Publicité, dans le métro de Montréal, pour le spectacle de l’humoriste Coco Belliveau. Son titre ? «Cocologie (n.f.)».
Cocologie ?
On l’a vu : le coco, dans le français populaire du Québec, c’est la tête. La cocologie, nom féminin (n.f.), c’est ce qui se trouve à l’intérieur de la tête : l’intelligence. Faire preuve de cocologie, c’est bien.
Bon spectacle.
[Complément du 8 avril 2026]
Exemple romanesque, chez le Réjean Ducharme de Va savoir (1994) : «On vaut ce qu’on veut. On n’est pas apprécié à ce qu’on mérite mais à ce qu’on coûte. C’est une tautologie qui n’entre pas dans toutes les cocologies» (éd. de 2022, p. 1604).
Référence
Ducharme, Réjean, Va savoir. Récit, dans Romans, Paris, Quarto Gallimard, 2022, 1951 p., p. 1547-1724. Édition originale : 1994. Édition établie et présentée par Élisabeth Nardout-Lafarge. Vie & œuvre par Monique Bertrand et Monique Jean.
(Accouplements : une rubrique où l’Oreille tendue s’amuse à mettre en vis-à-vis deux œuvres, ou plus, d’horizons éloignés.)
Au moment de mourir, le film de notre vie défilerait devant nos yeux, dit-on. Avec Woody Allen et Paul Quarrington, les choses sont un peu plus compliquées.
Pour le premier, dans son monologue «Down South», on s’est trompé de film.
«And suddenly my whole life passed before my eyes. I saw myself as a kid again, in Kansas, going to school, swimming at the swimming hole, and fishing, frying up a mess-o-catfish, going down to the general store, getting a piece of gingham for Emmy-Lou. And I realise it’s not my life. They’re gonna hang me in two minutes, the wrong life is passing before my eyes.»
Pour le second, dans son roman King Leary (1987), le film est trop long.
«Poppa Rivers was standing down the hallway. He was as ancient a bugger as I’d ever seen. He looked like God Almighty had forgot to punch his time clock. “Christ,” I muttered. “He’s old,” said Manfred. He was wont to say that sort of thing. “Old ? If his life flashed in front of his eyes there’d have to be an intermission”» (p. 135).
Tout bien considéré, peut-être vaut-il mieux ne pas mourir.
Référence
Quarrington, Paul, King Leary. A Novel, Toronto, Doubleday Canada, 1987, 232 p.
(Il n’y a pas que «La langue de chez nous» dans la vie. Les chansons sur la langue ne manquent pas. Petite anthologie en cours. Liste d’écoute disponible sur Spotify. Suggestions bienvenues.)
Frog in the USA
Frog in the USA
If they discover my origine
It’s all finish maudine
Don’t want to go in France
Don’t want to talk like the Français
’Cause I prefer the hamburger
Than the café au lait
I want, I want, I want to pogne
I want, I want, I want to pogne (encore)
I want, I want, I want to pogne
I want, I want, I want to pogne (yé)
I want to pogne (I want, I want)
I want to pogne (I want)
Is it the reason that I speak in English ? (I want, I want)
I want to pogne (I want)
I want to pogne (I want, I want, I want to pogne)
I want to pogne (I want)
I do not want to speak my tongue (I want, I want)
I just want to pogne (I want, I want)
I want to pogne (I want, I want)
I just want to pogne (I want, I want)
I want to pogne (I want to pogne)
Dans la langue populaire du Québec, (en) dessous a droit à plusieurs prononciations et à plusieurs graphies.
Dessour : «C’était dans la cassette. Ça l’avait glissé en dessour du lit» (les Sentiers de neige, p. 284).
De sour : «Comme tirée par la manette de la télévision, dans un frottis de chaussons suivi d’un cliquètement de griffes excitées, la mère a tourné en virant de sour le coin du corridor, quand même battue dans le sprint final par le chien l’accompagnant» (la Bête creuse, p. 434-435).
D’sour : «l’ostie de singe / y est-tu allé s’cacher en d’sour du lynx» (l’Allégorie du tiroir à ustensiles, p. 83).
Tsour : «Je préfère de loin flotter en superficie avec lui que faire des pets de tsour de bras en apnée» (Une femme extraordinaire, p. 107). N.B. : On aura reconnu l’aisselle dans ce tsour de bras.
Entsoure : «Son immensité m’apaisait. Il devait se passer bien des affaires entsoure, mais la surface, elle, n’avait pas envie de s’obstiner avec qui que ce soit» (Une femme extraordinaire, p. 236).
C’est comme ça, et ce n’est probablement pas tout.
Références
Bernard, Christophe, la Bête creuse. Roman, Montréal, Le Quartanier, coll. «Polygraphe», 14, 2017, 716 p.