Curiosité voltairienne (et capillaire)

Le cheveu voltairien n’est pas sans aficionado.

Selon Tsien, sur Twitter, le 4 mai 2020, plusieurs auteurs auraient droit à leur coupe, dont Voltaire.

«Hairstyles for Men», dessin de Tsien, Twitter, 4 mai 2020

 

Quel salon ces aficionados devraient-ils fréquenter ? Le Volt’hair, bien sûr.

Salon de coiffure (fermé) Volt’hair

 

Des dessinateurs ont saisi l’occasion.

La Mine :

M. La Mine, «Plumi’tif. Salon littér’hair», dessin

 

Boulet (le 16 septembre 2009, détail) :

«Volt’hair», dessin de Boulet, 16 septembre 2009, détail

 

Voltaire est toujours bien vivant.

 

P.-S.—Les jeux de mots avec hair et tif pullulent. Le Notulographe en est friand.

S’en servir

«Cocologie», spectacle de Coco Belliveau, affiche, métro de Montréal, 25 novembre 2025

Publicité, dans le métro de Montréal, pour le spectacle de l’humoriste Coco Belliveau. Son titre ? «Cocologie (n.f.)».

Cocologie ?

On l’a vu : le coco, dans le français populaire du Québec, c’est la tête. La cocologie, nom féminin (n.f.), c’est ce qui se trouve à l’intérieur de la tête : l’intelligence. Faire preuve de cocologie, c’est bien.

Bon spectacle.

 

[Complément du 8 avril 2026]

Exemple romanesque, chez le Réjean Ducharme de Va savoir (1994) : «On vaut ce qu’on veut. On n’est pas apprécié à ce qu’on mérite mais à ce qu’on coûte. C’est une tautologie qui n’entre pas dans toutes les cocologies» (éd. de 2022, p. 1604).

 

Référence

Ducharme, Réjean, Va savoir. Récit, dans Romans, Paris, Quarto Gallimard, 2022, 1951 p., p. 1547-1724. Édition originale : 1994. Édition établie et présentée par Élisabeth Nardout-Lafarge. Vie & œuvre par Monique Bertrand et Monique Jean.

Accouplements 267

(Accouplements : une rubriquel’Oreille tendue s’amuse à mettre en vis-à-vis deux œuvres, ou plus, d’horizons éloignés.)

Au moment de mourir, le film de notre vie défilerait devant nos yeux, dit-on. Avec Woody Allen et Paul Quarrington, les choses sont un peu plus compliquées.

Pour le premier, dans son monologue «Down South», on s’est trompé de film.

 

«And suddenly my whole life passed before my eyes. I saw myself as a kid again, in Kansas, going to school, swimming at the swimming hole, and fishing, frying up a mess-o-catfish, going down to the general store, getting a piece of gingham for Emmy-Lou. And I realise it’s not my life. They’re gonna hang me in two minutes, the wrong life is passing before my eyes.»

Pour le second, dans son roman King Leary (1987), le film est trop long.

«Poppa Rivers was standing down the hallway.
He was as ancient a bugger as I’d ever seen. He looked like God Almighty had forgot to punch his time clock.
“Christ,” I muttered.
“He’s old,” said Manfred. He was wont to say that sort of thing.
“Old ? If his life flashed in front of his eyes there’d have to be an intermission”» (p. 135).

Tout bien considéré, peut-être vaut-il mieux ne pas mourir.

 

Référence

Quarrington, Paul, King Leary. A Novel, Toronto, Doubleday Canada, 1987, 232 p.

Paul Quarrington, King Leary, 1987, couverture

Chantons la langue avec Rock et Belles Oreilles

RBO, I want to pogne, 1989, disque 45 tours

(Il n’y a pas que «La langue de chez nous» dans la vie. Les chansons sur la langue ne manquent pas. Petite anthologie en cours. Liste d’écoute disponible sur Spotify. Suggestions bienvenues.)

 

Rock et Belles Oreilles, «I want to pogne», 1989

 

I want to pogne
I want to pogne
Is it the reason that I speak in English ?
I want to pogne

I want to pogne
I want to pogne
I do not want to speak my tongue
I just want to pogne

I know I have a big accent eh
I know I’m not assez différent
But I want to pogne (I want to pogne)
And I have composed that song

I know the mathématiques
America is a big market
If there is more public
There is more money in my pocket-te

I want to pogne
I want to pogne
I am the Judas of the French Canada
I want-te to pogne

Frog in the USA
Frog in the USA
I’m gonna be the number one
254-6011

Icitte is a small marché
Icitte there is no débouché
I want to become very gros
And lâcher ma run de journaux

’Cause I prefer the Billy Idol
Than Jean Nichol
(Whoa, Lady Mary)
Solo’s

Pogne, pogne, po-pogne, pogne
Pogne, pogne, po-pogne, pogne
Pogne, pogne, po-pogne, pogne
Pogne, pogne, po-pogne, pogne

Frog in the USA
Frog in the USA
If they discover my origine
It’s all finish maudine

Don’t want to go in France
Don’t want to talk like the Français
’Cause I prefer the hamburger
Than the café au lait

I want, I want, I want to pogne
I want, I want, I want to pogne (encore)
I want, I want, I want to pogne
I want, I want, I want to pogne (yé)

I want to pogne (I want, I want)
I want to pogne (I want)
Is it the reason that I speak in English ? (I want, I want)
I want to pogne (I want)

I want to pogne (I want, I want, I want to pogne)
I want to pogne (I want)
I do not want to speak my tongue (I want, I want)
I just want to pogne (I want, I want)

I want to pogne (I want, I want)
I just want to pogne (I want, I want)
I want to pogne (I want to pogne)

 

Sens dessus dessous

Publicité de plomberie, Montréal, 2013

Dans la langue populaire du Québec, (en) dessous a droit à plusieurs prononciations et à plusieurs graphies.

Dessour : «C’était dans la cassette. Ça l’avait glissé en dessour du lit» (les Sentiers de neige, p. 284).

De sour : «Comme tirée par la manette de la télévision, dans un frottis de chaussons suivi d’un cliquètement de griffes excitées, la mère a tourné en virant de sour le coin du corridor, quand même battue dans le sprint final par le chien l’accompagnant» (la Bête creuse, p. 434-435).

D’sour : «l’ostie de singe / y est-tu allé s’cacher en d’sour du lynx» (l’Allégorie du tiroir à ustensiles, p. 83).

Tsour : «Je préfère de loin flotter en superficie avec lui que faire des pets de tsour de bras en apnée» (Une femme extraordinaire, p. 107). N.B. : On aura reconnu l’aisselle dans ce tsour de bras.

Entsoure : «Son immensité m’apaisait. Il devait se passer bien des affaires entsoure, mais la surface, elle, n’avait pas envie de s’obstiner avec qui que ce soit» (Une femme extraordinaire, p. 236).

C’est comme ça, et ce n’est probablement pas tout.

 

Références

Bernard, Christophe, la Bête creuse. Roman, Montréal, Le Quartanier, coll. «Polygraphe», 14, 2017, 716 p.

Cloutier, Fabien, l’Allégorie du tiroir à ustensiles. Chroniques et monologues pour se replonger dans les années 2018-2022, Montréal, Lux éditeur, 2022, 224 p. Dessins de Samuel Cantin.

Éthier, Catherine, Une femme extraordinaire, Montréal, Stanké, 2022, 302 p.

Lambert, Kev, les Sentiers de neige. Conte d’hiver, Montréal, Héliotrope, 2024, 412 p.