Jeux de mains…

Mathias Brunet, «La force de la jeunesse», la Presse+, 29 mai 2017, premières lignes

Sauf rarissime exception, les joueurs de hockey ont tous leurs membres.

Comment expliquer alors ceci, tiré de la Presse+ du 29 mai 2021 ? «Qu’il était rafraîchissant de voir un jeune homme de 20 ans avec des mains repasser la rondelle à un autre jeune homme de 21 ans avec des mains pour le but gagnant en prolongation.» Pourquoi noter que Cole Caufield et Nick Suzuki, tous les deux des Canadiens de Montréal, ont «des mains» ?

C’est qu’il fallait entendre autre chose que le simple mot «mains». Certains athlètes ont beaucoup de dextérité manuelle, que ce soit au hockey (pour tirer) ou au football (pour attraper); ils ont «de bonnes mains». D’autres sont nuls, sur la glace ou sur le terrain; ils n’ont «pas de mains». Ceux-là sont à plaindre.

Oui, c’est de la langue de puck.

P.-S.—Citation, de mémoire, de John Irving : «I had great hands», se souvient Roberta Muldoon, un ancien joueur de football ayant changé de sexe (The World According to Garp, 1978).

 

Référence

Melançon, Benoît, Langue de puck. Abécédaire du hockey, Montréal, Del Busso éditeur, 2014, 128 p. Préface de Jean Dion. Illustrations de Julien Del Busso.

Langue de puck. Abécédaire du hockey (Del Busso éditeur, 2014), couverture

Autopromotion 086

[Mise à jour : le livre sera en librairie le 5 mars 2014. Lire le communiqué de presse. Lire un extrait du livre (PDF). Lire un deuxième extrait (HTML).]

Au printemps 2013, du premier au dernier jour des séries éliminatoires de la Ligue nationale de hockey, l’Oreille tendue a publié ici même les 57 entrées d’un «Dictionnaire des séries». Il y était question, jour après jour, match après match, de la langue du hockey.

Elle a tiré de ces textes un petit livre, Langue de puck. Abécédaire du hockey, bellement illustré par Julien Del Busso et préfacé par Jean Dion. Le livre part chez l’imprimeur… aujourd’hui. Il devrait être en librairie au cours de la première semaine de mars. Il est publié par Del Busso éditeur (ISBN : 978-2-923792-42-2; prix : 16,95 $).

D’ici là, quatre choses. [Suivies d’une revue de presse]

Sa couverture

Langue de puck. Abécédaire du hockey (Del Busso éditeur, 2014), couverture

Sa quatrième de couverture

Vos joueurs favoris, ceux du bleu blanc rouge, ne sont pas en déplacement; ils font un périple de quelques matchs. Vous êtes déçu de leurs résultats ? Soyez indulgent : ils donnent leur 110%, mais la puck ne roule pas pour eux; leur gardien paraît mal et il donne des buts douteux. L’entraîneur a bien essayé de couper son banc, mais sans succès : personne n’est capable de déjouer le cerbère de l’autre équipe. Il va falloir vous faire une raison : la sainte flanelle n’est plus ce qu’elle était, les Glorieux sont une espèce en voie de disparition et ça ne sent plus du tout la coupe dans la Mecque du hockey.

Vous comprenez spontanément ce texte ? Ce livre est pour vous.

Vous ne le comprenez pas ? Il est aussi pour vous.

Essayiste, blogueur, professeur et éditeur, Benoît Melançon est l’auteur d’un livre remarqué sur le plus célèbre joueur des Canadiens de Montréal, les Yeux de Maurice Richard. En 2012, il recevait du gouvernement du Québec le prix Georges-Émile-Lapalme pour la qualité et le rayonnement de la langue française. Langue de puck lui permet de marier sa passion pour les mots à son amour du hockey.

Son avant-propos

Sur mon blogue, l’Oreille tendue (oreilletendue.com), au printemps de 2013, j’ai publié, au jour le jour, un «Dictionnaire des séries». Qu’y trouvait-on ? Des réflexions sur la langue propre au hockey. Ce sont ces réflexions — reprises et réorganisées — qu’on va lire, auxquelles s’ajoutent quelques autres textes tirés du blogue et des inédits.

Je n’ai pas voulu recenser les tics des uns et des autres. Le commentateur Yvon Pedneault aimait dire qu’un joueur allait se blottir derrière un adversaire, ce qui faisait du hockey une activité bien douillette. Je ne me suis pas attaché à ce genre de choses.

Je n’ai pas plus accordé d’attention systématique aux surnoms des joueurs. Du «Concombre de Chicoutimi» au «Bœuf de Matane» en passant par «Le patineur de Ripon», il y a un (petit) livre à faire; ce ne sera pas celui-ci.

Je n’ai pas non plus la volonté de prescrire ce que serait l’usage correct en matière de vocabulaire du hockey. Je ne suis pas parti à la chasse aux anglicismes. Je n’ai pas classé la matière en deux colonnes : dites; ne disez pas. J’ai écouté, j’ai lu, j’ai noté, sans juger (sauf exception).

Le néophyte ne trouvera pas dans les pages qui suivent de cours d’introduction au hockey et à son vocabulaire technique. C’est l’amateur éclairé qui est visé. Cela étant, si vous êtes un néophyte ou un amateur non éclairé, personne ne vous chasse.

Langue de puck, cet abécédaire, est une excursion — un périple, diraient les joueurnalistes — dans la langue du hockey, ses clichés, ses lieux communs, ses bizarreries. Les exemples y sont nombreux et ils viennent de la chanson, de la littérature, des médias. La culture québécoise est traversée par le hockey.

Manque-t-il des choses ? Probablement. Faites-le-moi savoir. J’essaierai d’avoir l’esprit sportif.

Sa table des matières

Préface (Jean Dion)

Avant-propos

A comme agitateur

A comme armée

B comme bagarreur

B comme banc

B comme bandes

B comme budget

C comme chapeau

C comme (petites) choses

C comme coins

C comme coupe

C comme crottin

D comme danse

D comme douteux

E comme équipement

E comme espace

F comme fantôme

F comme faune et comme flore

F comme finales

F comme flambeau

G comme gabarit

G comme gardien

G comme glace

G comme grandir

G comme guerrier

H comme histoire

H comme hockey

I comme inscrire

J comme jongler

J comme joueurnaliste

K comme Kostitsyn

L comme langue

L comme ligue de garage

L comme liquide

L comme loge

M comme mêlée

M comme message

M comme mise au jeu

M comme mise en échec

N comme nombre

O comme organisation

P comme (mal) paraître

P comme passe

P comme patin

P comme périple

P comme pivot

Q comme Québec

R comme rondelle

S comme science

S comme surbite

T comme tatouage

T comme tête

T comme tir

T comme top

T comme tricoter

U comme uniforme

V comme vestiaire

V comme veuve

W comme Wayne

X comme dans X et O

Y comme Y en aura pas de facile

Z comme Zamboni

Sources

Filmographie

Musicographie

Bibliographie

Remerciements

 

[Revue de presse]

Daniel Lemay, «Grand angle. Pour commencer à finir l’hiver», la Presse+, 28 février 2014 : «Pourquoi “patinoir” est-il, tout à coup, passé au féminin au tournant des années 30 ? Même Benoît Melançon, sportif lettré de l’Université de Montréal, l’ignore. L’auteur du livre Les yeux de Maurice Richard abordera peut-être la question dans Langue de puck. Abécédaire du hockey, un ouvrage qui contient quelque 650 termes du monde du hockey, pas tous approuvés par l’Académie française. Melançon y donne-t-il son 110 % dans les deux sens du patinoir ? On verra à la sortie du livre le 5 mars, quand ça va commencer à sentir la Coupe…»

Entrevue de Benoît Melançon avec Alexandre Coupal, émission radiophonique Culture physique, Radio-Canada, 2 mars 2014 : «Pour l’amateur de hockey, mais aussi pour le néophyte, c’est un ouvrage qui est très amusant, qui célèbre la façon dont on parle, dont on dit ce sport qu’on aime tant. […] Vraiment un très beau petit livre. […] Joliment illustré. […] Une belle trouvaille.»

Danny Joncas, «Parler de hockey, c’est du sport !», le Journal de Québec et le Journal de Montréal, 4 mars 2014 : «Le contenu de Langue de puck témoigne […] d’un méticuleux travail de recherche, alors que les références historiques et culturelles y sont nombreuses.»

Entrevue de Benoît Melançon avec Félix Brian Corriveau, émission radiophonique Y a pas deux matins pareils, Radio-Canada (Toronto), 5 mars 2014.

Discussion, animée par Joane Prince, entre Jean Dion, Guillaume Saint-Onge et Benoît Melançon, émission radiophonique Médium large, Radio-Canada, 5 mars 2014.

Entrevue de Benoît Melançon avec Matthieu Dugal, émission radiophonique la Sphère, Radio-Canada, 8 mars 2014.

Patrice Lemieux commente Langue de puck à l’émission de télévision Salut bonjour. Week-end, TVA, 9 mars 2014.

Entrevue de Benoît Melançon avec Andy Mailly-Pressoir et Lisa-Marie Blais à l’émission de télévision Ça commence bien, V télé, 11 mars 2014.

Daniel Lemay, «Choix hebdos. La liste plus ultra», la Presse, 15 mars 2014, cahier Arts, p. 14 : «Avec Benoît Melançon, maniaque de hockey et de la langue française, un livre se propose au lecteur avec deux quasi-certitudes : ledit lecteur, connaisseur ou profane, va apprendre plein de choses sur des sujets qu’il croit connaître (Les yeux de Maurice Richard) et, prime ultime, il va rigoler. Comme ici, dans cet Abécédaire du hockey (Del Busso) où Melançon donne son 110, d’Agitateur à Zamboni.»

Jacques Lanctôt, «De Raël à Accurso», le Journal de Montréal et le Journal de Québec, 22 mars 2014 : «À l’approche des séries éliminatoires du hockey, où l’on espère tous que la Saint-Flanelle aura sa place, voici un petit livre jouissif promis à un bel avenir. […] À lire, en souhaitant que “la puck” roule pour nous et que ce livre fasse le tour du chapeau !»

Gabriel Gaudet, blogue Ma mère était hipster, 23 mars 2014 : «Ma copie de Langue de puck ira rejoindre un recueil d’articles de The Onion et les livres de Jon Stewart et Stephen Colbert, des satiristes de très haut calibre. Il ne faut pas se fier aux apparence : ma lecture de cabinet étant triée sur le volet, c’est une promotion, et non une punition, que d’y voir son ouvrage assigné.»

Mathieu-Robert Sauvé, «Melançon passe la puck !», Forum (Université de Montréal), 48, 25, 24 mars 2014, p. 1-2 : «L’éminent dix-huitiémiste, qui dirige le Département des littératures de langue française de l’Université de Montréal (et qui s’intéresse aux mots du sport comme éléments de la culture), troque ici Denis Diderot contre Roch Carrier et propose, sans condescendance, un répertoire des plus belles fleurs de notre langue vernaculaire.»

Christian Vachon, «Un abécédaire amoureux de la langue parlée du hockey», site de la Librairie Pantoute, 31 mars 2014 : «C’est à un périple amoureux — et jouissif — de la langue parlée du hockey que nous convie Benoît Melançon dans son Langue de puck : abécédaire du hockey, joli petit bouquin bleu-blanc-rouge publié chez Del Busso ce mois de mars. […] Un vrai “périple” jubilatoire.»

Le Journal de Québec, 5 avril 2014, cahier publicitaire «Salon international du livre de Québec», p. 10 : «Fanatiques du hockey, ce livre est pour vous !»

Entrevue, en anglais, de Benoît Melançon avec Bernie St-Laurent, émission radiophonique C’est la vie, Radio-Canada, 6 et 8 avril 2014.

Blogue Ponctuation. Littérature et cie, 7 avril 2014 : «Autant pour le fan inconditionnel, que pour la copine qui souhaite pouvoir faire la discussion avec son amoureux, ce livre est très bien ficelé.»

Yves Boisvert, «Choix hebdos. La liste plus ultra», la Presse, 12 avril 2014, cahier Arts, p. 14 : «Ce petit ouvrage d’hygiène linguistique sportive, signé Benoît Melançon, revisite avec un sourire des notions comme le “joueur d’énergie” et répond à la délicate question de savoir s’il y a des “coins” dans une patinoire pour y travailler fort. Savoureux.»

Entrevue de Benoît Melançon avec Geneviève Langlois à l’émission le 5 à 7 du réseau télévisé RDS, 14 avril 2014 : «Ton humoristique. […] Exercice de style assez rigolo.»

Culturehebdo.com, avril 2014 : «C’est un merveilleux petit bouquin à la thématique particulière, un abécédaire de toutes les expressions consacrées dans le monde du hockey. Et on doit ce bijou de quasi-érudition du domaine à Benoît Melançon. Il est un fan achevé de notre sport national et connaît tout le vocabulaire que les commentateurs et gens du hockey emploient. Même ceux qui ne sont pas des amateurs de ce sport prendront plaisir en amoureux de ces terminologies savoureuses par moments. C’est la Langue de puck. À posséder aux côtés d’autres ouvrages lexicographiques.»

Gabriel Bernier, blogue Entre deux arts, 18 avril 2014 : «nombreux passages savoureux […], avec toute la précision mais aussi le brin d’humour à l’image de l’auteur».

Entrevue de Benoît Melançon avec Marie-France Bazzo, émission radiophonique C’est pas trop tôt !, Radio-Canada, 21 avril 2014 : «Vraiment un livre à lire.»

Guillaume Bellehumeur, blogue de la Librairie Raffin, 22 avril 2014 : «Le langage pour le moins coloré propre au monde du hockey est ici commenté de façon intelligente et franchement drôle. […] En allant chercher le gros gaillard qu’est Langue de puck à temps pour les séries, on se place définitivement en bonne position pour reprendre l’avantage de la glace et remporter la grande danse printanière. Ça sent la coupe.»

Louis Cornellier, «Lectures des séries», le Devoir, 26 avril 2014, p. F6 : «Pour agrémenter cette réjouissante exploration lexicosportive, Melançon a parsemé son ouvrage de citations de chansons et d’œuvres littéraires québécoises utilisant la “langue de puck”. Il a, comme on dit, donné son 110 % afin que ça sente vraiment la coupe, ce printemps. On le félicite.» Voir aussi, du même auteur, le Point sur la langue. Cinquante essais sur le français en situation, Montréal, VLB éditeur, 2016, p. 105-107.

Julien Morissette, chronique à l’émission radiophonique Bernier et cie (Radio-Canada, Ottawa), 6 mai 2014 : «le mariage parfait entre l’esprit intellectuel de la langue et l’amour du sport […] Des heures et des heures de plaisir.»

Librairie de Verdun, sur Facebook, 6 mai 2014 : «un abécédaire incontournable du hockey !»

Mario Asselin, «Thomas Vanek n’est pas un plombier ! #LangueDePuck», blogue, Journal de Québec, 22 mai 2014 : «On comprendra que ce qui m’excite le plus depuis le début de la série contre les Rangers de New York, ce sont ces jeux de mots sur la langue propre au hockey que le blogueur et professeur de littérature Benoît Melançon appelle la langue de puck !»

Michel Nareau, Nuit blanche, 136, automne 2014 : «Loin de se contenter d’une nomenclature stérile, qui alignerait les termes, Melançon s’emploie à organiser des réseaux de sens entre les expressions. Ce faisant, il met en évidence ce que les lieux communs du hockey doivent au discours social.»

Langue de puck fait partie des «5 lectures différentes et parfaites pour le transport collectif» recommandées par l’Agence métropolitaine de transport sur le site Nightlife.ca (18 novembre 2014).

Recommandation de lecture de Hockey Québec, 21 avril 2020.

L’Oreille tendue souhaite vous tâter…

…en tout bien tout honneur.

Au printemps 2013, du premier au dernier jour des séries éliminatoires de la Ligue nationale de hockey, l’Oreille a publié ici même les 57 entrées d’un «Dictionnaire des séries». Il y était question, jour après jour, match après match, de la langue du hockey.

En février 2014, ces textes, revus et augmentés, accompagnés de quelques inédits, présentés dans un nouvel ordre, paraîtront à Montréal chez Del Busso éditeur. L’ouvrage à paraître sera généreusement illustré.

L’Oreille a proposé à son éditeur et néanmoins ami, Antoine Del Busso, le titre suivant : Petit lexique illustré à l’usage de l’amateur de notre beau sport national, titre qui a reçu son aval.

Puis, un jour, hésitation éditoriale. En effet, l’Oreille ayant intitulé, sans trop y réfléchir, un de ses courriels «Langue de puck», l’éditeur a été séduit par la formule, au point de se demander s’il ne tenait pas là un meilleur titre de livre que Petit lexique illustré à l’usage de l’amateur de notre beau sport national.

Qu’en pensent les bénéficiaires de l’Oreille tendue ? Quel titre préfèrent-ils ?

Langue de puck ?

Petit lexique illustré à l’usage de l’amateur de notre beau sport national ?

Langue de puck. Petit lexique illustré à l’usage de l’amateur de notre beau sport national ?

Autre chose ?

Elle et lui vous remercient à l’avance.

P.-S. — On ne confondra évidemment pas poque et puck.

 

[Complément du 29 janvier 2014]

Finalement, ce sera Langue de puck. Abécédaire du hockey et ça paraîtra au début de mars. (Pourquoi ce changement de sous-titre ? Le premier — Petit lexique illustré à l’usage de l’amateur de notre beau sport national — correspondait parfaitement au graphisme initial de l’ouvrage. Ce graphisme ayant complètement changé, Abécédaire du hockey fait mieux l’affaire.)

Ci-dessous, une première maquette de la couverture.

Langue de puck. Abécédaire du hockey (Del Busso éditeur, 2014)

Dictionnaire des séries 57

La rondelle des Rolling Stones (Montréal, 2013)

«La p’tite rondelle noire est une étoile filante»
(Robert Charlebois, «Champion», chanson, 1987).

 

Sans rondelle, point de hockey. (Il existe des rondelles de substitution, mais ce n’est vraiment pas la même chose.)

La preuve ? Quand un entraîneur veut punir ses joueurs, il les fait s’entraîner sans : en 2010, Jacques Martin, qui dirigeait alors l’équipe de Montréal, «a convié le Canadien à une réunion d’équipe à 10 h 30, suivie d’une courte séance de patinage sans rondelle, puis d’un entraînement intensif» (la Presse, 24 novembre 2010, cahier Sports, p. 2). Il était mécontent de leur performance de la veille.

Indispensable, donc, la rondelle. Et qui porte plusieurs noms, outre celui-là.

Il y a disque.

Lafleur derrière son filet
Prend bien son temps
Cède le disque à Boucher
(Daniel Boucher, «Boules à mites», chanson, 1999)

Il y a caoutchouc, comme chez Albert Chartier (éd. de 2011, p. 43).

Albert Chartier, Onésime

Il y a puck, au masculin.

Quand sur une passe de Butch Bouchard i prenait le puck derrière ses goals
(Pierre Létourneau, «Maurice Richard», chanson, 1971)

Il y a puck, au féminin. (L’Oreille tendue défend cette position.)

«Passe-moé la puck», chanson des Colocs (1993).

Attention : on ne confondra pas puck et poque, même s’il est vrai que la première peut causer la seconde.

L’entraîneur Pat Burns, au lieu de rondelle, disque ou puck, utilisait, dit-on, la noire. C’est joli.

Les non-autochtones emploient souvent palet. Il ne faut pas : comme gouret au lieu de bâton, cela vous chasse à l’extérieur des membres de la communauté hockeyistique.

Dans ma ruelle, les soirs d’hiver, j’entends mes petits voisins jouer au hockey. Le garçon hurle en frappant le palet comme un sourd (Ils sont fous, ces Québécois !, p. 128).

Que fait-on avec l’objet ? On le tire, on le passe, on le droppe (dropper : se débarrasser de la rondelle avant d’entrer dans la zone adverse en la tirant dans le fond de celle-ci).

Ça droppe le puck dans l’fond pis ça joue comme des chaudrons
(Les Cowboys fringants, «Salut mon Ron», chanson, 2002)

Il est mal de manger la puck (conserver la rondelle alors qu’on devrait la passer à un coéquipier).

Serguei, c’t’un gars d’la Russie
Qui passe son temps sur la galerie
Qui mange la puck, qui vire en rond
(Alain-François, «C’est pour quand la coupe Stanley ?», chanson, 2007)

Attention : on ne confondra pas manger la rondelle et manger les bandes.

Quand la rondelle est libre, il faut s’en emparer. Quand on l’a, il faut la protéger.

On ne s’étonnera pas qu’un objet de cette importance ait servi de base à des expressions passées dans la langue commune.

Qui niaise avec la puck manque d’esprit d’initiative, sur la glace comme ailleurs.

Qui a la puck qui roule pour lui est favorisé du sort; qui ne l’a pas s’en plaint.

Quand la puck roulait pour nous autres
(Mes Aïeux, «Le fantôme du Forum», chanson, 2008)

Comme la rondelle semblait rouler à mon avantage, il fallait exploiter la situation sans attendre (Sainte Flanelle, gagnez pour nous !, p. 105).

Depuis hier soir, la saison étant terminée, la puck ne roule plus pour personne, littéralement et dans tous les sens. Les joueurs peuvent raser leur barbe des séries et l’Oreille tendue mettre un terme à son «Dictionnaire des séries». Un livre sera tiré de celui-ci; il sera publié en octobre 2013 par Del Busso éditeur.

 

[Complément du 13 mai 2014]

«Je sais qu’on prétend que les synonymes parfaits n’existent pas. Pourtant, que l’on dise le caoutchouc, le disque ou la rondelle, on désigne le même objet et personne ne peut s’y tromper. De toute façon, les synonymes peuvent enlever un peu de la monotonie que pourrait créer la répétition trop fréquente des mêmes mots. […] Les joueurs se disputent une rondelle, un disque ou un caoutchouc. Malheur à qui s’acharnerait à vouloir le “puck”.»

Michel Normandin, «La langue des sports», Vie française, 12, 1-2, septembre-octobre 1957, p. 34-46, p. 42 et 43.

 

[Complément du 17 juillet 2014]

L’Oreille tendue vient de découvrir une bande dessinée sur le hockey parue à Bruxelles en 1957, «La revanche de Terry». On y parle de puck (p. 29) au masculin. (On y utilise aussi dribbler et stick.)

Jean Graton, «La revanche de Terry», 1957, p. 29

 

[Complément]

Les 57 textes du «Dictionnaire des séries» — repris et réorganisés —, auxquels s’ajoutent des inédits et quelques autres textes tirés de l’Oreille tendue, ont été rassemblés dans le livre Langue de puck. Abécédaire du hockey (Montréal, Del Busso éditeur, 2014, 128 p., illustrations de Julien Del Busso, préface de Jean Dion, 978-2-923792-42-2, 16,95 $).

En librairie le 5 mars 2014.

Langue de puck. Abécédaire du hockey (Del Busso éditeur, 2014)

Références

Chartier, Albert, Onésime. Les meilleures pages, Montréal, Les 400 coups, 2011, 262 p. Publié sous la direction de Michel Viau. Préface de Rosaire Fontaine.

Dionne, Claude, Sainte Flanelle, gagnez pour nous ! Roman, Montréal, VLB éditeur, 2012, 271 p.

Graton, Jean, «La revanche de Terry», dans Ça, c’est du sport ! 7 histoires complètes, Bruxelles, Lombard, «Collection du Lombard», 1957, p. 28-31.

Wœssner, Géraldine, Ils sont fous, ces Québécois ! Chroniques insolites et insolentes d’un Québec méconnu, Paris, Éditions du moment, 2010, 295 p.

Dictionnaire des séries 56

Quand un joueur atteint — enfin — la Ligue nationale de hockey, c’est qu’il est monté avec le grand club. Inversement, s’il est rétrogradé, c’est dans les mineures (la Ligue américaine). Ce peut être pire : être retourné à son équipe junior.

Des mineures à la Nationale
Emmenez-en des baveux
(Éric Lapointe, «Rocket (On est tous des Maurice Richard)», chanson, 1998)

Les joueurs qui aiment partir de leur zone pour passer dans celle de l’adversaire joueraient nord-sud. Ceux qui préfèrent les déplacements latéraux joueraient est-ouest. (Non, il s’agit pas de l’ouest du bœuf de l’Ouest.)

Depuis des années, la Ligue nationale de hockey essaie de s’implanter dans des régions étrangères à la culture de ce sport. Cela s’appelle réussir à percer le marché américain. Ou pas.

Un équipe qui joue à domicile serait, semble-t-il, favorisée, contrairement à celle qui joue sur la route pendant un périple plus ou moins long. Elle aurait l’avantage de la glace. L’existence de celui-ci a été mis en doute par Jean Dion dans le Devoir du 9 mai 2013 :

Il y a aussi, bien sûr, l’avantage de la glace. Personnellement, j’apprécie surtout l’avantage de la glace dans une succulente crème de menthe verte, mais le concept s’applique aussi au hockey, ç’a l’air. Cet avantage, il semble bon de l’avoir, raison du reste pour laquelle il s’agit d’un avantage. Pour s’en imprégner, toutefois, il faut mettre de côté les occurrences où, après qu’une équipe eut gagné à l’étranger, un expert vous dira que ce club vient de prendre ou de reprendre l’avantage de la glace comme si c’était important, alors même qu’en gagnant à l’étranger, il vient tout juste de prouver que l’avantage de la glace n’est pas si important que ça (p. B6).

Le hockey donne des leçons de géographie.

P.-S. — Vous être un peu mêlé par tout ça ? Servez-vous de votre vision périphérique et tout ira mieux.

 

[Complément]

Les 57 textes du «Dictionnaire des séries» — repris et réorganisés —, auxquels s’ajoutent des inédits et quelques autres textes tirés de l’Oreille tendue, ont été rassemblés dans le livre Langue de puck. Abécédaire du hockey (Montréal, Del Busso éditeur, 2014, 128 p., illustrations de Julien Del Busso, préface de Jean Dion, 978-2-923792-42-2, 16,95 $).

En librairie le 5 mars 2014.

Langue de puck. Abécédaire du hockey (Del Busso éditeur, 2014)