Conseil estival ?

Mikaël Lalancette, Jean-Claude Tremblay, 2024, couverture

Pendant des décennies, les joueurs de hockey ne s’entraînaient guère entre les saisons. Jean-Claude Tremblay, le défenseur des Canadiens de Montréal, puis des Nordiques de Québec, était de ceux-là. Un jour, il a pris conscience que cela ne lui convenait plus : il devait mieux se préparer.

Comment ? Voici ce qu’écrit son biographe, Mikaël Lalancette, en 2024 :

Dès le début juillet, l’athlète de 35 ans se soumet à un entraînement quotidien rigoureux qui consiste en trois heures d’exercice intensif, une partie de golf dans l’après-midi, deux bières, un bon souper et du repos (ch. 16).

«Deux bières» : un conseil à suivre ?

P.-S.—Souvenons-nous de cette autre technique d’entraînement.

 

Référence

Lalancette, Mikaël, Jean-Claude Tremblay. Le magicien de la ligne bleue, Montréal, Éditions de l’Homme, 2024, 259 p. Ill. Préface de Serge Savard. Édition numérique.

Un score précis

Max Pacioretty sur la glace du Centre Bell, Montréal, 2011

On l’a déjà vu : Enki Bilal, dans la Foire aux immortels, en 1980, souhaitait apporter une précision aux scores des matchs de hockey. Outre le nombre de buts pour chaque équipe, il proposait de noter, dans un futur pas trop éloigné, le nombre de blessés (graves) et de morts.

Doug Wright, en couverture du Standard Magazine du 20 mars 1948, était plus descriptif. Il indiquait la nature des blessures : «charley horses» (claquages), «broken arms» (bras cassés), «busted legs» (jambes fracturées), «split skulls» (crânes fendus). Les joueurs représentés portaient une armure.

Le passé est aussi inquiétant que l’avenir.

P.-S.—C’est Don Weekes qui reproduit la couverture dans Picturing the Game (2023, p. 143).

 

Références

Bilal, Enki, la Foire aux immortels, Paris, Dargaud, 1980, 64 p. Rééditions : Genève, Humanoïdes associés, 1990, 68 p.; Casterman, 2005, 64 p.; dans la Trilogie Nikopol, Genève, Les Humanoïdes associés, 2002, 175 p.

Weekes, Don, Picturing the Game. An Illustrated Story of Hockey, Montréal, McGill-Queen’s University Press, 2023, xviii/390 p. Ill.

Vieilles barbes

Bob Bissonnette, les Barbes des séries, 2012, pochette

La pratique est commune dans le monde du hockey : quand commencent les séries éliminatoires, des joueurs cessent de se raser. Ils arborent une barbe des séries. (Encore faut-il avoir de la barbe : les joueurs des Canadiens de Montréal, en 2026, ont eu du mal à faire exister la leur. Ils sont encore bien jeunes.)

La pratique est au moins centenaire : une caricature de 1926, reproduite par Don Weekes dans son livre Picturing the Game, l’évoque. «Abie Adenoid swore that he wouldn’t shave until Maroons won Stanley Cup» (p. 103, Abie Adenoid a juré qu’il ne se raserait pas tant que les Maroons n’auraient pas remporté la Coupe Stanley). Qui est cet «Abie Adenoid» ? L’Oreille tendue l’ignore, mais il ne semble pas qu’il s’agisse d’un joueur des Maroons.

La pratique est à transmettre aux jeunes générations, comme le fait Olivier Niquet dans Savais-tu ? Sport. Le hockey (2025) :

Savais-tu que les joueurs de hockey sont parfois superstitieux ? Sidney Crosby ne communique jamais avec sa mère les jours de match parce que ça lui porterait malheur. Patrick Roy, lui, parlait aux poteaux de son filet pendant les parties pour implorer leur aide. Durant les séries éliminatoires, certains se laissent même pousser une barbe. C’est la fameuse barbe des séries (p. 36-37).

La pratique est enfin musicale, comme le savent les fans de Bob Bissonnette.

 

Références

Niquet, Olivier, Savais-tu ? Sport. Le hockey, Montréal, Éditions Michel Quintin, 2025, 62 p. Illustrations d’Hugo G. L’Éclair.

Weekes, Don, Picturing the Game. An Illustrated Story of Hockey, Montréal, McGill-Queen’s University Press, 2023, xviii/390 p. Ill.

Double fièvre

Nous en avons déjà parlé : Guy Lafleur — c’est du hockey — a servi plusieurs fois de véhicule publicitaire.

En préparant un entretien (voir ici) avec Karim Benessaieh, du quotidien la Presse+, l’Oreille tendue a en trouvé un nouvel exemple.

Se demandant de quelle époque datait l’expression «la fièvre des séries» — dans la presse écrite, elle semble apparaître à la fin des années 1960 avant de devenir particulièrement populaire dans les années 1990 —, l’Oreille est tombée sur ceci, dans la Presse du 15 avril 1993 et des jours suivants.

«Vivez la fièvre du sirop et la fièvre des séries avec Guy Lafleur», publicité, 1993

«Vivez la fièvre du sirop et la fièvre des séries avec Guy Lafleur», recommande-t-on à Québec, la ville des Nordiques. Espérons que ce n’était pas du sirop de poteau.

P.-S.—L’expression «fièvre des séries» est venue concurrencer «fièvre du hockey», qui existe depuis au moins les années 1930. L’une et l’autre cohabitent aujourd’hui, mais la première prédomine, surtout au printemps — comme le sirop d’érable.

Autopromotion 896

Murale représentant Brendan Gallagher, des Canadiens de Montréal, rue Draper, Notre-Dame-de-Grâce (Montréal)

«Au printemps la fièvre est universelle
Pis i a juste une place où la glace i faut pas qu’à dégèle»
Loco Locass, «Le but», 2009

Vers 18 h 30, ce soir, au micro d’Étienne Leblanc, à l’émission Ça nous regarde, de la radio de Radio-Canada, l’Oreille tendue parlera de la fièvre montréalaise des séries éliminatoires de la Ligue nationale de hockey.

 

[Complément du jour]

On peut (ré)entendre l’entretien ici.