La Petite Graine (2026) est un film de fiction de Mathias et Colas Rifkiss. Il porte en partie sur l’insémination artificielle humaine.
On peut penser que son titre risque de faire sourire au Québec. Pourquoi ? Parce que.
« Nous n’avons pas besoin de parler français, nous avons besoin du français pour parler » (André Belleau).
La Petite Graine (2026) est un film de fiction de Mathias et Colas Rifkiss. Il porte en partie sur l’insémination artificielle humaine.
On peut penser que son titre risque de faire sourire au Québec. Pourquoi ? Parce que.
En 2022, Hélène Choquette lançait le documentaire Une histoire sur le goût de la langue. En ouverture, on entend la chanson «Mon pays», de Gilles Vigneault. Pourquoi ? Parce qu’elle «contredit» la déclaration de Voltaire sur les «arpents de neige» canadiens.
P.-S.—Au dernier rang, sur l’affiche, à gauche, n’est-ce pas Voltaire ?
Au début du vingt-troisième chapitre de Candide (1759), le conte de Voltaire, «Candide et Martin vont sur les côtes d’Angleterre; ce qu’ils y voient», Candide discute avec Martin sur le pont d’un navire hollandais : «Vous connaissez l’Angleterre; y est-on aussi fou qu’en France ? — C’est une autre espèce de folie, dit Martin. Vous savez que ces deux nations sont en guerre pour quelques arpents de neige vers le Canada, et qu’elles dépensent pour cette belle guerre beaucoup plus que tout le Canada ne vaut.»
Voltaire est toujours bien vivant.

Parmi les plus vieux lecteurs de l’Oreille tendue, certains se souviendront peut-être d’une œuvre québécoise de 1974, la Pomme, la queue et les pépins. Coiffé d’une subtile allusion aux parties du fruit défendu, ce film de fesses mettait en relation les ébats amoureux et un appendice masculin dysfonctionnel.
Pour la Saint-Valentin de cette année, le Commissariat aux langues officielles du Canada a proposé, sur les réseaux sociaux, une étonnante publicité : «Ma queue et mon cœur s’emballent… quand tu t’exerces à parler ta deuxième langue officielle !» La queue et l’amour, encore, la langue en plus.
Ce message «saugrenu» a évidemment suscité des moqueries nombreuses, au point où le Commissariat l’a retiré. Ses lecteurs ont cru comprendre que cette invitation implicite ne concernait pas que les chiens. Comment le leur reprocher ?
Des fleurs ou des chocolats auraient moins porté à controverse.
P.-S.—La version anglaise, «My tail starts wagging and my heart is all aflutter… when you practise your second official language !», était beaucoup plus neutre que la française.
Le critique de cinéma Michel Coulombe vient de publier un ouvrage thématique sur le cinéma québécois, le Québec en cinémascope.
Un de ses chapitres porte sur des films mettant en scène la neige. Son titre ? «Quelques arpents qu’on déneige.»
Au début du vingt-troisième chapitre de Candide (1759), le conte de Voltaire, «Candide et Martin vont sur les côtes d’Angleterre; ce qu’ils y voient», Candide discute avec Martin sur le pont d’un navire hollandais : «Vous connaissez l’Angleterre; y est-on aussi fou qu’en France ? — C’est une autre espèce de folie, dit Martin. Vous savez que ces deux nations sont en guerre pour quelques arpents de neige vers le Canada, et qu’elles dépensent pour cette belle guerre beaucoup plus que tout le Canada ne vaut.»
Voltaire est toujours bien vivant.
Référence
Coulombe, Michel, le Québec en cinémascope. Un grand voyage cinématographique de l’Abitibi à Anticosti, Laval, Saint-Jean éditeur, 2025, 248 p.
Dans le français populaire du Québec, on trouve des conseils. «Pousse, mais pousse égal», par exemple, suppose une forme d’exagération, mais limitée : «Mets-en, mais pas trop.»
Cela peut même s’appliquer dans le domaine agricole. Des exemples ?
«Pousse mais pousse local», suggère W communication pour l’Union des producteurs agricoles du Québec.
«Pouce vert mais pousse égal», chante Québec Redneck Bluegrass Project (p. 67).
Vive la culture !
P.-S.—Les cinéphiles, façon de parler, se souviendront du film Pousse mais pousse égal (1975), de Denis Héroux.
Référence
Québec Redneck Bluegrass Project, J’ai bu, Spectacles Bonzaï et Québec Redneck Bluegrass Project, 2020, 239 p. Ill. Avec un cédérom audio.