Autopromotion 912

«Machines de théâtre», dixième volume des planches de l’Encyclopédie, Paris, 1772, deuxième section, planche XI

La 714e livraison de XVIIIe siècle, la bibliographie de l’Oreille tendue, est servie.

La bibliographie existe depuis le 16 mai 1992. Elle compte 82 500 titres.

À partir de cette page, on peut interroger l’ensemble des livraisons grâce à un rudimentaire moteur de recherche et soumettre soi-même des titres pour qu’ils soient inclus dans la bibliographie.

 

Illustration : «Machines de théâtre», dixième volume des planches de l’Encyclopédie, Paris, 1772, deuxième section, planche XI

Curiosités voltairiennes (et classiques)

Voltaire, l’Écossaise, production du Lucernaire, Paris, 2007, affiche

Qu’est-ce qu’un classique ? Ici, réponse théorique. Ci-dessous, démonstration au quotidien, dans la Presse+ (Montréal).

 

«Mais bon, le théâtre change. Et c’est normal. L’art nous amène à penser autrement. C’est son rôle. On aime Montaigne, Voltaire, Molière et Hugo pour cela.»

Mario Girard, «Vers un théâtre plus diversifié», la Presse+, 6 juin 2026.

 

«On voit défiler la Révolution, le goût d’argumenter, et l’insatiable curiosité d’une époque où s’activent Voltaire, Rousseau, Diderot, d’Alembert et madame du Châtelet.»

Dany Laferrière, «La mode ne connaît ni temps ni lieu», la Presse+, 12 juin 2026.

 

«Quelle autre institution peut prétendre avoir eu pour membres Racine, Corneille, La Fontaine, Boileau, Montesquieu, Voltaire, d’Alembert, Chateaubriand, Hugo, Lamartine, Musset, Littré, Pasteur, Bergson, Yourcenar ou Senghor, et cela sans toucher aux règlements qui la régissent depuis sa fondation ?»

Dany Laferrière, «Le jardin secret des mots», la Presse+, 3 juillet 2026.

 

«Apprenant l’arrestation de Sartre, de Gaulle aurait déclaré qu’il ne ferait pas à Sartre ce que Frédéric de Prusse n’a pas fait à Voltaire. En un mot : Charles de Gaulle n’arrête pas Jean-Paul Sartre.»

Dany Laferrière, «La porte étroite de la langue», la Presse+, 10 juillet 2026.

 

Voltaire est toujours bien vivant.

Autopromotion 911

«Machines de théâtre», dixième volume des planches de l’Encyclopédie, Paris, 1772, deuxième section, planche X

La 713e livraison de XVIIIe siècle, la bibliographie de l’Oreille tendue, est servie.

La bibliographie existe depuis le 16 mai 1992. Elle compte 82 400 titres.

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Illustration : «Machines de théâtre», dixième volume des planches de l’Encyclopédie, Paris, 1772, deuxième section, planche X

Curiosité voltairienne (et pédagogique)

Philippe Manevy, Ton pays sera mon pays, 2021, couverture

«Dans la liste limitée de mes convictions inébranlables figure celle-ci : un professeur peut citer tous les mots du dictionnaire, à condition de les mettre en contexte et d’expliquer pourquoi il les emploie, et quelle réalité ils permettent de saisir et de juger. Citer n’est pas cautionner. Je continuerai de faire lire, dans Candide, le passage dans lequel le héros rencontre “le nègre du Surinam”. J’expliquerai pourquoi ce texte est radicalement antiraciste. Il suffit d’écouter le témoignage du vieil homme mutilé :

On nous donne un caleçon de toile pour tout vêtement deux fois l’année. Quand nous travaillons aux sucreries, et que la meule nous attrape le doigt, on nous coupe la main; quand nous voulons nous enfuir, on nous coupe la jambe : je me suis trouvé dans les deux cas. C’est à ce prix que vous mangez du sucre en Europe» (chapitre «Samuel Paty est mort»).

«Des formules étranges étaient employées, qui laissaient entendre que le roi n’avait pas grand-chose à faire de ces quelques arpents de neige canadiens» (chapitre «La fabuleuse histoire»).

Philippe Manevy, Ton pays sera mon pays. Carnets, Montréal, Leméac, coll. «Phares», 2021, 219 p. Édition numérique.

 

C’est dans le chapitre dix-neuvième, «Ce qui leur arriva à Surinam, et comment Candide fit connaissance avec Martin», que le narrateur de Candide (1759), le conte de Voltaire, aborde le commerce du sucre.

Au début du vingt-troisième chapitre, «Candide et Martin vont sur les côtes d’Angleterre; ce qu’ils y voient», Candide discute avec Martin sur le pont d’un navire hollandais : «Vous connaissez l’Angleterre; y est-on aussi fou qu’en France ? — C’est une autre espèce de folie, dit Martin. Vous savez que ces deux nations sont en guerre pour quelques arpents de neige vers le Canada, et qu’elles dépensent pour cette belle guerre beaucoup plus que tout le Canada ne vaut.»

 

Voltaire est toujours bien vivant.

Cachez ce fiacre que je ne saurais voir

Portrait d’Yvette Guilbert

Soit le passage suivant de La colline qui travaille (2024), l’excellent récit de Philippe Manevy :

Encouragée par ce premier succès, La Rouge, un peu grise déjà, lève le poing : Debout, les damnés de la terre ! Debout, les forçats de la faim ! Mais des protestations s’élèvent aussitôt : «Ah non ! Tu ne vas pas commencer à nous emmerder avec ta politique!» Les idées fusent. Une voix crie «Maurice Chevalier !», une autre «Mistinguett !», une autre encore «Le fiacre !», mais une dernière répond : «C’est trop cochon !» Et l’on en reste là.

Peut-être aurez-vous reconnu les paroles de «L’Internationale» et les noms de Maurice Chevalier et de Mistinguett. Mais qu’en est-il de ce «fiacre» dont le texte serait «trop cochon» pour être chanté ?

Il s’agit d’une chanson rendue célèbre par Yvette Guilbert. On y décrit des amours hippomobiles illicites.

Cela vous dit maintenant quelque chose ? Vous avez raison : l’Oreille tendue a déjà consacré un long article à ce type de manifestation des «fureurs de la locomotion» (Flaubert).

À votre service.

 

Illustration : portait d’Yvette Guilbert, photo déposée sur Wikimedia Commons

 

 

 

Références

Manevy, Philippe, La colline qui travaille. Récit, Montréal, Leméac, 2024, 283 p. Édition numérique.

Melançon, Benoît, «Faire catleya au XVIIIe siècle», Études françaises, 32, 2, automne 1996, p. 65-81. https://doi.org/1866/28660