Fil de presse 032

Quelques ouvrages récents sur la langue ? Encore ? Toujours !

Andouze, Jean, les 100 mots de l’astronomie, Paris, Presses universitaires de France, coll. «Que sais-je ?», 4171, 2020, 128 p.

Berré, Michel, Béatrice Costa, Adrien Kefer, Céline Letawe, Hedwig Reuter et Gudrun Vanderbauwhede (édit.), la Formation grammaticale du traducteur, Lille, Presses universitaires du Septentrion, 2019, 240 p.

Carré, Nathalie et Raphaël Thierry (édit.), Langues minorées, Bibliodiversity, 2020.

Cerquiglini, Bernard, la Naissance du français, Paris, Presses universitaires de France, coll. «Que sais-je ?», 2576, 2020, 128 p.

Dunlop, Jérôme, les 100 mots de la géographie, Paris, Presses universitaires de France, coll. «Que sais-je ?», 3824, 2019, 128 p.

Dupuis, Serge, Deux poids, deux langues. Brève histoire de la dualité linguistique au Canada, Québec, Septentrion, 2019, 234 p. Ill.

European Journal of Language Policy / Revue européenne de politique linguistique, 11, 2, octobre 2019.

Fili-Tullon, Touriya (édit.), Maroc. Les langues de la discorde, Grenoble, UGA Éditions de l’Université Grenoble Alpes, 2019, 227 p.

Fonteneau, Anne, la Révision linguistique. Connaître les normes pour détecter et corriger les fautes, Montréal, Éditions JFD, 2020, 383 p.

Germoni, Karine et Claire Stolz (édit.), Aux marges des discours rapportés. Formes louches et atypiques en synchronie et en diachronie, Paris, L’Harmattan / Academia, coll. «Au cœur des textes», 2019, 466 p.

GLAD ! Revue sur le langage, le genre, les sexualités, 7, 2019. Dossier «Varia».

Goux, Mathieu, le Pronom-déterminant relatif lequel en français préclassique et classique (1580-1720), Paris, Classiques Garnier, coll. «Histoire et évolution du français», 6, 2019, 367 p.

Guillaumin, Jean-Yves, Dictionnaire de la terminologie latine ancienne de l’arithmétique et de la géométrie, Paris, Les Belles Lettres, 2020, 328 p.

Langage et société, 168, 2019, 200 p. Dossier «Langage et formation professionnelle. Vers une linguistique sociale de la formation ?»

Langages, 215, septembre 2019, 128 p. Dossier «Français, dialectes galloromans et di(a)glossie», sous la direction de Mathieu Avanzi et André Thibault.

Lardon, Sabine et Michèle Rosellini (édit.), l’Imaginaire des langues. Représentations de l’altérité linguistique et stylistique (XVIe-XVIIIe siècle), Genèvre, Droz, coll. «Cahiers du GADGES», 15, 2019, 322 p.

Le discours et la langue, 11, 1, 2019. Dossier «Les défis de l’écriture inclusive», sous la direction d’Alain Rabatel et Laurence Rosier.

Lexique, 25, 2019. Dossier «Variations autour du mot ok / Variations on the Word ok», sous la direction de Gilles Col et Juliette Delahaie.

Martin, Heather et Wendy Ayres-Bennett, How Languages Changed My Life. Project MEITS, Cambridge, University of Cambridge, 2020.

Ouellet, Jacques, les Parties du discours et les phrases. Précis de grammaire et de lexicologie du français. Systématique du langage, Montréal, Éditions JFD, 2020, 246 p.

Pennel, Frédéric, Guerre des langues. Le français n’a pas dit son dernier mot, Paris, François Bourin, 2019, 292 p.

Repères-Dorif, 19, 2019. Dossier «Enjeux de l’acquisition des langues secondes en contextes migratoires», dirigé par Guy Achard-Bayle, Enrica Galazzi et Aurora Fragonara.

Sellier, Jean, Une histoire des langues et des peuples qui les parlent, Paris, La Découverte, 2019, 600 p.

Verbum, 1, 2019, 146 p. Dossier «Le discours indirect libre dans la fiction de la première modernité (XVIe-XVIIIe s.)», sous la direction de Suzanne Duval.

Mais

Dany Boudreault, Corps célestes, 2020, couverture

Elle s’appelle Hélène, mais elle a choisi le prénom de Lili, comme dans un des romans pour enfants écrits par sa mère, la Petite Lili.

Elle a été actrice, mais elle est devenue réalisatrice — dans la pornographie, son film le plus populaire s’intitulant Corps célestes (p. 207).

Elle n’a pas vu sa sœur, Flo, depuis quinze ans, mais les circonstances familiales forcent leur rencontre.

Elle a manifestement de mauvaises relations avec sa mère, Anita, mais elle doit en prendre soin («il arrive ce moment où nous devons laver le sexe de nos mères», p. 223) et elles finiront par enfin se parler.

Elle a couché une fois, il y a longtemps, avec James, le compagnon de sa sœur, mais ces deux-là forment dorénavant un couple.

Elle est la tante d’Isaac, le fils de James et Flo, mais leur rapprochement n’aura pas les effets escomptés.

Isaac est né avant le 11-septembre, mais pas ses parents.

James est revenu de la guerre, mais ce ranger n’est pas intact.

Flo, James, Isaac et Anita vivent dans la nature, mais une nature dont certains animaux avaient disparu, par exemple les orignaux.

Ils se croyaient seuls, mais ils ne le sont pas («il arrivera ce moment où les gens sortiront de la forêt, James / il faudra un fusil», p. 219).

James et Hélène / Lili prépareront le café, mais cela vaudra pour autre chose.

Ça se déroule au Canada, mais dans un Canada dystopique, en guerre («le nord du Canada / demeure le théâtre des affrontements / front sino-russe», p. 34).

C’est du théâtre, mais l’univers du cinéma est partout présent, notamment dans les apartés d’Hélène / Lili («de concombres / gros plan mains sales / terre sous les ongles», p. 148).

C’est en français, mais il y a plusieurs répliques, parfois longues, en anglais, dites par James (et traduites en fin d’ouvrage).

C’est une histoire de famille, donc ça va mal se finir.

 

Référence

Boudreault, Dany, Corps célestes. Théâtre, Montréal, Le Quartanier, «série QR», 140, 2020, 264 p.

Divergences transatlantiques 054

L’espion qui m’a larguée / dompée, affiches, 2018The Spy Who Dumped Me (2018) est une comédie d’espionnage réalisée par Susanna Fogel. La version diffusée en France s’intitule L’espion qui m’a larguée. Au Québec, on a choisi le titre L’espion qui m’a dompée.

Deux questions simples. Quelqu’un pense-t-il vraiment que les Québécois francophones ne comprennent pas le verbe larguer et qu’il faut donc lui substituer une variante locale, d’un niveau plus populaire (domper, de l’anglais to dump) ? Fallait-il vraiment remplacer l’accroche «Elles vont gérer grave !» par un calque de l’anglais, «Elles sont en charge» ?

L’Oreille tendue préfère ne pas avoir de réponse à ces questions.

 

[Complément du 15 août 2018]

Dans un ordre d’idées proche, les éditions Tête[première] lancent ces jours-ci l’ouvrage collectif Larguer les amours. Domper les amours aurait moins bien sonné.

Accouplements 104

Deux couvertures du Quartanier, 2017

(Accouplements : une rubriquel’Oreille tendue s’amuse à mettre en vis-à-vis deux œuvres, ou plus, d’horizons éloignés.)

Clermont, Stéfanie, «Toutes celles que j’ai connues et aimées», dans le Jeu de la musique. Nouvelles, Montréal, Le Quartanier, coll. «Polygraphe», 15, 2017, 340 p., p. 278-318.

«Quand la tension montait, on discutait pendant des heures, et ça n’aidait pas vraiment. L’un de nous mettait All I Really Want to Do de Bob Dylan, pour se rappeler : “I ain’t looking to compete with you, beat or cheat or mistreat you”.
Je ne veux pas te faire compétition, te battre ou te maltraiter. Je ne veux pas te simplifier, t’étiqueter. Je ne te demande pas de voir comme moi, d’être comme moi.
“All I really want to do is, baby, be friends with you.” Je veux seulement qu’on soit amis» (p. 291).

Plamondon, Éric, «Lendemain de pêche», dans Donnacona. Nouvelles, Montréal, Le Quartanier, «série QR», 116, 2017, 118 p., p. 47-68.

«I ain’t lookin’ to compete with you
Beat or cheat or mistreat you
Simplify you, classify you
Deny, defy or crucify you
All I really want to do
Is, baby, be friends with you
Bob Dylan» (p. 49, épigraphe).

P.-S.—L’Oreille tendue a présenté le Jeu de la musique le 27 décembre 2017.

Autopromotion 307

Affiche de la journée d’étude en l’honneur de Patrick ColemanAprès 42 ans d’enseignement, l’ami Patrick Coleman prend sa retraite du Department of French and Francophone Studies de la University of California, Los Angeles. Pour souligner l’événement, une journée d’étude s’y tient aujourd’hui : «From Author to Audience : Reflections on Editing, Translating, and Publishing Literature Today.»

L’Oreille tendue se réjouit fort d’en être. Le titre de son intervention ? «Scholarly Publishing Today : Notes From the Field.»