Annie Desrochers et Canadien

Émission radiophonique le 15-18, Société Radio-Canada, Montréal, 2026, logo

Elles se sont d’abord croisées chez Franco Nuovo, à l’émission Dessine-moi un dimanche, de Radio-Canada, en 2011-2012. Annie Desrochers y tenait chronique; l’Oreille tendue y était parfois invitée.

Par la suite, la première a interviewé la seconde une douzaine de fois, surtout dans le cadre du 15-18, le plus souvent pour parler de sport. Hier, Annie Desrochers a animé sa dernière livraison de cette émission. Plus tard cette année, elle sera à la barre de l’émission matinale de fin de semaine, toujours à Radio-Canada.

Qu’en est-il du rapport d’Annie Desrochers avec les Canadiens de Montréal — c’est du hockey ?

Elle connaît ses classiques. Quiconque a déjà vu son exemplaire du livre l’Enjeu (The Game, 1983) de Ken Dryden sait qu’elle lui a fait souffrir les derniers outrages : il a été lu et relu. En 2014, elle a tout de suite vu à quelle photo célèbre faisait allusion Bernard Brault dans un de ses reportages pour le quotidien la Presse.

Ses réflexes journalistiques la poussaient évidemment à coller à l’actualité, la sportive comme les autres : l’image de Guy Lafleur, les tensions Canada—États-Unis, le français des joueurs et des partisans de son équipe favorite («Go Habs go !»), le cinquantième but de Cole Caufield, etc. Elle cherchait alors toujours à inscrire ces évènements dans une histoire plus longue.

L’Oreille va désormais s’ennuyer en cuisinant.

Citation de circonstance (malheureuse)

Claude Lemieux marque un but contre les Whalers de Hartford le 29 avril 1986

La scène, tirée du roman Amiante (2024), de Sébastien Dulude, se déroule dans un autobus scolaire au printemps 1986.

Binette crachait des noyaux de merises dans les vitres ouvertes des autos qu’on dépassait. Il portait un chandail des Canadiens de Montréal, celui de Claude Lemieux, le fougueux 32. Binette prédisait la coupe demain soir pour les Canadiens. Le petit Poulin maugréait : Michel Goulet et sa troupe bleue avaient fini premiers de la division pour être éliminés au premier tour par les Whalers. Puis, c’est le 32 lui-même qui avait envoyé les Whalers en vacances, en prolongation; son dixième but des séries la veille avait rapproché les Canadiens d’une vingt-troisième coupe Stanley. Le petit Poulin avait juré qu’il n’écouterait aucune partie des Canadiens, même en finale. Moi, mon joueur c’était Petr Svoboda, le 25, mais il y avait aussi Stéphane Richer, Patrick Roy, sûrement la recrue de l’année, Naslund, Smith, Chelios, Carbonneau ! Je me disais que si on ne gagnait pas la coupe cette année, on allait certainement la gagner l’année suivante. Le soir, j’écoutais la première période du match avec mon père, en silence, et après je devais aller me coucher. Filer doux, comme il disait. J’apprenais le résultat le matin, à la radio (p. 40-41).

Claude Lemieux est mort hier.

 

Référence

Dulude, Sébastien, Amiante, Saguenay, La Peuplade, 2024, 209 p. Ill.

Une affaire de famille

Tout le monde au Québec connaît Maurice Richard — c’est du hockey. On le surnomme «Le Rocket».

Son jeune frère, Henri, a aussi joué pour les Canadiens de Montréal. C’était, taille oblige, «Le Pocket Rocket».

Un troisième frère Richard, Claude, aurait aimé faire carrière avec la même équipe; ce n’est pas arrivé. On parlait du «Vest Pocket Rocket». (Voir, évidemment, ici.)

L’attrait d’avoir trois joueurs de la même famille n’a échappé à personne.

En 1957, les trois frères font la couverture de l’Almanach du peuple.

Almanach du peuple, 1957, couverture

Le caricaturiste Normand Hudon représente ce nouveau «Cheval de trois» (la Tête la première, p. 168-169).

Normand Hudon, «Les frères Richard. Le cheval de trois», caricature

Un journal s’intéressa aussi à l’affaire (source inconnue).

Article de journal, «Les trois frères… Richard», source inconnue

Ce sera tout pour aujourd’hui en matière d’érudition inutile.

 

Référence

Hudon, Normand, la Tête la première, Québec, Institut littéraire, 1958, 319 p. Ill. Préface de Doris Lussier.

Chantons le hockey avec Jean-François Lessard

Jean-François Lessard, album Jean-François Lessard, 2010, pochette

(Le hockey est partout dans la culture québécoise et canadienne. Les chansons sur ce sport ne manquent pas, plusieurs faisant usage de la langue de puck. Petite anthologie en cours. Liste d’écoute disponible sur Spotify. Suggestions bienvenues.)

 

Jean-François Lessard, «Toronto», album Jean-François Lessard, 2010

 

Ce devait être un dimanche si beau
Ce devait être un dimanche si bien
Mais voilà-ti pas que
Le Canadien
Se fait torcher par Toronto
Torcher par Toronto
Dur de se faire planter un dimanche
Comme le souligne le commentaire
Notre défense n’est pas étanche
Et comme une croix supplémentaire
Il y a leurs placages de mammouth
Qui mettent nos Glorieux en déroute
Nos joueurs n’ont tellement pas l’air fier
Que nos bras meurtris ne portent même plus nos bières
[Orgue du Forum]
Plus nos bières
Ce devait être un dimanche si bien
Mais aussi un dimanche si beau
Mais voilà qu’un vent frisquet malsain
Souffle encore de Toronto
Ah ! de Toronto

 

Sound Icon / Icône du son

 

Références

Melançon, Benoît, «Chanter les Canadiens de Montréal», dans Jean-François Diana (édit.), Spectacles sportifs, dispositifs d’écriture, Nancy, Questions de communication, série «Actes», 19, 2013, p. 81-92. https://doi.org/1866/28751

Melançon, Benoît, Langue de puck. Abécédaire du hockey. Édition revue et augmentée, Montréal, Del Busso éditeur, 2024, 159 p. Préface d’Olivier Niquet. Illustrations de Julien Del Busso. ISBN : 978-2-925079-71-2.

Melançon, Benoît, Langue de puck, édition revue et augmentée de 2024, couverture