L’oreille tendue de… Gabrielle Roy

Gabrielle Roy, la Détresse et l’enchantement, éd. de 1986, couverture

«C’est à peine si je lisais. J’avais l’oreille tendue à capter la sonnerie du téléphone, et que de fois je crus l’entendre à travers des bruits de la rue, et j’accourais sur le seuil de ma chambre pour guetter, le souffle suspendu, la voix de Geoffrey qui allait lancer comme naguère : “Your friend…” et je serais en bas avant qu’il n’eût fini sa phrase, et de nouveau le ciel s’ouvrirait pour moi.»

Gabrielle Roy, la Détresse et l’enchantement, Paris, Arléa, 1986, 505 p., p. 354. Préface de Jean-Claude Guillebaud. Avertissement de François Ricard. Édition originale : 1984.

Citation défensive du jour

Louis Hamelin, Cowboy, éd. de 2016, couverture

«Benoît regagna sa chambre et rangea sa carabine contre le mur, entre un empilement de boîtes de cartouches et un dictionnaire qu’il consultait régulièrement dans le cadre de ses fonctions, parce qu’il fallait parfois des mots pour se défendre.»

Louis Hamelin, Cowboy. Roman, Montréal, XYZ éditeur, coll. «Romanichels», 1992, 417 p., cité dans Patrick Cady, Quelques arpents de lecture. Abécédaire romanesque québécois, Montréal, L’Hexagone, coll. «Itinéraires», 31, 1995, 316 p., p. 153.

Le zeugme du dimanche matin et J.-H. Rosny aîné

J.-H. Rosny aîné, l’Énigme de Givreuse, éd. de 2017, couverture

«C’était une petite chambre blanche et ennuyeuse. Des sièges tristes occupaient les encoignures. Elle était à l’abri des microbes et des rêves.»

J.-H. Rosny aîné, l’Énigme de Givreuse suivi de La haine surnaturelle, Paris, BNF éditions, coll. «Les orpailleurs», 2017, 168 p., p. 31. Présenté par Roger Musnik. (La scène se déroule dans un hôpital.)

 

(Une définition du zeugme ? Par .)

Accouplements 113

Charlotte Aubin, Paquet de trouble, 2018, couverture

(Accouplements : une rubriquel’Oreille tendue s’amuse à mettre en vis-à-vis deux œuvres, ou plus, d’horizons éloignés.)

Dostie, Alexandre, Shenley, Montréal, Éditions de l’écrou, 2014, 93 p.

«t’es un amour de parking
un souvenir de banquette» (p. 63)

Aubin, Charlotte, Paquet de trouble. Poésie, Montréal, Del Busso éditeur, 2018, 99 p. Ill.

«j’te jure
c’est pas si compliqué que ça
fourrer dans un char» (p. 71)

P.-S.—Ce n’est pas la première fois que l’Oreille tendue s’intéresse aux transports amoureux : Melançon, Benoît, «Faire catleya au XVIIIe siècle», Études françaises, 32, 2, automne 1996, p. 65-81. https://doi.org/1866/28660

 

[Complément du jour]

Martineau-Lavoie, Ellie, les Bikinis couleur peau. Poésie, Montréal, Del Busso éditeur, 2018, 86 p.

«entre Montréal et Joliette
nous avons croisé des dizaines de voitures
au moins cinq camions
pas un seul ne s’est aperçu que tu avais ta main
dans ma culotte
durant tout le trajet
que mes cris couvraient la musique» (p. 83)

 

[Complément du 1er février 2022]

Boulianne-Tremblay, Gabrielle, les Secrets de l’origami. Poésie, Montréal, Del Busso éditeur, 2018, 68 p.

«une main sous ma jupe l’autre sur le volant
sa voiture en cire qui fonce droit sur le soleil» (p. 15)

Accouplements 112

Michel Gay, Ce sera tout, 2018, couverture

(Accouplements : une rubriquel’Oreille tendue s’amuse à mettre en vis-à-vis deux œuvres, ou plus, d’horizons éloignés.)

Roubaud, Jacques, Poésie, etcetera : ménage, Paris, Stock, coll. «Versus», 1995, 282 p.

«je suis un poète qu’on dit formaliste» (p. 58).

Gay, Michel, Ce sera tout. Roman, Montréal, VLB éditeur, 2018, 161 p. Ill.

«Je m’étonne qu’il faille rappeler un tel principe à un auteur “spécialiste du minimalisme”, si j’en crois certains on-dit» (p. 106 n. 78).

Il paraît difficile de se dire, soi-même, minimaliste.