L’oreille tendue de… Jean Barbe

Jean Barbe, Comment devenir un ange, éd. de 2011, couverture«Il sortit du dortoir. Il n’y avait pas de lune cette nuit-là. Patrick se dirigea vers les latrines, mais plutôt que d’y entrer, il en fit le tour. Derrière, un mur aveugle faisait face à une forêt soigneusement entretenue. C’était par là qu’il pensait s’enfuir, mais plutôt que de s’élancer, il tendit l’oreille à l’affût des chiens.»

Jean Barbe, Comment devenir un ange. Roman, Montréal, Bibliothèque québécoise, 2011 (2005), 414 p., p. 39.

L’oreille tendue de… Michel Tremblay

Michel Tremblay, la Duchesse et le roturier, 1982, couverture«Des têtes s’étaient retournées. La Vaillancourt tendait même franchement l’oreille. Adrien frottait son comptoir en s’approchant petit à petit du point chaud où il espérait qu’un drame sanglant sinon mortel venait d’éclater.»

Michel Tremblay, la Duchesse et le roturier, Montréal, Leméac, 1982, 387 p., p. 120.

L’oreille tendue de… E. Greyson

«Elle portait à sa tête évidemment endolorie sa main blanche et potelée d’ordinaire, sèche et tremblante en ce moment. De temps à autre, elle consultait du regard la petite horloge, dont les aiguilles marchaient, à son gré, avec trop de rapidité; à la seule audition du tic-tac du balancier, on aurait pu croire, en effet, que l’horloge luttait avec toutes les horloges de l’univers à qui précipiterait le plus de secondes dans l’éternité. Et cependant le couvert n’était pas encore enlevé, maman Degoute ne s’absorbait pas et c’est en vain qu’on eût tendu l’oreille pour entendre le ronflement sonore et uniforme du chef de famille.»

E. Greyson, «Un fait divers», Revue de Belgique, 16e année, tome LI, 1885, p. 258-281, p. 258-259.