Chanter Montréal

Antoine Robitaille, au Devoir, pourfend depuis plusieurs années l’utilisation abusive de citoyen comme adjectif.

L’Oreille tendue s’est donc fait un plaisir, par Twitter, de lui annoncer le lancement d’un nouveau service de la ville de Montréal : Alertes citoyennes.

De quoi s’agit-il ?

Les Alertes citoyennes sont de courts messages disponibles en tout temps sur le web et envoyés à votre demande sur votre ordinateur, ou sur votre téléphone intelligent, afin de vous informer d’une situation prioritaire présente ou à venir dans votre arrondissement.

Suggestion de thème musical pour la publicité de ce service : «La Marseillaise.» Au lieu de «Aux armes, citoyens !», on chanterait «Alertes, citoyennes !».

Yapadkoi.

Le zeugme religieux du dimanche matin

«De quel droit parle-t-il au nom de Jésus-Christ, cet extravagant laïque [Ignace de Loyola] qui a vécu dans la fange, dans les camps et dans la plus crasse ignorance jusqu’à l’âge de trente ans ?» (Canada-Revue, 11 novembre 1893, cité dans l’Influence de Voltaire au Canada, t. 2, p. 182)

Référence

Trudel, Marcel, l’Influence de Voltaire au Canada, Montréal, Fides, les Publications de l’Université Laval, 1945, 2 vol. Tome I : de 1760 à 1850, 221 p.; tome II : de 1850 à 1900, 315 p.

 

(Une définition du zeugme ? Par .)

La clinique des phrases (a)

La clinique des phrases, logo, 2020, Charles Malo Melançon

(À l’occasion, tout à fait bénévolement, l’Oreille tendue essaie de soigner des phrases malades. C’est cela, la «Clinique des phrases».)

Soit les phrases suivantes :

Réalisé par Guy Beaulne, en avril 1954, ce radiothéâtre est donné en reprise dans une réalisation de Madeleine Gérôme, en décembre 1965. Son originalité tient à l’inventivité de l’argumentation et du style, à l’humour qu’on y trouve, mais plus encore à la satire qui caractérise l’écriture de ce radiothéâtre.

C’est une évidence : elles ne sont pas en santé. Comment les soigner ? Est-il possible de leur redonner vie ?

On peut d’emblée enlever un bout de phrase répétitif : «qui caractérise l’écriture de ce radiothéâtre». On sait qu’il s’agit d’un radiothéâtre; voir la première phrase. On sait qu’il s’agit de caractériser une écriture : c’est le but de la deuxième phrase.

Nous avons :

Réalisé par Guy Beaulne, en avril 1954, ce radiothéâtre est donné en reprise dans une réalisation de Madeleine Gérôme, en décembre 1965. Son originalité tient à l’inventivité de l’argumentation et du style, à l’humour qu’on y trouve, mais plus encore à la satire.

On peut faire mieux : pourquoi dire qu’on «trouve» dans ce radiothéâtre de l’«humour», alors que l’on trouve de l’«humour», de l’«inventivité» et de la «satire» ?

Coupons encore :

Réalisé par Guy Beaulne, en avril 1954, ce radiothéâtre est donné en reprise dans une réalisation de Madeleine Gérôme, en décembre 1965. Son originalité tient à l’inventivité de l’argumentation et du style, à l’humour, mais plus encore à la satire.

L’Oreille tendue aime bien la virgule, mais il y en a deux, dans la première phrase, qui ne lui paraissent pas indispensables. Ouste :

Réalisé par Guy Beaulne en avril 1954, ce radiothéâtre est donné en reprise dans une réalisation de Madeleine Gérôme en décembre 1965. Son originalité tient à l’inventivité de l’argumentation et du style, à l’humour, mais plus encore à la satire.

Vous ne vous sentez pas mieux ?

À votre service.

N’appelez pas la Société protectrice des animaux (ni la police)

Du cochon et de la tirelire

Soit la phrase suivante, tirée du roman Panache. 1. Léthargie de Sylvain Hotte (2009) :

J’ai sorti les trois cents dollars que j’avais arrachés à mon cochon et je les ai tendus à Normand (p. 155).

Le narrateur ne vient pas, qu’on se rassure, de voler son porc. Il a simplement pris de l’argent dans sa tirelire.

C’est confirmé, une fois de plus : tout est bon dans le cochon.

 

Référence

Hotte, Sylvain, Panache. 1. Léthargie, Montréal, Les Intouchables, coll. «Aréna», 1, 2009, 230 p.

Les zeugmes du sport et du dimanche matin

François Gravel, OK pour le hockey !, 2011, couverture

«il quitte les gradins, la tête entre les jambes, emportant son porte-voix et ses mauvaises odeurs avec lui» (OK pour le hockey !, p. 38).

«“On est encore en vie… et en pause !” s’exclame-t-elle après une 1re manche-marathon, exténuée par la chaleur accablante» (@JeanSylvainDube).

«Je vais lever des fonds et des haltères pendant un mois» (@OlivierB2, via @desrosiers_j).

«J’ai des enfants sportifs. Ma fille joue au soccer, mon fils au baseball et les deux ensemble jouent avec mes nerfs !» (@Yaneau)

«“Il boxe pour l’adrénaline et pour arrondir ses fins de mois” Splendide #zeugme @DansLeChampL» (@PimpetteDunoyer).

«En 60 minutes, les Montréalais ont perdu leurs bagarres, leur fierté et aussi le match» (@lapresseplus, 6 mai 2013).

 

Référence

Gravel, François, OK pour le hockey !, Québec, Éditions FouLire, coll. «Les histoires de Zak et Zoé», 3, série «Sports extrêmes», 2011, 62 p. Illustrations de Philippe Germain.

 

(Une définition du zeugme ? Par .)