Divergences transatlantiques 004

Un fidèle lecteur de (et à) l’Oreille tendue lui écrit ceci :

Une rosette me torture, qui n’est pas de Lyon mais du Québec. Elle se trouve sur la tête des humains, en ce lieu exact d’où les cheveux semblent commencer leur diffusion et prennent la forme d’une… rosette. Un ami traducteur me dit que le mot n’a pas cette acception en France. Il veut savoir comment les Français disent la chose.

Épi ? Ça s’approche, mais ce n’est pas tout à fait cela :

Par anal. (1835) Mèche de cheveux dont la direction est contraire à celle des autres. Avoir un épi. «cet épi sur la tempe gauche qui s’épanouit en toupet» (P. Guimard) (le Petit Robert, édition numérique de 2007).

Qui dit mieux ?

Illustration : Robert Lestourneau, 1er avril 2008, photo déposée sur Flickr, <http://www.flickr.com/photos/74194831@N00/2384631592/>.

Le guide alimentaire canadien

Gros travaux ces jours-ci, et pour plusieurs semaines, à la maison. Dans le jardin, ce cratère.

L’entrepreneur qui l’a creusé craint les retards de ses sous-traitants. S’ils étaient incapables de respecter leurs engagements, il risque de manger de l’argent, dit-il — autrement dit, de travailler à perte.

Pour équilibrer son alimentation, il y a mieux.

Publicité fusion

Avec Pierre Popovic, nous proposions, dans le Village québécois d’aujourd’hui (2001), puis dans le Dictionnaire québécois instantané (2004), la définition suivante du mot souche : «A longtemps désigné ce que le bûcheron laissait derrière lui. Désigne maintenant le bûcheron lui-même.»

En 2004, nous définissions coupe (sentir la ~) ainsi : «Archaïsme hockeyistique. Rappelle le temps où la flanelle était sainte et les glorieux glorieux.»

Husqvarna fabrique, entre autres choses, des tronçonneuses. Sa plus récente publicité télévisée ? «Ça sent la coupe.»

Où le bûcheron rejoint l’amateur de hockey, autour d’une souche.

P.-S. — Pour les non-autochtones, un mot d’explication n’est peut-être pas inutile : l’équipe de hockey de Montréal s’appelle les Canadiens; on dit également la sainte flanelle et les Glorieux. Il fut un temps où cette équipe remportait plus souvent qu’à son tour la Coupe Stanley. Ce n’est plus le cas, malgré une brève fièvre collective printanière : alors, pour quelque jours, «Ça sent la coupe». L’expression a donné son titre à un roman de Matthieu Simard (2004).

Références

Melançon, Benoît et Pierre Popovic, le Village québécois d’aujourd’hui. Glossaire, Montréal, Fides, 2001, 147 p.

Melançon, Benoît, en collaboration avec Pierre Popovic, Dictionnaire québécois instantané, Montréal, Fides, 2004 (deuxième édition, revue, corrigée et full upgradée), 234 p. Illustrations de Philippe Beha.

Simard, Matthieu, Ça sent la coupe, Montréal, Stanké, 2004, 270 p. Rééd. : Montréal, 10/10, 2008, 256 p.

Dictionnaire québécois instantanté, 2004, couverture

Scatologie (universitaire)

On apprend toutes sortes de choses dans les couloirs d’une université.

Jusqu’à tout récemment, l’Oreille tendue ignorait, par exemple, que certains des gens qu’elle fréquente pouvaient, à l’occasion, faire un caca nerveux. Un collègue charitable le lui confie.

De quoi s’agit-il ? Expressio.fr, «Les expressions françaises décortiquées», propose la définition suivante : «S’énerver fortement, avoir un accès de mauvaise humeur (souvent sans réelle justification).» Suivent les rubriques «Origine», «Exemple», «Compléments», «Ailleurs», «Mots-clés» et «Vos commentaires» (65 en date du 31 mars).

On apprend vraiment toutes sortes de choses dans les couloirs d’une université.