Conseil estival ?

Mikaël Lalancette, Jean-Claude Tremblay, 2024, couverture

Pendant des décennies, les joueurs de hockey ne s’entraînaient guère entre les saisons. Jean-Claude Tremblay, le défenseur des Canadiens de Montréal, puis des Nordiques de Québec, était de ceux-là. Un jour, il a pris conscience que cela ne lui convenait plus : il devait mieux se préparer.

Comment ? Voici ce qu’écrit son biographe, Mikaël Lalancette, en 2024 :

Dès le début juillet, l’athlète de 35 ans se soumet à un entraînement quotidien rigoureux qui consiste en trois heures d’exercice intensif, une partie de golf dans l’après-midi, deux bières, un bon souper et du repos (ch. 16).

«Deux bières» : un conseil à suivre ?

P.-S.—Souvenons-nous de cette autre technique d’entraînement.

 

Référence

Lalancette, Mikaël, Jean-Claude Tremblay. Le magicien de la ligne bleue, Montréal, Éditions de l’Homme, 2024, 259 p. Ill. Préface de Serge Savard. Édition numérique.

Mourir, tout simplement

Siri Hustvedt, Ghost Stories, 2026, couverture

L’Oreille tendue croit fermement que les gens meurent — pas qu’ils décèdent, qu’ils disparaissent, qu’ils s’éteignent, qu’ils nous quittent. (Voyez ici ou .)

Siri Hustvedt est d’accord avec elle :

Je lis que Paul [Auster] est parti et j’en conçois un sentiment de tristesse agacée. Tout le monde utilise cette expression. Pour autant que je puisse en juger, plus personne ou presque ne meurt. On part. Quand j’étais enfant, j’entendais les gens dire, il est parti au loin. Ma mère détestait l’euphémisme. Les gens ne partent pas au loin, disait-elle. Ils meurent. La conviction rendait la voix de ma mère un peu rauque.

Merci.

 

Référence

Hustvedt, Siri, Ghost Stories, Paris, Gallimard, coll. «Hors-fiction», 2026. Traduction de Frédéric Joly. Édition numérique.

Ne pas décéder

Pierre Assouline, le Nageur, 2023, couverture

L’Oreille tendue recule rarement devant une bataille perdue d’avance. Par exemple, elle préfère mourir à décéder.

Dans le Nageur (2023), Pierre Assouline préférerait lui aussi un autre terme que décéder :

[Alfred Nakache] a bien été arrêté par la Gestapo à Toulouse le 20 décembre 1943 sur l’accusation de «propagande antiallemande» puis déporté dans deux camps successifs qui n’étaient pas des camps de vacances, et où sa femme et sa fille sont, comme l’a inscrit un fonctionnaire, décédées. Il pourrait le contresigner. Quoique, «décédées»… L’euphémisme est délicat, dans la pure tradition de l’administration, pour dire qu’elles ont été assassinées.

 

Référence

Assouline, Pierre, le Nageur, Paris, Gallimard, coll. «Blanche», 2023, 256 p. Édition numérique.

Planter est piner

Claude Raymond, Frenchie, 2022, couverture

Avant de devenir joueur de baseball professionnel, puis commentateur dans les médias, le Québécois Claude Raymond, «vers 10 ou 12 ans», a été «planteur au bowling».

Le boulot du planteur consistait à replacer manuellement les quilles après chaque carreau. Les salons de quilles engageaient souvent des jeunes parce qu’il fallait être agile : sauter dans le puits, replacer les quilles puis sortir rapidement du puits avant que la prochaine boule soit lancée (chapitre «Le petit joueur de balle de Saint-Jean», Frenchie).

Dans sa jeunesse — c’était il y a plusieurs lustres —, l’Oreille tendue a aussi croisé des pineurs. Ils ne faisaient pas autre chose que Claude Raymond.

P.-S.—On ne confondra pas, bien sûr, le verbe piner avec le verbe piner.

 

Référence

Raymond, Claude, avec Marc Robitaille, Frenchie. L’histoire de Claude Raymond. Récit biographique, Montréal, Hurtubise, 2022. Ill. Préface d’Yvan Dubois. Édition numérique.

Les zeugmes du dimanche matin et de Jean-François Nadeau

Jean-François Nadeau, Bourgault, 2007, couverture

«Héros du débarquement raté de Dieppe en 1942, cet homme robuste [Dollard Ménard] arrive tout juste de l’École de guerre de Paris et d’une mission au Cachemire. Son image de héros bardé de décorations et de noblesse a servi à vendre du courage et des Bons de la victoire durant le terrible conflit mondial.»

Jean-François Nadeau, Bourgault, Montréal, Lux éditeur, coll. «Histoire politique», 2007, 606 p., p. 44.

 

(Une définition du zeugme ? Par .)