Ella dans le poste

Statue d’Ella Fitzgerald, Yonkers, New York, mai 2024

Il y a toutes sortes possibilités d’entendre Ella Fitzgerald : disques, vidéos, services d’écoute en ligne, etc. On peut aussi l’entendre à la télévision.

Quatre exemples.

«Goodnight my Love», avec Benny Goodman, à la fin du deuxième épisode de la deuxième saison des SopranosDo Not Ressuscitate», 23 janvier 2000).

«Blue Skies», à la fin du vingt-troisième épisode de la troisième saison de Brooklyn Nine-NineGreg and Larry», 19 avril 2016).

«Have Yourself a Merry Little Christmas», dans le quatrième épisode de la deuxième saison de Ted LassoCarol of the Bells», 13 août 2021).

«Dream a Little Dream of Me», avec Louis Armstrong, dans le quatrième épisode de la quatrième saison de Stranger ThingsDear Billy», 27 mai 2022).

Ce dossier reste évidemment ouvert.

Dans l’œil et dans l’oreille de l’Oreille tendue en 2025

Sapin de Noël, 24 décembre 2021

Sans ordre, quelques souvenirs culturels pour l’année qui se termine.

Une série québécoise ? Empathie.

Un podcast québécois ? Translations.

Un Echenoz ? Bristol.

Un roman étatsunien ? Nemesis.

Un autre roman étatsunien ? Dolores Claiborne.

Un recueil de chroniques français ? V13.

Un recueil de souvenirs ? The Year of Magical Thinking.

Un livre québécois inclassable ? Foule monstre.

Un recueil de poésie québécois ? Précieux sang.

Un essai sur le numérique ? Écrire l’histoire.

Un autre podcast québécois ? La Tempête Conrad Black.

Un blogue québécois ? Le Machin à écrire.

Un autre blogue québécois ? BiblioBabil.

Un service dominical ? Les Notules.

À votre service.

 

Références

Brousseau, Simon, Foule monstre, Montréal, Héliotrope, 2025, 225 p.

Carrère, Emmanuel, V13. Chronique judiciaire, Paris, Gallimard, coll. «Folio», 7354, 2024, 357 p. Édition originale : 2022. Postface de Grégoire Leménager.

Didion, Joan, The Year of Magical Thinking, Londres, 4th Estate, 2012, 227 p. Ill. Édition originale : 2005.

Echenoz, Jean, Bristol. Roman, Paris, Éditions de Minuit, 2025, 205 p.

King, Stephen, Dolores Claiborne. A Novel, New York, Pocket Books, 2022, xiii/395 p. Ill. Édition originale : 1993.

Muller, Caroline, avec Frédéric Clavert, Écrire l’histoire. Gestes et expériences à l’ère numérique, Paris, Armand Colin, 2025, 201 p. Préface d’Antoine Prost.

Roth, Philip, Nemesis, Toronto, Penguin Canada, 2011, 280 p. Édition originale : 2010.

Voyer, Marie-Hélène, Précieux sang suivi de Voir avec des yeux de chair, Saguenay, La Peuplade, coll. «Poésie», 2022, 196 p.

Accouplements 271

Drapeau du Portugal

(Accouplements : une rubriquel’Oreille tendue s’amuse à mettre en vis-à-vis deux œuvres, ou plus, d’horizons éloignés.)

Dan Brown, dans son plus récent roman, The Secret of Secrets (2025), emberlificote une intrigue autour de la nature de la conscience : s’agit-il, comme le disent les matérialistes, d’un phénomène physicochimique ou plutôt, comme le croient les noéticiens, d’un milieu dans lequel baigneraient les êtres humains ? Un des nombreux contentieux entre les deux groupes concerne les cas où quelqu’un développerait, sans raison apparente, des savoirs inattendus : «In other words, you get conked on the head, and you wake up a virtuoso violonist, or fluent in Portugese, or a genius at math — where you previously possessed none of these skills» (p. 122; «Autrement dit, vous recevez un coup sur la tête et vous vous réveillez virtuose du violon, parlant couramment le portugais ou étant un génie des mathématiques — alors que vous ne possédiez aucune de ces compétences auparavant.»).

La série télévisée Seinfeld offre une situation semblable. Dans le 143e épisode (huitième saison, neuvième épisode), «The Abstinence», George Costanza, au moment où il est forcé à l’abstinence sexuelle, développe des facultés d’apprentissage inexplicables. Par exemple, il se met à parler portugais sans jamais avoir appris cette langue. (Cette maîtrise disparaîtra bientôt.)

 

 

Cela laisse grande ouverte une question : pourquoi le portugais ?

 

Référence

Brown, Dan, The Secret of Secrets. A Novel, New York, Doubleday, 2025, 675 p. Ill.

Chantons le hockey avec Christine Corneau

Christine Corneau, album En personnes, 1988, pochette

(Le hockey est partout dans la culture québécoise et canadienne. Les chansons sur ce sport ne manquent pas, plusieurs faisant usage de la langue de puck. Petite anthologie en cours. Liste d’écoute disponible sur Spotify. Suggestions bienvenues.)

 

Christine Corneau, «La soirée du hockey», En personnes, 1988

 

J’me souviens ben jeune
Quand on jouait dans l’salon
L’hiver passait
C’tait jamais trop long
Samedi soir mon père collait d’vant la tévé

Ma mère faisait cuire du jambon
Maudit qu’le hockey sentait bon
Quand y avait un but
[Choriste] Y avait un but
On criait comme des perdus

Quand j’entends la Soirée du hockey
Avec la voix de Lionel Duval
Qui m’parle «en direct du Forum de Montréal»
Quand j’entends la Soirée du hockey
La foule en délire
C’est plus fort que moi
[Choriste] C’est plus fort que moi
Ça m’fait souvenir

Ma mère v’nait voir le but au ralenti
Le temps s’arrêtait
Nous autres aussi
Mon père devenait heureux
Tout d’un coup

Y s’ouvrait une Mol
Y misait sur les scores
C’tait notre idole
Not’Maurice Richard
Mon père nous aimait
[Choriste] Nous aimait
Si on laissait toute la game en paix

Quand j’entends la Soirée du hockey
Avec la voix de Lionel Duval
Qui m’parle «en direct du Forum de Montréal»
Quand j’entends la Soirée du hockey
La foule en délire
C’est plus fort que moi
[Choriste] C’plus fort que moi
Ça m’fait souvenir

Le samedi soir dans mon appartement
Quand j’me sens seule
Quand j’sens peser le temps
J’passe la veillée la tévé allumée
Ça s’met d’un coup à sentir le jambon
Maudit qu’y a des souvenirs qui sentent bon
J’me sens comme une enfant
[Choriste] Comme une enfant
Je r’tourne à’maison

Quand j’entends la Soirée du hockey
Avec la voix de Lionel Duval
Qui m’parle «en direct du Forum de Montréal»
Quand j’entends la Soirée du hockey
La foule en délire
[Buits de foule]
C’est plus fort que moi
[Choriste] Plus fort que moi
Ça m’fait

Quand j’entends la Soirée du hockey
Avec la voix de Lionel Duval
Qui m’parle «en direct du Forum de Montréal»
Quand j’entends la Soirée du hockey
La foule en délire
[Bruits de foule]
[Musique du Forum]
C’est plus fort que moi
[Choriste] Plus fort que moi
Ça m’fait souvenir

Ça m’fait souvenir

 

P.-S.—Un extrait de cette chanson se trouve en épigraphe au livre de Luc Bertrand, Lionel Duval. Revoyons les faits saillants (Montréal, TVA éditions, 2001).

 

Références

Melançon, Benoît, «Chanter les Canadiens de Montréal», dans Jean-François Diana (édit.), Spectacles sportifs, dispositifs d’écriture, Nancy, Questions de communication, série «Actes», 19, 2013, p. 81-92. https://doi.org/1866/28751

Melançon, Benoît, Langue de puck. Abécédaire du hockey. Édition revue et augmentée, Montréal, Del Busso éditeur, 2024, 159 p. Préface d’Olivier Niquet. Illustrations de Julien Del Busso. ISBN : 978-2-925079-71-2.

Melançon, Benoît, Langue de puck, édition revue et augmentée de 2024, couverture

Les David Lynch de François Hébert

François Hébert, «David Lynch», collage
François Hébert, «David Lynch», collage, collection particulière

L’écrivain québécois François Hébert (1946-2023) s’intéressait au cinéaste David Lynch. Déjà, en 1985, celui-ci apparaissait, sous sa plume, dans Monsieur Itzago Plouffe (pour l’Homme-éléphant, p. 63). On le croisera ensuite dans Pour orienter les flèches (Blue Velvet, p. 93) et dans Des conditions s’appliquent (Mulholland Drive, p. 39). Il sera plusieurs fois questions de lui dans Frank va parler : pour ses films (Blue Velvet, p. 29, p. 35; Mulholland Drive, p. 135), pour sa série télévisée (Twin Peaks, p. 30, p. 72, p. 83), pour un film de son fils, John, dans lequel il joue (Lucky, p. 30-32). Hébert fait, pour l’occasion, le portrait de Lynch, sous forme d’autoportrait :

C’est mon semblable, ce Lynch aux cheveux en brosse irrégulière dressés sur la tête comme un vieux pinceau, on a le même âge, sinon la même tronche, car j’ai plutôt une tête d’œuf. Le cinéaste est peintre, ça vous change le mal de place. Et je suis poète aux heures perdues, et presque toutes le sont ces temps-ci (p. 29).

François Hébert pratiquait aussi l’art du collage : «J’en ai fait un assemblage artistique avec des objets divers, presque digne d’un altruiste» (p. 30). Oui, c’est l’illustration ci-dessus.

David Lynch vient de mourir.

 

Références

Hébert, François, Monsieur Itzago Plouffe, Québec, Éditions du Beffroi, 1985, 96.

Hébert, François, Pour orienter les flèches. Notes sur la guerre, la langue et la forêt, Montréal, Trait d’union, coll. «Échappées», 2002, 221 p.

Hébert, François, Des conditions s’appliquent. Poèmes, Montréal, L’Hexagone, 2019, 75 p.

Hébert, François, Frank va parler. Roman, Montréal, Leméac, 2023, 203 p.