Maurice Richard au mur

En 2015, les productions Murale A’shop commandent à Zek One et Dodo Ose une murale pour honorer Maurice Richard, l’ancien joueur des Canadiens — c’est du hockey. Elle se trouve rue Fleury, à Montréal.

Murale de Maurice Richard, rue Fleury, Montréal

À l’été 2020, pour le siège social montréalais de la banque TD, le même Zek a proposé une série sur les «Grands Montréalais». Parmi eux, encore une fois, Maurice Richard.

Murale de Maurice Richard, siège social de la banque TD, Montréal

À ces deux œuvres ajoutons celle-ci, qu’on peut voir à l’intérieur du Forum Pepsi AMC.

Murale de Maurice Richard, Forum Pepsi AMC, Montréal

Les murs montréalais parlent du Rocket.

P.-S.—Le visage de Maurice Richard se trouve aussi sur des murs d’hôtel.

Ponctuons, à table, avec Jean Echenoz

Jean Echenoz, le Méridien de Greenwich, 1979, couverture

Tous le savent : le 24 septembre est, aux États-Unis, le National Punctuation Day.

Célébrons avec le Jean Echenoz du Méridien de Greenwich (1979) :

Ils étaient face à face, coinçant entre eux une petite table carrée — impossible de fuir, pensait la table, ils me plaquent au sol avec leurs coudes. Ils parlaient. Leurs paroles se croisaient, leurs voix s’affrontaient, comme des gladiateurs, l’une armée d’un glaive et d’un casque, l’autre d’un bouclier et d’un filet. Principalement travaillaient leurs bouches et la plupart des muscles de leurs visages, les mains et avant-bras assurant la ponctuation, l’illustration, le commentaire. Le reste de leurs corps était au repos, à peu près immobile, s’ébrouant quelquefois comme un chien dans sa niche, croisant ou décroisant les jambes; quelques démangeaisons de part et d’autre, une érection du côté de Paul; sur la table, deux verres vides et deux verres pleins (p. 34-35).

 

Référence

Echenoz, Jean, le Méridien de Greenwich, Paris, Éditions de Minuit, 1979, 255 p.

Accouplements 116

«Sous les pavés, la plage», illustration de Noelbabar, domaine public(Accouplements : une rubriquel’Oreille tendue s’amuse à mettre en vis-à-vis deux œuvres, ou plus, d’horizons éloignés.)

C’est le mois et l’année qui veulent ça : on commémore Mai 1968.

Déjà, le 13 novembre 2017, Claro évoquait sur son blogue «l’âge des pavés» pour rendre compte d’un livre d’Yves Pagès, Tiens, ils ont repeint ! 50 ans d’aphorismes urbains de 1968 à nos jours (Paris, La Découverte, 2017, 300 p.).

Ces jours-ci, dans le périodique suisse la Couleur des jours, l’ami Michel Porret fait paraître «Les pavés sur la gueule» (numéro 27, été 2018). Il y fait l’histoire, exemples à l’appui, de cet «âge des pavés». Ça commence avec les Romains, ça passe par Paris il y a cinquante ans — «Le pavé résume l’insurrection du Quartier latin» — et ça va jusqu’à aujourd’hui — «les révoltes logiques suivent d’autres voies, dont celle immatérielle des réseaux sociaux via le pavé numérique de l’ordinateur». C’est magnifique.

Illustration de Noelbabar, domaine public, disponible sur Wikimedia Commons

Première(s) connexion(s)

Plusieurs générations de disquettes

En ce 23 août, on célèbre la naissance du Web, d’où le mot-clic #internautday.

L’ami François Bon a mis sur YouTube une vidéo racontant sa première connexion.

Celle de l’Oreille tendue ? Ses souvenirs sont, comme toujours, moins précis, mais cela pourrait donner quelque chose comme ce qui suit.

Elle eu des adresses de courriel, dès la fin des années 1980, sur aol.com et sur compuserve.com, puis sur un serveur universitaire à partir de 1991.

En 1992, de Paris, elle a lancé une bibliographie numérique sur le XVIIIe siècle à partir d’un Minitel branché à Internet (si, si). (Cette bibliographie existe toujours.)

De 1994 à 1999 (ou dans ces eaux-là), avec Christian Allègre, Jean-Claude Guédon et Michel Pierssens, elle a cogéré — les plus vieux se souviendront peut-être de la chose — un site gopher. Cela s’appelait, nécessairement sans accent, «Litteratures».

Elle a monté ses premières pages Web, dans un éditeur de texte, presque au moment même de l’apparition d’Internet pour le grand public.

Elle a publié un livre sur le courrier électronique, Sevigne@Internet, en 1996, fruit d’une conférence de l’année précédente.

Le 18 mars 1997, elle donnait pour la première fois une séance de cours, à l’Université de Montréal, sur «Informatique et littérature» (elle a été reçue assez fraîchement).

Au fil des âges numériques, elle a utilisé au moins quatre formats de disquettes, sans compter d’autres supports de stockage — les mêmes que François B.

En années Internet, l’Oreille n’est plus jeune jeune.

(Merci à Larry Bongie pour la photo.)