L’oreille tendue de… David Goudreault

David Goudreault, la Bête et sa cage, 2016, couverture

«Le Sage aussi me regardait d’un autre œil. Il m’a scruté le fond de l’âme, a analysé chaque trait de mon visage, avant de conclure : Je peux pas croire que t’as fait ça, ostie. Tu lui as enfoncé un crayon dans’ tête? Ssshhht, ssshhht ! Je lui ai chuchoté l’ordre de parler moins fort. Dany, le screw de service, feignait de fouiner dans la section des bandes dessinées. Je savais qu’il tendait l’oreille et se serait fait un malin plaisir de me faire plonger. Je ne peux rien te confirmer, mais en tant que bibliothécaire, tu peux sûrement lire entre les lignes… Il n’en revenait pas.»

David Goudreault, la Bête et sa cage (2016), dans la Bête intégrale, Montréal, Stanké, 2018. Édition numérique.

L’oreille tendue de… Pierre Samson

Pierre Samson, le Mammouth, 2019, couverture

«Bella et Joshua échangent un regard. Il lui demande si elle a entendu où ils ont été emmenés.
— Bien sûr, je tendais l’oreille, vous vous en doutez bien. À l’hôpital-prison, là, entre les deux gares. On n’est pas près de les revoir, les pauvres. Pour ce qui est du Mammouth, je le répète : l’homme qui est tombé près de moi n’avait aucune arme dans les mains. Il n’a pas essayé de frapper personne. Il était juste en avant de la foule.»

«Ces femmes, trop maigres, trop pâles, tendent l’oreille aux propos débités par la dame Varrieur et, si elles ne peuvent affirmer y comprendre grand-chose, elles ressentent qu’une vérité libératrice pointe le nez derrière ce flot d’étranges paroles et qu’elle s’évanouira dès les premières secondes de silence.»

Pierre Samson, le Mammouth, Montréal, Héliotrope, 2019. Édition numérique.

L’oreille tendue de… Gabriel Anctil

Gabriel Anctil, Cuba libre !, 2019, couverture

«Ils sirotent tranquillement une blonde
leurs appareils photo au repos.
Regardent au loin, aux aguets
tendant l’oreille pour capter le prochain appel au combat
prêts à rejoindre la Sierra Maestra
certains de pouvoir désormais passer
pour de purs révolutionnaires
déterminés à libérer l’humanité
des besoins imposés» (p. 13)

«J’entends des chants et des rythmes de tambours.
Je tends l’oreille
et tente de remonter à la source de la musique
comme si mon corps entier voulait s’y frotter» (p. 54)

Gabriel Anctil, Cuba libre !, Montréal, XYZ éditeur, coll. «Quai no 5», 2019. Édition numérique.

Le zeugme du dimanche matin et de Mauricio Segura

Mauricio Segura, Viral, 2020, couverture

«Âgé d’environ soixante-dix ans, il portait une moustache mal taillée poivre et sel, un kufi de laine blanc, une djellaba beige brodée de lignes marron et le fardeau des responsabilités qui le clouait depuis des décennies à son commerce.»

Mauricio Segura, Vira. Roman, Montréal, Boréal, 2020, 294 p., p. 282.

 

(Une définition du zeugme ? Par .)