«Laïnou souffre trop pour dormir toute seule. On se relaie dans son lit. Une nuit c’est moi, l’autre c’est Nicole. On fait les infirmières diplômées et les Schéhérazade (“Sésame, ferme-toi puis dors”). C’est toute une job : platte puis pas payante. Elle ne dort pas plus que cinq minutes par fois. Dans son sommeil, ce raisonnement la saisit : “S’il m’aime il va revenir, il revient, je l’entends !” Elle se dresse, tend l’oreille, voit bien qu’il n’y a personne qui monte l’escalier.»
Réjean Ducharme, l’Hiver de force. Récit, dans Romans, Paris, Quarto Gallimard, 2022, 1951 p., p. 1033-1221, p. 1163-1164. Édition originale : 1973. Édition établie et présentée par Élisabeth Nardout-Lafarge. Vie & œuvre par Monique Bertrand et Monique Jean.
[Complément du jour]
Ne perdons jamais de vue l’immense fortune titrologique de ce roman.




