L’oreille tendue de… Tucker Coe

Tucker Coe, Chauffé à blanc, 1968, couverture

«L’appareil n’est pas enfermé dans une cabine mais simplement fixé au mur. Je lui tends une pièce de dix cents, elle forme le numéro, me passe le récepteur, puis se retire derrière la caisse enregistreuse, d’où elle peut entendre la part de conversation, sans tendre l’oreille trop ostensiblement.»

Tucker Coe, Chauffé à blanc, traduction de M. Elfvik, Paris, Gallimard, coll. «Série noire», 1176, 1968, 250 p., p. 164-165.

Alternative professionnelle de l’Oreille tendue

Tucker Coe, le Poster menteur, éd. de 1986, couverture

«Ramsey et Crane formaient un contraste comique dont ils semblaient l’un et l’autre inconscients; l’un était le professeur d’université traditionnel, pédant, irritable et impatient vis-à-vis des étrangers à sa spécialité, l’autre appartenait à la nouvelle race des universitaires engagés, s’efforçant par tous les moyens de rester en contact avec ses étudiants» (p. 50).

«Le responsable était un jeune homme dont l’aspect rappelait assez curieusement à la fois Crane et Ramsey. Il était vêtu dans le style de Crane et utilisait les mêmes tournures argotiques, mais il avait quelque chose de pédant, de tatillon et d’impatient dans son comportement, tout à fait dans la manière de Ramsey» (p. 99).

«La position de Tynebourne était à la fois triste et drôle. Ses instincts naturels le portaient à adopter l’attitude de Ramsey : le public pouvait aller se faire voir. Cependant, ses convictions acquises le poussaient en faveur de l’égalitarisme de Crane» (p. 149).

Tucker Coe, le Poster menteur, Paris, Gallimard, coll. «Carré noir», 573, 1986 (1972), 246 p. Traduction de R. Fitzgerald.

Question toujours d’actualité

Tucker Coe, le Sang des innocents, 1968, couverture

«Je me demandai comment il gagnait sa vie. Bien qu’il ait déclaré à plusieurs reprises qu’il était “dans les communications”, il n’avait pas réussi à me communiquer l’essence de son travail ni même dans quel domaine il s’exerçait. Était-il dans la publicité ? La Télévision ? L’édition ? Les public relations ? La compagnie Bell du Téléphone ? Ou bien est-ce qu’aujourd’hui toutes ces activités finissaient par se mélanger au bout d’un certain temps, si bien que tous les jeunes gens brillants que l’on rencontrait étaient simplement “dans les communications” ?»

Tucker Coe, le Sang des innocents, traduction de J. Hérisson, Paris, Gallimard, coll. «Série noire», 1235, 1968, 250 p., p. 146.

P.-S.—Les majuscules sont certifiées d’origine.

Le zeugme du dimanche matin et de Jean-Patrick Manchette

Jean-Patrick Manchette, le Petit Bleu de la côte ouest, 1976, couverture

«Béa revint de la cuisine avec deux Cutty Sark et un sourire de tendre ironie.»

Jean-Patrick Manchette, le Petit Bleu de la côte ouest, Paris, Gallimard, coll. «Série noire», 1714, 1976, 181 p., p. 28.

Les zeugmes du dimanche matin et de Jean-Patrick Manchette

Jean-Patrick Manchette, Polar. Morgue pleine, éd. de 1984, couverture

«disparaissant dans la nature et dans l’espérance que je lui servirais d’alibi» (p. 72).

«Il avait l’air mécontent et un pansement adhésif sur le front» (p. 90).

Jean-Patrick Manchette, Polar. Morgue pleine, Paris, Gallimard, coll. «Carré noir», 511, 1984 (1973), 248 p.