Accouplements 197

Marianne Fritz, le Poids des choses, 2022, couverture

(Accouplements : une rubrique où l’Oreille tendue s’amuse à mettre en vis-à-vis deux œuvres, ou plus, d’horizons éloignés.)

Il y a plusieurs années, le magazine The New Yorker publiait ce dessin d’humour :

Dessin d’humour, The New Yorker

Phil, parti à la recherche de son âme, était revenu les mains vides.

En 2022, Le Quartanier fait paraître le roman le Poids des choses de Marianne Fritz. Le personnage de Berta y déclare ceci : «Je manque d’intériorité» (p. 52).

L’Oreille tendue se sent très proche de Phil et de Berta.

 

[Complément du 2 décembre 2022]

Question de la taupe québecquoise de l’Oreille : «Vous cherchez votre Oreille interne ?» C’est fort bien vu.

 

Référence

Fritz, Marianne, le Poids des choses. Roman, Montréal, Le Quartanier, «Série QR», 173, 2022, 143 p. Traduction de Stéphanie Lux. Suivi de «Marianne Fritz» par Adrian Nathan West.

Accouplements 180

(Accouplements : une rubriquel’Oreille tendue s’amuse à mettre en vis-à-vis deux œuvres, ou plus, d’horizons éloignés.)

Comment faire pour s’y retrouver dans les mesures sanitaires en temps de pandémie ? Plusieurs réponses ont été offertes récemment à cette question. En voici trois, deux pour le Québec, l’autre pour la France.

Celle de @garneaus :

 

Celle du caricaturiste André-Philippe Côté :

Caricature d’André-Philippe Côté, la Presse+, 6 décembre 2022

 

Celle de @neguentropique :

 

À votre service.

Voltaire et Donald Trump

Rick Frausto, «Don the Con», caricature de Donald Trump, 2019

Les États-Unis ont récemment, non sans mal, changé de président.

Il peut paraître étonnant de lier le nom de l’ancien président à une période dont on dit souvent qu’elle est définie par le culte de la raison et par la valorisation de la tolérance. Il y a pourtant des liens entre Donald J. Trump et le Siècle des lumières.

Prenons deux exemples.

Le premier est une caricature parue dans le Wall Street Journal du 20 octobre 2016. Jovial, Trump est assis dans le Bureau ovale, lunettes et stylo à la main. Devant lui et à sa gauche, des feuilles de papier. À sa droite, trois livres : un sur les relations internationales (Foreign Relations), un sur (ou de) Lincoln, un dernier sur (ou de) Voltaire. Pourquoi ces livres ? Il s’agirait d’imaginer un Trump «sain d’esprit» («Imagine a Sane Donald Trump. You know he’s a nut. What if he weren’t ?»). À chacun ses défis.

Le second exemple est une phrase entendue durant le second procès en destitution du 45e président et attribuée à Voltaire : «Anyone who can make you believe absurdities can make you commit atrocities» (Jamie Raskin).

Jusqu’à maintenant, devant les nombreuses occurrences de cette citation, l’Oreille tendue renvoyait à l’interprétation d’un biographe de Voltaire (Gallimard, 2015), François Jacob, dans le journal le Temps (Genève) : il s’agirait d’«un hoax assez récent qui semble faire, depuis une dizaine d’années, le bonheur des internautes».

Sur le blogue de la Voltaire Foundation, Nicholas Cronk montrait hier que la phrase attribuée à Voltaire («Ceux qui peuvent vous faire croire à des absurdités peuvent vous faire commettre des atrocités») n’est pas de lui, mais qu’il a bel et bien écrit quelque chose d’assez proche : «Certainement qui est en droit de vous rendre absurde, est en droit de vous rendre injuste.» C’est par le biais de sa traduction en anglais, par Norman Torrey, que la citation est devenue populaire.

Cronk cite, pour résumer l’affaire, un passage de l’entrée «Voltaire» d’un ouvrage édité par Susan Ratcliffe, Oxford Essential Quotations (Oxford University Press, 2017, 5e édition) : «“Truly, whoever is able to make you absurd is able to make you unjust”, commonly quoted as “Those who can make you believe in absurdities can make you commit atrocities” (Questions sur les miracles, 1765).»

Nous pouvons maintenant passer à autre chose.

P.-S.—Vous préférez Trump en lecteur de l’Encyclopédie ? C’est par là.

Jean-Pierre Girerd (1931-2018)

Arsène et Girerd, les Enquêtes de Berri et Demontigny. On a volé la coupe Stanley, 1975, couverture

Caricaturiste au quotidien la Presse de 1968 à 1996, (Jean-Pierre) Girerd vient de mourir. Yves Boisvert lui rend hommage dans la Presse+ du jour.

Outre ses dessins d’humour liés à l’actualité, Girerd a signé les dessins d’une bande dessinée sur le hockey, On a volé la coupe Stanley, parue en 1975.

On y évoque, entre autres célébrités (péri)hockeyistiques, les joueurs Maurice Richard, Guy Lafleur et Guy Lapointe, de même que les commentateurs Lionel Duval, Gilles Tremblay et René Lecavalier.

P.-S.—L’impératif du verbe envoyer, au Québec, a droit à de nombreuses graphies. En 1981, Girerd proposait «enouaille».

P.-P.-S.—L’Oreille tendue aborde brièvement cet album dans un texte de 2016, «BDHQ : bande dessinée et hockey au Québec».

 

Références

Arsène et Girerd, les Enquêtes de Berri et Demontigny. On a volé la coupe Stanley, Montréal, Éditions Mirabel, 1975, 48 p. Bande dessinée. Premier et unique épisode des «Enquêtes de Berri et Demontigny». Texte : Arsène. Dessin : Girerd.

Girerd, Son honneur, Montréal, La Presse, 1981, [s.p.].

Melançon, Benoît, «BDHQ : bande dessinée et hockey au Québec», dans Benoît Melançon et Michel Porret (édit.), Pucks en stock. Bande dessinée et sport, Chêne-Bourg (Suisse), Georg, coll. «L’Équinoxe. Collection de sciences humaines», 2016, p. 101-117.