Les zeugmes du dimanche matin et de Laurent Mauvignier

Laurent Mauvignier, la Maison vide, 2025, couverture

«il se présentait tous les jours avec sa discrétion et ses bouquets de marguerites» (p. 221)

«les rats font bombance sur nos charognes et nos illusions» (p. 349)

«On filait vers le progrès et les supermarchés naissants, on ignorait encore que la moitié de nos voisins périraient de cancers dus à l’amiante — et ceux-là, morts pour l’industrie et des clopinettes, attendent toujours leur monument aux morts et la reconnaissance de la patrie» (p. 378).

«souffle coupé, joues cramoisies, l’enfant allait se réfugier auprès de sa grand-mère, qui la consolait avec des chocolats et des gâteaux secs, une limonade, une grosse tranche de pain avec du fromage blanc et une caresse dans les cheveux accompagnée par une insidieuse vacherie à l’encontre de Marie-Ernestine» (p. 407)

«séparés par la guerre et des centaines de kilomètres» (p. 410)

«la gorge sèche à cause des odeurs d’encens et de poussière mêlées à celles de l’encaustique et des siècles confinés entre les murs de l’église» (p. 412)

«exactement dans la même position que celle dans laquelle Marguerite l’avait laissée au moment de sortir de la chambre avec son plateau et sa maladresse» (p. 451)

«Marguerite s’installe à la table où l’on va lui servir son pain, son lait, son fromage, son miel ou sa confiture, mais aussi — et surtout — les mots qu’elle attend avec plus de faim et d’impatience que tout le reste» (p. 456).

Il «avait repris du poids et l’envie d’en découdre avec les boches» (p. 669).

«se nourrissant seulement de vin et de sommeil» (p. 717)

«il s’en sortirait avec un bras cassé et un souvenir dont on parlera toute notre enfance» (p. 736)

Laurent Mauvignier, la Maison vide. Roman, Paris, Éditions de Minuit, 2025, 743 p.

 

(Une définition du zeugme ? Par .)

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