper, Kory, Word by Word. The Secret Life of Dictionaries, New York, Pantheon, 2017, xiii/296 p.

«The more I learned, the more I fell in love with this wild, vibrant whore of a language», l’anglais (p. 9).

Belleau, André, «Langue et nationalisme», Liberté, 146 (25, 2), avril 1983, p. 2-9; repris sous le titre «Pour un unilinguisme antinationaliste» dans Y a-t-il un intellectuel dans la salle ?, Montréal, Primeur, coll. «L’échiquier», 1984, p. 88-92; repris sous le titre «Pour un unilinguisme antinationaliste» dans Surprendre les voix, Montréal, Boréal, coll. «Papiers collés», 1986, p. 115-123; repris sous le titre «Langue et nationalisme», dans Francis Gingras (édit.), Miroir du français. Éléments pour une histoire culturelle de la langue française, Montréal, Presses de l’Université de Montréal, coll. «Espace littéraire», 2014 (3e édition), p. 425-429; repris sous le titre «Pour un unilinguisme antinationaliste» dans Surprendre les voix, Montréal, Boréal, coll. «Boréal compact», 286, 2016, p. 113-121. URL : <http://www.erudit.org/culture/liberte1026896/liberte1032296/30467ac.pdf>.

«Il n’y a pas si longtemps, le chroniqueur linguistique du Devoir affirmait sans rire que le français est apte aux sentiments élevés tandis que l’anglais convient particulièrement au négoce. Pour d’autres, le français est abstrait et l’anglais concret, ou le français semble plus musical… Sans compter les dévots qui font toujours la génuflexion devant “Sa Majesté la Langue française”. (La vérité, c’est que les langues sont des guidounes et non des reines.)» (éd. de 1986, p. 118)

Whore, guidoune : la rubrique «Accouplements» ne porte pas toujours aussi bien son nom.

Néologisphère

«Cériumosphère»Nous connaissions déjà la biblioblogosphère, la dieudosphère, la complosphère, la bobosphère et la réacosphère.

Souhaitons la bienvenue à la trumposphère (Stéphan Bureau, émission de radio Gravel le matin, 12 juin 2017), à la comicosphère (Liberté, 316, été 2017, p. 39), à la catosphère, à la fachosphère et à la conosphère, à la patriotosphère et, bien sûr, à la cériumosphère.

P.-S.—Vous préférez l’anglais ? La thoughtsphere est peut-être pour vous.

Accouplements 89

(Accouplements : une rubriquel’Oreille tendue s’amuse à mettre en vis-à-vis deux œuvres, ou plus, d’horizons éloignés.)

En français, il existe une langue propre au hockey; l’Oreille tendue, en 2014, a publié un livre pour décrire cette langue de puck. Celle-ci a évidemment son équivalent en anglais. Comment y désigne-t-on les dents perdues en pratiquant le hockey ? Par le mot Chiclets, indique Andrew Podnieks, image à l’appui (la prothèse de Bobby Hull), dans A Canadian Saturday Night (p. 28-29).

La prothèse dentaire de Bobby Hull

Un dentiste d’Edmonton, d’origine ukrainienne, Alex Pavlenko, a vu là une occasion d’affaires : il vous fera une couronne aux couleurs de son équipe, en l’occurrence les Oilers.

Une couronne aux couleurs des Oilers d'Edmonton Ça ne s’invente pas.

Références

Melançon, Benoît, Langue de puck. Abécédaire du hockey, Montréal, Del Busso éditeur, 2014, 125 p. Préface de Jean Dion. Illustrations de Julien Del Busso.

Podnieks, Andrew, A Canadian Saturday Night. Hockey and the Culture of a Country, Vancouver, Greystone Books, 2006, 135 p. Ill.

Langue de puck. Abécédaire du hockey (Del Busso éditeur, 2014), couverture