Histoire de conjonctions et d’excuses

Messages d’excuses tirés d’Internet

 

On l’entend de plus en plus souvent dans la bouche de personnalités publiques : «Si j’ai offensé / blessé quelqu’un, je voudrais m’excuser.»

Quand on en est rendu là, c’est, évidemment, qu’on a blessé / offensé quelqu’un. Sinon, on ne serait pas en train de s’excuser.

La conjonction indiquant une situation hypothétique («si») et le conditionnel («je voudrais») ne sont donc pas de mise.

À la rigueur, on pourrait dire : «Puisque j’ai offensé / blessé quelqu’un, je voudrais m’excuser.» Mieux : «Puisque j’ai offensé / blessé quelqu’un, je m’excuse.»

Mieux encore : «Je m’excuse.»

À votre service.

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Auteur : Benoît Melançon

Professeur, chercheur, blogueur, éditeur, essayiste, bibliographe, chroniqueur radiophonique épisodique, conférencier. Préfère Jackie Robinson à Maurice Richard.

2 thoughts on “Histoire de conjonctions et d’excuses”

  1. Dis-donc, quand tu écris « La conjonction indiquant une situation hypothétique et le conditionnel ne sont donc pas de mise », tu te poses en grammairien : pas en rhétoricien.

    Tu as raison de dire « Quand on en est rendu là, c’est, évidemment, qu’on a blessé / offensé quelqu’un. Sinon, on ne serait pas en train de s’excuser ». Mais utiliser le « si » et le conditionnel, c’est une manière de dire que « certaines personnes » seulement peuvent se sentir offensées. Pas toutes. Et qu’au total, l’énonciateur ne voit pas pourquoi il devrait assumer une sorte de statut d’offenseur universel : il se ménage ainsi une large porte de sortie…

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