L’oreille tendue de… Ingeborg Bachmann

Ingeborg Bachmann, Malina, 2008, couverture

«Cette musique, je l’ai souvent réentendue dans des improvisations ou des variations, mais jamais juste comme cette fois-là; un jour, par bribes dans une chambre voisine lors d’une discussion à plusieurs voix sur l’effondrement de la monarchie et l’avenir du socialisme, quelqu’un s’était mis à crier parce qu’on avait attaqué l’existentialisme ou le structuralisme, et j’ai tendu l’oreille pour capter une dernière mesure de cette musique déjà noyée dans les vociférations; j’étais privée de moi-même, moi qui ne voulais entendre qu’elle.»

Ingeborg Bachmann, Malina, traduction de Philippe Jaccottet et Claire de Oliveira, Paris, Seuil, 2008, 288 p., p. 18-19.

L’oreille tendue de… Daniel Grenier

Daniel Grenier, Françoise en dernier, 2018, couverture

«François les a laissés continuer pour aller refermer et verrouiller la porte du patio. Elle a tendu l’oreille. Ils se parlaient tout bas, elle disait : t’as vu la peinture, là, tu penses-tu que ça vaut de quoi ? Et il a répondu : prends-la, on sait jamais. Non, fuck that, c’est sûrement une reproduction cheap du Ikea.»

Daniel Grenier, Françoise en dernier. Roman, Montréal, Le Quartanier, coll. «Polygraphe», 16, 2018, 217 p., p. 38.