L’oreille tendue de… Jacques Godbout

Jacques Godbout, l’Aquarium, 1962, couverture

 

«Quand aucune idée (cela arrive) ne daigne se présenter, je marche à vide; les yeux rivés à une couleur, l’oreille tendue vers un bruit, la paume des mains sur les choses. Cela peut durer des heures. Et je n’en suis point malheureux.»

Jacques Godbout, l’Aquarium. Roman, Paris, Seuil, 1962, 156 p., p. 97.

L’oreille tendue de… Fatou Diome

Fatou Diome, le Ventre de l’Atlantique, éd. de 2010, couverture

«La chanson qui me parvint acheva de me le signifier. Son air était propre aux chants des séances de lutte. Nulle équivoque quant au sens : c’était un appel à la vanité masculine, déclamé par des sirènes d’ébène. Je tendis l’oreille, puis me mis à siffloter :

Lambe niila. (Trois fois)
Domou mbeur djéngoul, beuré, dane.
Do sène morôme.

Ce qui signifie :

La lutte, c’est ainsi. (Trois fois)
Toi, fils de lutteur, attache ta ceinture, lutte et terrasse.
Tu n’es pas leur égal.»

Fatou Diome, le Ventre de l’Atlantique, Paris, Librairie générale française, coll. «Le livre de poche», 2010 (2003), 254 p., p. 194.

L’oreille tendue de… Dino Buzzati

Dino Buzzati, le Désert des Tartares, éd. de 1980, couverture

«À ce moment-là, il entendit un second “floc”, comme le bruit de la chute d’un objet dans l’eau. Ce bruit allait-il se répéter encore ? L’oreille tendue, il guetta le bruit, bruit de souterrains, bruit de marécages, de maisons mortes abandonnées. Des minutes passèrent, immobiles, le silence absolu semblait, finalement, le maître incontesté du fort. Et de nouveau se pressaient autour de Drogo des images de la vie lointaine.»

Dino Buzzati, le Désert des Tartares, traduction de Michel Arnaud, Paris, Laffont, coll. «Le livre de poche», 973, 1980 (1940), 242 p., p. 37.