Le niveau baisse ! (1930)

«Notre langue est mise en péril par l’homme de la rue, par les gens du monde, par des ignorants de tout poil comme par des bacheliers qui ne savent plus écrire, par les journalistes, par les politiciens, par les amateurs de sport, par les ronds de cuir, par ceux qui expriment leurs pensées particulières comme par ceux qui notifient à la Nation les volontés de l’État. Les malfaiteurs sont à tous les étages. Contre les bourreaux, contre les tortionnaires, contre les massacreurs, j’ai voulu défendre la victime.»

Source : André Moufflet, «Avant-propos», dans Contre le massacre de la langue française, Toulouse et Paris, Privat et Didier, 1930, cité dans Maria Candea et Laélia Véron, Le français est à nous ! Petit manuel d’émancipation linguistique, Paris, La Découverte, coll. «Cahiers libres», 2019, 238 p., p. 74.

Pour en savoir plus sur cette question :

Melançon, Benoît, Le niveau baisse ! (et autres idées reçues sur la langue), Montréal, Del Busso éditeur, 2015, 118 p. Ill.

Benoît Melançon, Le niveau baisse !, 2015, couverture

Oui, parlez, svp

«Tu parles !», chronique sur France Inter, été 2019

«Dans les débats sur l’orthographe,
ce qu’on a perdu,
c’est surtout le sens des proportions.»

Arnaud Hoedt : comédien, ancien professeur de français. Jérôme Piron : comédien, médiateur culturel, ancien professeur de religion catholique. L’un et l’autre de Belgique. On les connaissait pour un livre et pour un «spectacle-conférence», la Convivialité. La faute de l’orthographe. Cet été, sur France Inter, ils ont donné dix-huit courtes capsules humoristicolinguistiques intitulées Tu parles ! Allez les (ré)écouter ici. Vous en ressortirez instruits, particulièrement en matière d’histoire et de politique de la langue.

Des exemples ?

L’émission «Lisez les linguistes» commence par une «déclaration d’amour à Jean-Marie Klinkenberg», leur ancien professeur, et particulièrement à son ouvrage la Langue dans la Cité. Ce n’est pas l’Oreille tendue qui va contester ce choix (voyez ).

Certains trouvent que des mots — autrice, par exemple — sont plus «esthétiques» que d’autres. Non. (Émission «C’est une langue belle».)

Le niveau baisse ? Pas plus, comme il est expliqué dans «Fonds de commerce décliniste». (C’est un des dadas de l’Oreille.)

«Sommes-nous envahis par les anglicismes ?» Que nenni.

Certains titres disent tout : «L’Académie française, c’est du flan.»

Spécialistes de l’accord du participe passé, ils en chantent le «Requiem».

À verser dans toutes les oreilles.

Ou à voir sur YouTube :

 

 

Références

Hoedt, Arnaud et Jérôme Piron, la Convivialité. La faute de l’orthographe, Paris, Éditions Textuel, 2017, 143 p. Préface de Philippe Blanchet. Illustrations de Kevin Matagne.

Klinkenberg, Jean-Marie, la Langue dans la Cité. Vivre et penser l’équité culturelle, Bruxelles, Les Impressions nouvelles, 2015, 313 p. Préface de Bernard Cerquiglini.

Melançon, Benoît, Le niveau baisse ! (et autres idées reçues sur la langue), Montréal, Del Busso éditeur, 2015, 118 p. Ill.

Le niveau baisse ! (1725)

«From the Civil War to this present Time, I am apt to doubt whether the Corruptions in our Language have not at least equalled the Refinements of it… most of the Books we see now a-days, are full of those Manglings and Abbreviations. Instances of this Abuse are innumerable : What does Your Lordship think of the Words, Drudg’d, Disturb’d, Rebuk’t, Fledg’d, and a thousand others, every where to be met in Prose as well as Verse ?» (lettre de Jonathan Swift à Robert, Earl of Oxford, 1725).

Source : David Shariatmadari, «Why It’s Time to Stop Worrying About the Decline of the English Language», The Guardian, 15 août 2019.

Pour en savoir plus sur cette question :

Melançon, Benoît, Le niveau baisse ! (et autres idées reçues sur la langue), Montréal, Del Busso éditeur, 2015, 118 p. Ill.

Benoît Melançon, Le niveau baisse !, 2015, couverture

Le niveau baisse ! (2018)

«Notre langue est en décadence», déclare Jean-Marie Rouart au quotidien Libération (édition du 4 septembre 2018). La preuve ? Des Belges veulent simplifier l’accord du participe passé avec l’auxiliaire avoir.

Pour en savoir plus sur cette question :

Melançon, Benoît, Le niveau baisse ! (et autres idées reçues sur la langue), Montréal, Del Busso éditeur, 2015, 118 p. Ill.

Benoît Melançon, Le niveau baisse !, 2015, couverture

L’oreille (dure) de Philippe Delerm

Philippe Delerm, Et vous avez eu beau temps ?, 2018, couverture

Pages 133-135 de Et vous avez eu beau temps ? La perfidie ordinaire des petites phrases de Philippe Delerm (2018) : chapitre «Ils n’articulent plus, maintenant !»

Que cache cette «petite phrase», s’agissant de ceux qu’on imagine être «les jeunes» ? «Ils n’articulent plus, leur diction est ambiguë, traduit un manque de consistance et de rigueur. Ils ne sont pas assez forts, pas assez nets. Ils ont été élevés dans du coton — par qui ? —, ne connaissent pas grand-chose aux difficultés de l’existence» (p. 133).

Comment y réagir ? «Si cela était vrai, ce serait oublier que, dès l’Antiquité, des contempteurs ont décrété : “Le niveau baisse !” Et si, depuis, le niveau n’avait cessé de fléchir, nous en serions au six centième sous-sol. Allons, il n’est pas si honteux de se l’avouer, cela semble encore plus vrai que tout le reste, et ne vaut pas que pour maintenant : avec le temps, on devient dur d’oreille !» (p. 134-135)

Source : Delerm, Philippe, Et vous avez eu beau temps ? La perfidie ordinaire des petites phrases, Paris, Éditions du Seuil, 2018, 176 p.

Pour en savoir plus sur cette question :

Melançon, Benoît, Le niveau baisse ! (et autres idées reçues sur la langue), Montréal, Del Busso éditeur, 2015, 118 p. Ill.

Benoît Melançon, Le niveau baisse !, 2015, couverture