L’oreille tendue de… Jack Kerouac

Jack Kerouac, Maggie Cassidy, éd. de 2013, couverture«Tchak, tchak, la prof frappe deux coups de règle et se lève, imposante comme un chauffeur de bus, fait l’appel, écrit une note, quand arrive d’une autre classe M. Grass qui vient lui annoncer une nouvelle; tout le monde tend l’oreille pour entendre ce qu’ils se chuchotent, une boulette de papier narquoise vole dans le soleil éclatant, la journée commence.»

Jack Kerouac, Maggie Cassidy, traduction de Béatrice Gartenberg, Paris, Gallimard, coll. «Folio», 5568, 2013, 269 p., p. 54.

Dans l’original : «Blam, blam, the old teacher bangs her ruler and stands, very matronly, like an old busdriver, surveying the class for absences and then she makes a note and a few quibblings then from next room walks in Mr. Grass for some special news and everybody bends an ear as they whisper up front, a spitball sails funnily in the bright nice sun, and on comes the day» (New York, Penguin Books, 1993, 194 p., p. 45).

L’oreille tendue de… Françoise Major

Françoise Major, le Nombril de la lune, 2018, couverture

«À quelques mètres, un drapeau à l’effigie du pape, différent de celui qu’elles avaient déjà, titillait son âme de collectionneuse. L’enfant partit en quête du vendeur pour satisfaire la volonté maternelle, pendant que le soliloque déviait vers le réconfort, l’éclaircissement que procurait une vie dans la Vérité, “… de la tristesse pour ceux qui s’y refusent, de la tristesse, oui, ils n’auraient qu’à tendre l’oreille, ouvrir les yeux et le cœur à la parole de Dieu, ay sí, pobrecitos”.»

Françoise Major, le Nombril de la lune. Nouvelles, Montréal, Le Cheval d’août, 2018, 276 p., p. 44-45.

L’oreille tendue de… Jo Nesbø

Jo Nesbø, Macbeth, 2018, couverture«Seyton laissa Olafson passer. Il referma violemment la porte derrière lui et resta lui-même à l’intérieur. L’oreille tendue dans l’obscurité. Jusqu’à ce que Duff pense que le danger était passé et se détende.»

Jo Nesbø, Macbeth, traduction de Céline Romand-Monnier, Paris, Gallimard, coll. «Série noire», 2018, 617 p., p. 359.

L’oreille tendue de… Arthur Buies

Arthur Buies, la Lanterne, éd. de 2018, couverture«Quand les élections ont lieu et que l’essaim des orateurs citadins va haranguer le peuple des campagnes, il le trouve complètement ignorant des questions les plus discutées, les mieux connues, ignorant même du gouvernement sous lequel il vit, et ce que pourrait être un changement dans ce gouvernement. Ainsi, dans cette question si importante, si vitale de la Confédération, combien de fois les habitants, bouche béante, oreilles tendues, se demandèrent : “Qu’est-ce c’est donc que cette conflagration, c’te considération ?”»

Arthur Buies, la Lanterne. L’ennemi instinctif des sottises, des ridicules, des vices et des défauts des hommes, texte établi et présenté par Jonathan Livernois et Jean-François Nadeau, Montréal, Lux, coll. «Mémoire des Amériques», 2018, 193 p., p. 94.