Trois débats pour le prix d’un

Le Théâtre du Rideau Vert de Montréal présente depuis quelques années une revue de fin d’année. Celle de 2014 fait beaucoup parler d’elle : un comédien blanc, le visage noirci, y jouait le rôle du hockeyeur P.K. Subban.

De façon virulente, certains ont reproché aux concepteurs du spectacle ce recours à la technique du blackface. Aux États-Unis, mais pas seulement, cette pratique est considérée raciste.

D’autres, parmi lesquels le chroniqueur Patrick Lagacé du quotidien la Presse, se sont demandés si la réaction au blackface des francophones / au Québec était différente de celle des anglophones / au Canada anglais. (On notera que, parmi les détracteurs du blackface, il y a aussi des Anglo-Québécois et pas seulement des anglophones du Rest of Canada.)

La directrice artistique du théâtre, Denis Filiatrault, s’est également prononcée sur la controverse. Dans une entrevue avec Hugo Pilon-Larose dans la Presse+ du 14 janvier, elle a déclaré être «scandalisée, outrée et humiliée» à l’idée qu’on ait pu la penser raciste.

L’Oreille tendue a été frappée par une autre déclaration de la femme de théâtre : «J’ai 83 ans, j’ai 60 ans de carrière. J’ai été la première à engager un Noir à la télévision [Normand Brathwaite]. Dès que j’en ai la chance, je les engage, parce qu’ils sont bourrés de talent.» Les Noirs seraient donc «bourrés de talent» ? Tous ?

Voilà le genre de généralisation qui peut facilement mener à des dérapages.

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Auteur : Benoît Melançon

Professeur, chercheur, blogueur, éditeur, essayiste, bibliographe, chroniqueur radiophonique épisodique, conférencier. Préfère Jackie Robinson à Maurice Richard.

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